08/04/2019

Un potentiel de mobilité plus durable chez les particuliers

Un potentiel de mobilité plus durable chez les particuliers

Les marches pour le climat obligent le gouvernement, les entreprises et les citoyens à réfléchir à l’impact de la voiture sur l’environnement. Sommes-nous sur la bonne voie ? Les chiffres des immatriculations nous montrent que les voitures essence et diesel deviennent plus propres, mais que le marché des particuliers renferme un potentiel bien plus important de transition vers une mobilité plus durable.

Le parc automobile belge compte 5,7 millions de voitures particulières, dont l’âge moyen est de neuf ans. Quelle est la répartition par type de carburant parmi les nouvelles voitures ? Près de 63 % roulent à l’essence, 30 % au diesel et 6,61 % sont des modèles électriques et hybrides, dont le nombre a progressé de 50 % en deux ans. Le GNC reste à la traîne, soit 0,36 %.

Ce qui signifie que le nombre de voitures diesel a diminué de 10 % par rapport à il y a trois ans. Ceux qui parcourent des distances courtes optent donc désormais aussi pour un véhicule essence ou électrique. Et, puisque deux fois plus de voitures 100 % électriques ont été vendues au cours des trois premiers mois de 2019 qu’au premier trimestre 2017, il se pourrait que nous soyons au début de l’ère de l’électrification.

Si on se penche sur les occasions, on voit que le diesel reste toutefois populaire : de janvier à avril 2019, 54,5 % de véhicules diesel ont été immatriculés, contre 43,7 % essence et seulement 1,8 % de véhicules alternatifs.

Les voitures diesel sont désormais aussi beaucoup plus propres

Entre 2015 et 2018, le nombre de véhicules diesel a diminué de plus de 10 %, pour passer de 3 415 000 à 3 072 500. On voit également que les très vieux véhicules diesel sont rapidement filtrés, une tendance qui devrait se poursuivre.

Les modèles diesel sans euronorme, ou jusqu’à une euronorme 3, ont pratiquement diminué de moitié en trois ans et on a enregistré un glissement important vers les moteurs euro 6 plus propres. Et ce, aussi bien pour les nouvelles voitures que les occasions, bien que le mouvement soit ici plus lent. 

Les voitures de société sont plus récentes et plus propres que les voitures particulières

Dans le cas des voitures de société, le diesel reste bien entendu très apprécié, mais il s’agit alors, bien heureusement, de véhicules récents équipés de filtres de haute technologie limitant fortement les émissions. Le marché des voitures de société est renouvelé tous les cinq ans, et devient donc aussi plus écologique.

C’est en contraste criant avec le marché des particuliers, où l’âge moyen d’une voiture est de 10,6 ans. Par conséquent, c’est également là qu’on retrouve les véhicules les plus polluants, mais aussi les plus grandes opportunités pour améliorer la durabilité du parc automobile. La fiscalité est un facteur puissant, mais qui doit naturellement être utilisé avec un certain sens de réalisme pour éviter de trop perturber le marché.

 

Photo: Thierry Dricot