Deux-roues Mobilité

iBike : le vélo est la plus agréable des solutions de mobilité

17-09-2019

À 40 ans et après 16 ans à la tête d’un garage, Marc Groven a décidé de changer de cap. Pour lui, la voiture était devenue un produit bien trop complexe qui était en outre victime de son succès… avec pour conséquence d’interminables bouchons.

« À l’époque, j’avais déjà des clients – des plombiers par exemple – qui refusaient des chantiers pour éviter de se rendre au centre-ville. Perte de temps, stationnement coûteux, manque de places de parking… Une chose était claire : la voiture était victime de son propre succès. » De son côté, Marc Groven pensait déjà à la mobilité du futur, et ce genre de constatations ne faisaient que confirmer ses doutes. Un an plus tard, en 2011, il a ouvert son premier magasin iBike à Wilrijk (Kernenergielaan).

Un vent de changement allait souffler sur le monde de la mobilité, mais à ce moment précis, personne ne savait comment les choses allaient évoluer… ni à quelle vitesse. « Le vélo électrique était encore un “vélo de grand-mère”, mais une évolution se profilait. Au final, cette évolution est arrivée plus vite que prévu. » Le vélo électrique est peu à peu devenu un produit de mobilité à part entière dont la popularité continue d’ailleurs de croître. Un second magasin a ouvert un an après le premier, et iBike a fini par devenir une véritable chaîne comptant pas moins de huit magasins de vélos, dont une boutique spécialisée dans les vélos pour dames établie sur la célèbre Eilandje d’Anvers. Les autres établissements se trouvent à Berchem, Deurne, Ekeren, Anvers (centre) et Brasschaat. 

Mobility Award 

« Le plus difficile était de convaincre les entreprises de passer au vélo. Les voitures de leasing étaient extrêmement populaires, mais le monde de l’entreprise n’était pas encore prêt pour les vélos de leasing. Heureusement, Atlas Copco, une entreprise suédoise établie dans la Boomsesteenweg – une rue anversoise particulièrement engorgée – a renversé la vapeur en lançant un plan vélo qui a rapidement remporté un Mobility Award et a par conséquent bénéficié d’une large couverture médiatique », raconte Marc Groven. Si ce plan vélo a remporté un tel succès, c’est parce que les travailleurs ont pu choisir eux-mêmes leur vélo, et avaient en outre le droit d’utiliser ce dernier à des fins privées. Cette formule a immédiatement séduit par ses atouts : plus de bouchons sur le chemin du travail, moins de temps de trajet, et plus aucun problème de stationnement. De quoi convaincre la plupart des travailleurs de franchir le pas !

Dans un tel contexte, pouvoir choisir son vélo est essentiel. « Le vélo universel n’existe pas, car une personne n’est pas l’autre. Chaque vélo doit donc être fabriqué sur mesure pour répondre aux attentes de son utilisateur. Nous posons par conséquent de nombreuses questions à nos clients afin de pouvoir les conseiller au mieux et les aider à faire le bon choix pour profiter à fond de leur vélo. » La philosophie de iBike ? Tout le monde mérite un vélo parfaitement adapté à ses besoins ! Il faut donc non seulement trouver les bonnes dimensions, mais également le bon type de vélo : un vélo cargo pour transporter des colis, un triporteur pour emmener les enfants à la crèche et faire les courses, un vélo pliable pour pouvoir le ranger dans un appartement… 

Service local

Un vaste choix et un service local sont également primordiaux. Si les clients préfèrent s’adresser à un vendeur proche de chez eux, ils recherchent également un magasin à l’offre variée qui saura leur proposer un large éventail d’options. C’est généralement là que le bât blesse pour les propriétaires de grands magasins de vélos : puisque les vélos doivent être payés dès leur sortie de l’usine, les commerçants doivent avancer le prix de chaque pièce de leur assortiment. Ainsi, les vendeurs qui désirent offrir du choix à leur clientèle doivent d’abord dépenser une petite fortune. « Même le banquier fronce les sourcils lorsque je demande un crédit supplémentaire. Après tout, “ce n’est qu’un magasin de vélos ?! ” »

