Communiqués Mobilité

Le secteur de la réparation automobile (TRAXIO-FEBELCAR) est inquiet

27-06-2018

Au cours de la dernière décennie, le secteur de la réparation en carrosserie (FEBELCAR & TRAXIO) a traversé une évolution professionnelle en s’appuyant sur Eurogarant, un label de qualité sophistiqué.  Le label a contribué à aboutir à un équilibre stable et mûri avec les assureurs en termes de qualité du travail, de contrôle, de respect des charges salariales et d’usage des matériels et matériaux adéquats.

La manière dont AXA a choisi de mettre l’accent sur la forte diminution des prix dans ses campagnes marketing et médiatiques et donne le choix aux clients pour amener des travaux de réparation (surtout des dommages propres) via des plates-formes en ligne donne matière à réflexion et fait sourciller les carrossiers-réparateurs. 

Jouer de la progression inévitable de la numérisation (par le biais de plates-formes) pour faire naître l’impression ou la perception auprès du grand public que le coût moyen d’un devis de réparation en carrosserie (principalement le smart repair) peut encore être réduit de 30 % en moyenne (indépendamment de la redevance de 10 % pour l’utilisation de la plate-forme) signifie un retour en arrière par rapport à l’évolution favorable choisie et sacrifie le caractère durable des méthodes de réparation avérées et la coopération avec l’ensemble des assureurs sur l’autel de la  « détermination du prix le plus bas ».

Transformer le carrossier-réparateur en acteur discount qui verrait augmenter son volume de travail forme le nouveau credo erroné ou évangile selon AXA.

Cette stratégie qui, à nos yeux, manque de prévoyance et malmène la pérennité de nos PME, fait table rase du travail qualitatif et de la sécurité routière qui en est incontestablement tributaire.

La question logique et justifiée que devrait se poser l’assuré ou le consommateur ‘averti’ est de savoir si la prime annuelle de la police automobile d’AXA (RC et omnium) baissera en moyenne de 30 % puisque les années précédentes les frais de réparation étaient apparemment 30 % trop chers.

Rien n’est moins vrai.  Toutes les parties prenantes (assureurs, carrossiers-réparateurs et consommateurs) feraient mieux d’utiliser les plates-formes en ligne innovatrices et orientant le marché pour optimiser le service au client numérique plutôt que d’adopter une stratégie qui présente ces plates-formes comme les signes précurseurs de ce que nous pourrions appeler le régulateur de la ‘guerre des prix plancher’.

Les carrossiers-réparateurs (petits ou grands) qui se laisseraient tenter par ce système risquent d’être pris dans une spirale infernale où la discussion portera une fois encore sur le thème de la « rentabilité » indispensable et de l’orientation des coûts.  L’étape suivante consistera à remettre sur le tapis le débat de la continuité, des moyens d’investissement et de la survie des entreprises de carrosserie avec les assureurs. Ce qui nous ramènera à la case départ, avec nos remerciements à AXA qui compte inaugurer cette nouvelle stratégie.

L’histoire se répète et les carrossiers-réparateurs se heurtent de nouveau à la même pierre … !