24/05/2017

Connected cars: message fort des concessionnaires et fournisseurs de mobilité

Connected cars: message fort des concessionnaires et fournisseurs de mobilité

Une large coalition d’opérateurs automobiles d’après-vente et de fournisseurs de services de mobilité lancent un message fort aux institutions européennes afin d’insister sur l’importance d’un cadre légal solide pour préserver le choix du consommateur en cette ère numérique.

« Créer un cadre technique et réglementaire solide pour une plate-forme télématique numérique interopérable, standardisée, sécurisée et sûre dans le véhicule, afin de faire de l’économie numérique européenne une réalité dans l’après-vente automobile et les services de mobilité » : tel fut l’appel envoyé par une large coalition d’acteurs aux institutions européennes lors d’un lunch politique, tenu à Bruxelles le 3 mai. C’est la seule façon de sauvegarder une concurrence équitable, de l’innovation et de l’entrepreneuriat, ainsi que la liberté de choix du consommateur, de telle sorte que les modèles de concurrence compétitifs puissent évoluer pour profiter des bénéfices de la « voiture connectée » et du développement de l’économie numérique.

Cette coalition d’acteurs englobe les associations européennes représentant les concessionnaires automobiles, des ateliers autorisés et indépendants, des centres de contrôle périodique, des éditeurs indépendants d’informations techniques, des fabricants d’équipement de test de garage, des grossistes indépendants de pièces de remplacement automobiles, le secteur de la location et du leasing, ainsi que les clubs de mobilité.

Lors de cet événement, présidé par Ismail Ertug MEP, elle a démontré l’importance d’un accès direct au véhicule, à ses données et ses ressources pour permettre des produits et services numériques innovants et compétitifs.

Aujourd’hui, la concurrence commence dans le véhicule même, par un accès direct à des données « complètes et fraîches ». La qualité des données dicte la qualité du service. Dans l’après-vente automobile, les opérateurs et les fournisseurs de services de mobilité ont besoin d’un accès en temps réel au véhicule connecté d’aujourd’hui et à ses données. Actuellement, ces dernières ne passent que par des systèmes télématiques « fermés » pour rejoindre les serveurs des fabricants du véhicule, à partir desquels tous les autres fournisseurs de service se voient offrir un accès à des données d’une qualité inférieure. Ce qui les empêche d’être compétitifs, de manière équitable et sur un pied d’égalité.

Dans ce contexte, Joanna Szychowska, DG Grow Chef d’Unité Industries automobile et de mobilité, a expliqué que le processus GEAR 2030 est en effet aujourd’hui beaucoup plus large que l’exercice CARS 2020 précédent, et prend en compte les chaînes de valeur en aval. Mme Szychowska a assuré aux participants qu’un des objectifs de la Commission européenne est de maintenir le marché de la mobilité connectée le plus ouvert et concurrentiel possible.

Nigel Goodal, d’Enterprise Holdings, a expliqué que le « client connecté » d’aujourd’hui a besoin de services de mobilité intelligents et personnalisés. Pour le secteur de la location et du leasing, il s’agit de la capacité à offrir des services flexibles sur demande (ex. un contrôle du statut et la transmission de véhicules dans le cadre de partages de voiture de location à court terme) et une communication à distance avec le véhicule. Pour ce faire, une connexion directe et en temps réel est essentielle pour permettre une gestion intelligente des flottes et des solutions de mobilité numériques.

Bernfried Coldewey, du club automobile allemand ADAC, a procédé à une démonstration en direct des possibilités offertes par une plate-forme télématique si un accès direct au véhicule, à ses données et à ses ressources était assuré. L’affichage du tableau de bord de la voiture montrerait le choix d’applications sélectionnées librement par le consommateur et affichées dans sa voiture. Actuellement, le consommateur ne dispose que d’un « choix monopolistique » d’applications, c’est-à-dire choisies par le constructeur du véhicule. En cas de panne, une connexion à distance sécurisée entre l’ADAC et le véhicule pourrait détecter le problème (et, dans certains cas, le résoudre à distance) pour permettre au conducteur de poursuivre son voyage. Chaque transmission de données demande une autorisation, garantissant à l’utilisateur un contrôle total sur ses données. Bernfriend Coldewey a conclu que ce service serait impossible avec ledit « véhicule étendu » du constructeur, actuellement proposé par la plupart d’entre eux comme la solution pour l’accès aux données par des tiers.

La plate-forme télématique interopérable ouverte serait bien entendu aussi sûre, si pas plus, que le système actuel qui échange des données avec les serveurs du constructeur du véhicule. Markus Bartsch, de TÜViT, a présenté un modèle de sécurité [PL1]solide et éprouvé pour l’accès de tiers à des plates-formes normalisées et interopérables, pour étayer cette question essentielle.

Le professeur Michael Matoni, de l’Université technique de Cologne a commenté les premiers résultats d’une étude sur les effets du « véhicule étendu » sur le marché de l’après-vente automobile entre aujourd’hui et 2030. Parmi les quelques 1,9 million de salariés d’atelier actuels, entre 566 000 et 833 000 risquent de perdre leur emploi dans les nombreuses PME qui offrent des services de valeur aux clients, notamment dans les zones rurales.

Les orateurs ont souligné qu’il existe clairement des solutions techniques sûres et sécurisées pour fournir une plate-forme télématique interopérable intégrée au véhicule, mais qu’une législation européenne est nécessaire pour s’assurer que de nouveaux modèles économiques basés sur les données innovants et concurrentiels puissent être développés afin d’offrir choix et innovation au consommateur dans l’ère numérique.

S’exprimant à l’issue de la réunion, Bernard Lycke a souligné pour le CECRA, représentant des concessionnaires et réparateurs, que : « Pour être efficace, un atelier doit optimiser son temps et ses ressources, pour ainsi savoir ce dont un véhicule a besoin, que réparer, avec quelles pièces et dans quels délais, et apporter d’importants bénéfices au secteur, au consommateur et à l’environnement. Une grande partie de nos membres sont des PME, qui sont fières de leur haut degré de service client. S’ils pouvaient l’étendre au-delà de leur atelier pour fournir une analyse à distance du véhicule, ils pourraient offrir de nouveaux services prédictifs. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter Bernard Lycke, Directeur Général
Tél. : +32 2 771 96 56  - bernard.lycke@cecra.eu - www.cecra.eu

Photo Wikimedia Lorian Schäffer

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