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Actualité sociale – Back to the seventies ?

14-06-2022

Pour les ouvriers, l’indexation des salaires s’élèverait à 6,74% et pour les employés à 7,44%.  Les économistes affirment que la situation économique actuelle n’est pas comparable à celle des années septante (les marges des entreprises sont suffisantes, il y une  pénurie sur le marché de l’emploi, …) et les syndicats manifestent pour défendre le pouvoir d’achat.  Encouragée par ces analyses et la rhétorique syndicale, la coalition fédérale actuelle renvoie une partie importante de la facture aux entreprises. 

Pronostic d’indexation

En 2023 aussi, notre charge salariale risque d’augmenter fortement en raison de l’augmentation de l’indice santé lissé.

L’indexation des ouvriers de notre secteur est estimée à 6,74% (pronostic)[1]

Pour nos employés, l’indexation est estimée à 7,44% (pronostic)[2].

L’indexation automatique des salaires est plus que jamais inquiétante car pour une foule d’entreprises de notre secteur il est difficile, voire impossible de répercuter (entièrement) une telle hausse des prix sur leurs tarifs.

Bien entendu, les entreprises sont elles aussi confrontées à la hausse des factures d’énergie et elles doivent en outre faire face aux problèmes de livraison.  Le gouvernement fédéral a annoncé dans les médias qu’il s’attèlera à des mesures visant à protéger le pouvoir d’achat des entreprises[3].  Nous ne sommes malheureusement pas (encore) en mesure de vous annoncer des mesures concrètes.

Négociations salariales libéralisées ?

La loi sur la norme salariale devait veiller à ce que les salaires du secteur privé n’augmentent pas plus vite que chez nos voisins moyennant une hausse de salaire indicative maximum.  Depuis 2017, la hausse de salaire maximum est impérative et il convient en outre de tenir compte notamment de l’indexation automatique des salaires en raison de l’inflation.

Alors que chez nos voisins, il y a moyen de négocier la hausse et/ou l’indexation des salaires, les syndicats (et le PS[4]) plaident pour l’abrogation de la loi (actuelle) sur la norme salariale et pour le maintien de l’indexation automatique des salaires.  La réponse de la FEB est connue depuis longtemps[5] : (NDT traduction libre) « Si les syndicats exigent l’abrogation de la norme salariale et optent pour des négociations salariales entièrement libéralisées, cela ne pose aucun problème aux employeurs.  C’est soit la norme salariale et l’indexation soit, ni norme salariale ni indexation non plus ».  Récemment, l’Open VLD réclamait l’abrogation de la norme salariale à condition que l’indexation automatique des salaires disparaisse[6].

(La réforme et/ou l’abrogation de) l’indexation automatique des salaires fait l’objet de débats pour ou contre survoltés.  Ci-dessous, vous trouverez une illustration (non-exhaustive) des positions opposées.

 

Arguments pour

Arguments contre

Influence de l’indexation salariale sur l’inflation

Ce n’est pas l’indexation des salaires qui cause l’inflation mais le manque de contrôle de la hausse des prix et des marges bénéficiaires en conséquence du disfonctionnement de certains marchés (notamment les marchés énergétiques) [7].

Le monde économique ne doit pas être le seul à absorber un tel choc extérieur des coûts comme nous le connaissons aujourd’hui[8].

Influence du panier de l’indice sur l’inflation

 

Les éléments volatils tels que l’essence/le diesel mais aussi les boissons alcoolisées et le tabac sont écartés[9].

 

Les produits énergétiques doivent rester dans le panier de l’indice parce que l’inflation augmente d’office et parce que ce serait néfaste pour le pouvoir d’achat[10].

L’électricité et le gaz – qui font partie du panier de l’indice – ont toutes les apparences d’éléments volatils.

 

Le coût salarial doit évoluer sur la base de l’évolution de l’inflation sous-jacente (inflation sans les prix volatils de l’énergie et de l’alimentation fixés principalement sur les marchés internationaux)[11].

Influence de l’indexation des salaires sur la compétitivité

 

L’indexation automatique des salaires n’a aucune influence négative sur la compétitivité à long terme[12]

 

 

 

 

 

 

 

 

Les marges des entreprises sont suffisamment élevées pour compenser la hausse du coût salarial.

Le professeur P. DE GRAUWE plaide en faveur de salaires élevés parce que, contrairement aux années septante, il n’y a pas de perte de compétitivité[13] : NDT traduction libre : « Lorsque comme maintenant la productivité est élevée, il y a une marge pour les salaires élevés.  C’est favorable à l’économie. »

F. QUIX : NDT traduction libre : « Lors d’une flambée de l’inflation comme c’est de nouveau le cas, l’on risque de provoquer une spirale du coût salarial qui place d’emblée nos entreprises dans une position délicate » [14].

