Deux-roues

Corner FEDERVELO: le contrôle de qualité est notre mission principale

17-05-2018

A l’heure de la libéralisation de l’accès au marché du vélo, la qualité du service proposé est une manière de faire la différence.  Le label de qualité VELO-PRO a été créé pour communiquer clairement à ce propos.  Entretien concernant le professionnalisme et la transparence dans un secteur qui est et demeure passionnant. 

 « Il peut être utile de souligner ce que TRAXIO VELO ne fait pas en tant qu’association sectorielle » souligne son secrétaire général Guy Crab.  « Nous ne régissons pas l’accès à la profession de négociant en vélos, la loi ne nous y autorisant pas.  Les règles conçues au niveau européen, entrées en vigueur au 1er janvier 2018, constituent une nouvelle étape vers la libéralisation.  Notre préoccupation, et nous ce sont les acteurs professionnels du secteur du vélo, est de séparer le bon grain de l’ivraie.  A cette fin nous avons développé un label de qualité dénommé VELO-PRO.  C’est une approche et façon de travailler familières chez TRAXIO.  Un label TRAXIO Certified a déjà été développé pour les négociants en véhicules d’occasion et les entreprises de dépannage-remorquage ». 

Quiconque veut décrocher le label VELO-PRO doit remplir de nombreuses conditions.  « Nous avons placé la barre fort haut, nous en sommes conscients », affirme Guy Crab.  « Mais ce n’est pas à nous qu’incombe l’audit, assuré par un auditeur externe, Vinçotte. Ce dernier passe au crible de nombreux aspects tels que la qualité du service, la pérennité, la bonne qualification du personnel, l’infrastructure technique disponible et même la présence du wifi pour les clients qui patientent.  Un score est attribué à toutes ces facettes et, en fonction du score obtenu, le négociant peut afficher le logo VELO-PRO … ou pas. » 

Objectiver 

« L’idée n’est pas nouvelle mais n’en demeure pas moins intéressante », estime Kristiaan De Belder (Van Der Wal nv), président de l’A.S.B.L. Federvelo, le groupement des importateurs et fabricants. « Acheter un vélo de qualité chez un négociant professionnel, voilà l’idée à la source du label.  Et ce négociant, c’est quelqu’un qui combine la vente de matériels de qualité avec un vaste savoir-faire technique.  Décerner un label est en quelque sorte une manière évidente de communiquer avec le consommateur, mais la question principale est : qui a droit à ce label ?  Il faut donc objectiver les choses, c’est inévitable.  C’est ce qui fait la valeur intrinsèque du label.  Les critères sont élevés.  Dans une mesure telle que même pour un acteur de qualité du marché, il n’est pas évident de satisfaire aux conditions ». 

« Objectiver ce qu’évoque Kristiaan est par ailleurs une manière de se défaire de nombreux maillons faibles » enchaine Eddy Van den Berghe (Van Den Berghe nv).  « On raconte des tas de choses à propos du marché du vélo.  L’on prend trop fréquemment des libertés avec la réalité.  En optant pour un négociant labellisé, le consommateur sait à quoi s’en tenir sur tel ou tel marchand de vélo, ce qu’il représente et surtout ce que ne représentent pas les autres. » 

Automotive bis ? 

Si l’importance de la qualité forme le fil rouge de VELO-PRO, jetons maintenant un coup d’œil sur une perspective plus globale du marché.  En matière de consolidation, est-il possible de tracer un parallèle avec la tendance qui se déroule depuis des années sur le marché automobile ? « Je pense qu’à ce propos, nous devons nous montrer prudents », estime Jogi Sienaert (Dewo Europe nv). « Chaque semaine, je rencontre des personnes qui lancent leur propre affaire.  Généralement sans collaborateurs, mais tout à fait en règle quant au numéro de TVA.  Le constat de certains mouvements de consolidation ne signifie pas qu’il n’y ait plus de place pour de petits acteurs.  Au contraire, la relation entre le marchand de vélo et l’importateur est tout à fait différente de la situation des concessionnaires automobiles.  Là où les nombreuses obligations sont souvent ressenties comme un véritable fardeau, les vélocistes sont demandeurs d’une formule donnée. » 