Le point positif, c’est que le vélo électrique se vend tout seul : il suffit de l’essayer pour être conquis. « Lorsque nous demandons aux clients qui ont abandonné leur voiture au profit du vélo de nous parler de leur expérience, la première chose qu’ils nous disent est qu’ils trouvent le vélo “très agréable”, qu’ils sont arrivés au travail détendus et pile à l’heure, et qu’ils ont en prime eu droit à une indemnité vélo – dans cet ordre. Leur expérience positive est notre meilleure publicité. »

« J’étais loin d’imaginer un tel succès, mais le monde est réellement en train de changer. De plus en plus de familles renoncent par exemple à leur seconde voiture – ou même à la seule qu’elles possèdent. Un choix logique au vu de ce que coûte une voiture alors qu’on ne l’utilise que 5 % du temps. D’autres adaptent leurs trajets : ils se rendent en voiture jusqu’aux abords de la ville, puis rangent leur portable dans une sacoche et poursuivent leur route à vélo. Les services de livraison troquent quant à eux leurs scooters bruyants et polluants contre une flotte de vélos cargo et attirent dans la foulée de nouveaux collaborateurs qui aiment rouler à vélo et trouvent ainsi le job de leurs rêves. » 

Vélos avec ABS 

Le vélo ne cesse d’évoluer, et ne semble pas près de s’arrêter. « Cette année, j’ai eu l’occasion d’essayer le tout premier vélo équipé d’un système ABS. En temps normal, si vous freinez brusquement alors que vous roulez à 45 km/h, vous risquez fortement de passer par-dessus votre guidon. Pas avec l’ABS. » L’évolution des batteries, de la connectivité, de la géolocalisation, etc. change en outre progressivement la donne en matière d’assurances. Et puis il faut avouer qu’il est presque impossible de faire demi-tour. « Les conducteurs qui sont passés au vélo ne reprendront pas la voiture de sitôt… même si on leur propose une voiture électrique ou autonome. Sans oublier que les Flamands ne sont pas fans du covoiturage avec des inconnus. Tout ce qu’ils veulent, c’est se rendre tranquillement au travail, sans perde leur temps dans des bouchons. Au final, le vélo est une excellente alternative. C’est en outre la plus agréable des solutions de mobilité – et de loin. » 

Tous à vélo 

« Que vous optiez pour des contrats de leasing ou pour un achat groupé, proposer un vélo (électrique) à vos travailleurs est toujours bonne idée », conclut Marc Groven. « Les avantages sont multiples : vos collaborateurs passeront moins de temps sur la route, se maintiendront en forme, et profiteront d’un moment de détente à chaque trajet. Et puisque le vélo ne nécessite aucun carburant, cette solution est également bonne pour l’environnement. Les vélos à assistance électrique et les speed pedelecs permettent de parcourir 20 à 40 km sans trop d'effort. N’oubliez toutefois pas la règle d’or : laissez chaque travailleur choisir le vélo qui répond au mieux à ses besoins. Vélo de ville, vélo de course, vélo électrique, speed bike, triporteur, vélo pliable… tout le monde pourra trouver son bonheur. Confortez ensuite vos collaborateurs dans leur choix en faisant en sorte qu’ils puissent utiliser leur vélo à tout moment et en toute simplicité. Prévoyez notamment une assurance vélo, un service d’assistance et un programme d’entretien – pendant qu’ils sont au travail, par exemple. Sans oublier une bonne politique en matière de vélos d’entreprise. » 

En bref

-       Premier magasin en 2011

-       8 magasins en 2019

-       40 % conseils et vente, 60 % entretien et logistique

-       40 travailleurs

-       4.900 vélos haut de gamme vendus chaque année

-       Chiffre d’affaires : 13 millions d’euros

 

Photo: Benjamin Brolet