La Commission européenne estime la hausse du coût salarial en 2020-23 à 16,4 % contre une augmentation moyenne de 10,9 % chez nos voisins[15]

 

P. TIMMERMANS[16] : NDT traduction libre : « Les chiffres auxquels l’on se réfère datent de la mi-2021.  Et il s’agit de marges brutes, qui s’effondrent actuellement très rapidement. Que ces marges suffisent pour absorber la hausse du coût salarial n'est plus exact. »

Influence de l’indexation des salaires sur la paix sociale

La suppression de l’indexation salariale signifierait qu’elle doit être renégociée/imposée.  Les secteurs forts bénéficieraient d’une indexation mais les secteurs faibles seraient laissés pour compte[17].

P. TIMMERMANS[18] : NDT traduction libre : « … nous indexons en temps réel et au pourcentage le plus élevé possible.  D’autres pays réfléchissent à l’intégration des hausses de l’inflation dans la politique salariale. Là-bas, cela ne se fait jamais un pour un, et jamais dans la même mesure qu’en Belgique. … . »

Saut d’indice

Il est inacceptable que les entreprises et l’Etat réalisent des économies au détriment des travailleurs et des allocataires sociaux[19]

Les organisations patronales ont plaidé en vain pour un saut d’indice[20]

Influence de l’indice sur la redistribution (cent et non pourcentages OU indexation du salaire net)

L’indexation des salaires n’est pas un instrument de redistribution[21].  L’indexation des salaires élevés doit être identique à celle des bas salaires (afin de ne pas réduire le montant à redistribuer ultérieurement).   

Si tout le monde percevait une augmentation salariale identique, en cent et non en pourcentage, les bas salaires seraient protégés, mais la hausse totale du coût salarial serait limitée.

L’UNIZO revendique une adaptation de l’indexation automatique des salaires pour aider les entreprises en difficulté et enfin réduire les coûts de l’énergie.  Cliquez ici pour de plus amples renseignements. 

L’abrogation/réforme de la loi sur la norme salariale et/ou l’indexation salariale automatique ne figure pas dans l’accord gouvernemental et la gauche et le CD&V s’accrochent à l’indexation automatique des salaires.  Il est donc improbable que la Belgique – à l’instar de la plupart des états-membres de l’U.E. – puisse aligner ses salaires avec l’inflation et/ou les fassent évoluer par le biais de négociations libéralisées.

Une enquête UNIZO montre que 96 % des PME employant du personnel se préparent à faire face à la hausse des coûts salariaux, par exemple en reportant ou en annulant des projets d'investissement (35 %) ou en économisant sur d'autres coûts (52 %)[22].

VOKA propose un saut d’index de 3% et d'accorder 500 euros nets en échange[23].

Back to the seventies ? 

Dans les années septante, une guerre fit flamber le prix des carburants fossiles.  Fin 1973, la guerre entre Israël et le monde arabe provoqua la fermeture du robinet pétrolier.  Le prix du pétrole quadrupla et des rationnements et dimanches sans voitures furent décrétés. A l’heure actuelle, l’interdiction d’importation européenne a propulsé le prix de l’essence vers des sommets sans précédent.  

Les économistes affirment que la situation économique actuelle n’est pas comparable à la crise de l’époque[24], que les marges des entreprises sont suffisantes où il est systématiquement fait référence à la pénurie sur le marché de l’emploi (dans les années septante, le chômage était deux fois plus élevé que maintenant).  

‘The war for talent’ et les syndicats renforcent encore la pression salariale.  Les trois syndicats, FGTB, CSC et CGSLB se mobiliseront le lundi 20 juin à Bruxelles « pour défendre le pouvoir d’achat et exiger la révision de la loi sur la norme salariale de 1996. »

Encouragée par ces analyses et la rhétorique syndicale, la coalition fédérale actuelle renvoie une partie importante de la facture aux entreprises. 

De Tijd a publié récemment que le nombre de faillites est en hausse et que notamment 147 garagistes ont dû mettre la clé sous le paillasson cette année[25].  Pourtant le gouvernement fédéral a décidé de ne pas proroger le système simplifié de chômage temporaire parce que … le marché du travail est encore en surchauffe.  Pour résoudre ce problème, la solution que la coalition actuelle tente de nous faire gober est le deal pour l’emploi supposé accroître le taux d’emploi à 80 %.  Les mesures permettant d’atteindre cet objectif – telles que la restriction de l’allocation de chômage dans le temps – sont pourtant écartées.