« N’oubliez pas qu’un vélo est un produit d’assemblage, une voiture pas », affirme Eddy Van den Berghe. « L’accès aux pièces de rechange est plus difficile – en dépit de toutes les règles. » 

« De nombreux acteurs majeurs ont un jour commencé petit, une caractéristique de notre secteur », souligne Kristiaan De Belder. « Ils sont nombreux à commencer modestement, certains se développent, d’autres pas ; rien de nouveau à l’horizon.  Ce qui a évolué en revanche c’est la complexité d’un vélo.  Le temps du bricolage est révolu.  D’où l’importance du label de qualité. » 

« Pourquoi ne pas jeter un coup d’œil à ce qui se passe aux Pays-Bas ? » ajoute Eddy Van den Berghe. « L’on y trouve une foule de petits acteurs, mieux même, leur nombre est croissant. »

« La spécificité du produit forme un facteur très important » réplique Kristiaan De Belder. « Les grands acteurs pensent qu’il leur sera facile de gagner leur vie dans le secteur du vélo, mais ils s’y cassent les dents.  Le marché est différent de ce que nous sommes habitués à voir. » 

Le succès du e-bike 

Un marché libéralisé, un accès devenu plus facile mais en même temps une technicité plus complexe – les ingrédients sont connus.  Et dans cette histoire, le vélo électrique semble bien occuper une place très importante.  « En quelques années, ce type de vélos a atteint 50 % des ventes dans notre pays », souligne Christophe Van Riel (Giant Belgium nv). « En termes de chiffre d’affaires, le pourcentage grimpe à 60 %.  Et ce n’est pas tout : les ventes ont toujours le vent en poupe ». 

« Autre donnée essentielle, le rajeunissement du consommateur », affirme Louis Vanhove (BizBike bvba). « Il y a désormais un public qui considère que le vélo électrique offre une alternative aux déplacements domicile-lieu de travail.  Nous vivons dans un climat où il est branché de faire du vélo, une évolution dont nous ne pouvons que nous réjouir (rires). »  « Peut-être que ce dernier point donne la fausse impression que les acteurs s’enrichissent pendant leur sommeil, car si auparavant le secteur devait assurer les relations publiques du vélo, le gouvernement a largement endossé ce rôle. »

Produire en Belgique

« Il est exact que la production de vélos a fortement reculé dans notre pays.  Pourtant, nous avons sciemment choisi de maintenir cette activité à l’intérieur de nos frontières », explique Eddy Van den Berghe.  « Réduire le prix de revient est une motivation bien connue, elle est courante dans de nombreux secteurs.  Mais il ne faut pas oublier la caractéristique du marché belge, à savoir la rapidité parfois indispensable de la livraison, ce qui n’est pas une sinécure lorsqu’on produit à l’étranger.  Il faut aussi planifier plus longtemps à l’avance, avoir quelqu’un sur place, et tout cela a un prix.  Notre marché est fait de nombreux modèles, tandis que l’externalisation de la production n’est intéressante que lorsqu’on fait produire de nombreux exemplaires d’un modèle donné. Le total cost of ownership est fait de plusieurs composantes qui doivent être évaluées.  Et pour nous la somme finale ne laisse aucun doute.

Avec VELO-PASS l’historique du vélo est transparent 

« Le système du VELO-PASS, que nous avons mis au point, répond parfaitement à ce besoin de qualité de service », explique Guy Crab.  « En résumé, il s’agit d’un code QR apposé sur le vélo. Sa lecture – il existe une application gratuite à cette fin - fournit toutes les informations de l’historique, l’entretien, la garantie etc.  Autrement dit, le client sait quel produit il acquiert.  Utiliser le VELO-PASS fait partie de VELO-PRO, autrement dit, pour obtenir et conserver le label de qualité, il faut promouvoir et utiliser VELO-PASS.  Le potentiel du système est vaste, mais ne peut se réaliser que si le nombre de consommateurs qui le plébiscite est suffisant.  Nous avons beaucoup investi les derniers mois, ce qui se traduit par l’engagement des universités, villes et communes, du secteur des assureurs et du leasing, ainsi que des zones de police et d’autres autorités.