Pour toute question ou complément d’information, n’hésitez pas à contacter nos conseillères en droit social:

Charlotte Waterlot (FR) - Charlotte.waterlot@traxio.be

02/778.62.00

Nadia Van Nieuwenhuijsen (NL) - Nadia.vannieuwenhuijsen@traxio.be

MyTRAXIO ? A ne pas manquer ! Cliquez iciN’hésitez pas à envoyer la présente communication à votre responsable du personnel ou des ressources humaines.

[1] Indice santé lissé janvier x – janvier x-1/janvier x-1 x 100.  Pour les ouvriers de la CP 112 et des SCP 149.02-04, le pronostic de juin 2022 est pertinent concernant l’indice santé lissé qui, d’après le Bureau fédéral du Plan, s’élèverait à 121,07 euros en janvier 2023 (contre 113.42 en janvier 2022). 

[2] Moyenne arithmétique indice santé lissé novembre – décembre x / moyenne arithmétique - décembre x -1.  Le pronostic de juin 2022 est pertinent pour les employés de la CPAE 200 concernant l’indice santé lissé qui, d’après le Bureau fédéral du Plan, s’élèverait à 119,62 euros en novembre 2022 et 120,24 en décembre 2022 (contre 111,27 en novembre 2021 et 111,97 en décembre 2021). 

[3] https://www.nieuwsblad.be/cnt/dmf20220331_95604303.

[4] https://www.hln.be/binnenland/ps-komt-met-dertien-maatregelen-om-koopkracht-te-versterken-waaronder-herziening-loonnormwet-spanningen-binnen-regering-op-komst~a26953c0/.

[5] https://www.bruzz.be/samenleving/politie-telt-3200-deelnemers-op-betoging-tegen-loonnormwet-2021-12-06.

[6] S. ROMANS, « Open VLD wil af van de loonnorm », De Tijd 24 mei 2022, 10. 

[7] https://www.abvv.be/sites/abvv/files/2021-12/Index_2014%20%281%29.pdf.

[8] https://trends.knack.be/economie/bedrijven/pieter-timmermans-vbo-de-brutomarges-van-de-bedrijven-storten-in-elkaar/article-longread-1863713.html.

[9] https://etion.be/kennis/arbeidskrapte-bedreigt-concurrentiekracht.

[10] https://www.abvv.be/sites/abvv/files/2021-12/Index_2014%20%281%29.pdf.

[11] https://www.tijd.be/opinie/analyse/lonen-koppelen-aan-kerninflatie-is-duurzamer/9154644.html.

[12] https://www.abvv.be/sites/abvv/files/2021-12/Index_2014%20%281%29.pdf.

[13] https://www.dewereldmorgen.be/artikel/2022/03/03/professor-paul-de-grauwe-pleit-voor-hoge-lonen/

[14] https://businessam.be/loon-prijsspiraal-komt-op-gang-wat-zijn-de-gevaren/.

[15] https://businessam.be/de-zoveelste-wake-up-call-vijf-alarmsignalen-voor-onze-economie/.

[16] https://trends.knack.be/economie/bedrijven/pieter-timmermans-vbo-de-brutomarges-van-de-bedrijven-storten-in-elkaar/article-longread-1863713.html.

[17] https://www.abvv.be/sites/abvv/files/2021-12/Index_2014%20%281%29.pdf.

[18] https://trends.knack.be/economie/bedrijven/pieter-timmermans-vbo-de-brutomarges-van-de-bedrijven-storten-in-elkaar/article-longread-1863713.html.

[19] https://www.abvv.be/sites/abvv/files/2021-12/Index_2014%20%281%29.pdf.

[20] https://www.7sur7.be/belgique/pierre-yves-dermagne-repond-aux-employeurs-avec-les-socialistes-au-gouvernement-il-n-y-aura-pas-de-saut-d-index~a995ceeb/.

[21] https://www.abvv.be/sites/abvv/files/2021-12/Index_2014%20%281%29.pdf.

[22] https://www.rtbf.be/article/repercuter-le-prix-sur-les-clients-n-est-pas-toujours-possible-l-indexation-automatique-des-salaires-intenable-pour-neuf-entrepreneurs-sur-dix-unizo-11010507.

[23] https://www.rtbf.be/article/les-patrons-flamands-voka-veulent-un-saut-d-index-en-echange-d-une-prime-de-500-euros-nets-11011868.

[24] Les économistes estiment notamment que l’intensité énergétique est inférieure à auparavant, que les prévisions en matière d’inflation sont (encore) maîtrisées (par les ménages, entrepreneurs et marchés financiers), que le marché de l’emploi est en pénurie et que nous manions un indice santé lissé excluant les éléments volatils et qu’il s’agit d’une moyenne continue).

[25] B. HAECK, “Aantal faillissementen schiet almaar sneller omhoog”, De Tijd 2 juni 2022, 1. 

Photo: wal_172619 via Pixabay

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