Portraits Mobilité Matériels pour l'automobile et outillage

Brezan-GroupAuto : Nos clients nous considèrent plus que jamais comme un véritable partenaire

16-09-2020

Brezan Autoparts et GroupAuto Belux sont unanimes : leur rapprochement signe le début d’une collaboration stratégique qui s’inscrit parfaitement dans le contexte (international) actuel. Retour sur la naissance de ce partenariat.

Brève présentation de nos interlocuteurs

Marc Vanbergen, General Manager de Brezan Autoparts SA

Fils d’un ancien concessionnaire Volkswagen, Marc a toujours été entouré de voitures (« vous pouvez quitter le monde de l’automobile, mais le monde de l’automobile ne vous quitte jamais »). Il a pourtant tenté sa chance dans un tout autre secteur. Après le décès prématuré de son père, Marc s’est rendu compte que reprendre le garage paternel n’était pas une option. Il a alors commencé à travailler pour Daihatsu. Après un séjour à l’étranger, il a décidé de se tourner vers l’événementiel. « C’est un secteur attrayant, mais aussi très exigeant, et rares sont ceux qui parviennent à tenir le rythme plus de quelques années », explique-t-il. « J’ai réintégré le secteur automobile en 2013. À l’époque, Brezan recherchait un nouveau directeur pour sa division belge. » 

Etienne Dubois, General Manager GroupAuto Belgium & Luxemburg

Habitué à graviter dans les cercles TRAXIO, Étienne Dubois dirige depuis près de deux ans la Fédération du Matériel de l’Automobile (FAM). Après quelques années chez Fiat Auto Belgio en tant qu’Instructeur et Inspecteur technique, Étienne s’est reconverti dans les pièces détachées. Il a ainsi travaillé chez SKF Belgium et Comma-Exxon Mobil avant de devenir Sales Manager chez KUHNE Belgium. Il y a exactement 10 ans, Étienne a pris la tête de GroupAuto Belgium & Luxemburg. 

 

Le thème de cet entretien est bien entendu l’intégration de Brezan au réseau GroupAuto, mais pouvez-vous commencer par nous parler de l’organisation complexe du marché des pièces détachées ? 

Marc Vanbergen : « La structure du marché peut sembler compliquée pour un observateur extérieur, mais en réalité, elle est assez simple, même si quelques liens de propriété plus opaques viennent semer la confusion. Brezan Autoparts est une société anonyme distincte qui fait partie d’Alliance Automotive Groep Benelux. Et puisque ce groupe fait partie de GroupAuto, nous faisons indirectement partie de cette structure. À côté de cela, chaque acteur gère ses activités de manière indépendante. Nous avons donc un but commun – proposer un maximum de pièces détachées –, mais nous avons chacun notre méthode. Certains appliquent un modèle en deux temps, d’autres optent pour un modèle en trois temps. Brezan est à la fois importateur et distributeur, ce qui signifie que nous fournissons directement nos produits aux garages. Dans un modèle en trois temps, les produits passent par un grossiste avant d’arriver au garage. »

Etienne Dubois : « La grande question est donc de savoir si vous êtes prêt à gérer votre propre entrepôt afin d’assurer vous-même la distribution au client. C’est ce qui fait toute la différence entre les deux modèles décrits par Marc. Cette dualité prête également à confusion. Au sein de GroupAuto se trouvent des sociétés autonomes qui collaborent mais ont un certain degré d'autonomie. D'autres telles que Brezan ont délibérément choisi de ne pas travailler avec des indépendants. »

Marc Vanbergen : « Petite précision : chez nous, tout le monde est salarié, mais chacun a le mental d’un indépendant (rires). »

Comment est née cette collaboration ?

Marc Vanbergen : « Avec quelques rebondissements, n’est-ce pas, Étienne (rires) ? Étienne venait tout juste d’être nommé président de la FMA, et nous discutions de notre cotisation. Une chose en entraînant une autre, nous avons fini par manger ensemble, et j’ai profité de l’occasion pour lancer l’idée d’une éventuelle collaboration. »

Etienne Dubois : « Je dois reconnaître que je ne m’y attendais pas du tout – ce qui ne veut pas dire que je n’étais pas intéressé (sourire). J’ai tout de même promis à Marc d’y réfléchir… »

Marc Vanbergen : « De mon côté, j’ai également proposé l’idée à notre PDG. À mon grand étonnement, il s’est montré assez réservé. Maintenant, je comprends pourquoi (rires). Toujours est-il que la question est restée en suspens. Et puis, quelques mois plus tard, j’ai appris que mes supérieurs préparaient en réalité une reprise à laquelle j’allais être amené à contribuer. En fin de compte, il s’agit d’une collaboration stratégique qui nous permettra d’offrir aux garagistes une organisation encore plus optimale. » 

 

La Belgique : une petite île isolée

Cette opération vous a permis de renforcer votre position sur le marché. Ce type de consolidation est-il indispensable à l’heure actuelle ?

Etienne Dubois : « En unissant nos forces, nous avons réalisé d’importantes économies d’échelle, mais il faut tout de même remettre les choses en perspective. Nous n’étions que des groupes de taille moyenne, ce qui signifie que même en nous associant, nous restons loin de Doyen et LKQ, les deux grands leaders du marché. Cela dit, les avantages sont indéniables. Nous avons par exemple étendu notre portée, et nous avons également plus d’impact dans nos acquisitions. »

Marc Vanbergen : « Au vu de l’évolution du secteur, cette reprise est un choix tout à fait logique. PartsPoint Group, la société mère de Brezan, a été reprise par Alliance Automotive Group en 2019. Avec sa maison mère américaine GPC, Alliance est le plus grand membre de GroupAuto International. En Europe, AAG arrive en seconde place, juste après LKQ. GPC est par ailleurs le plus grand groupe pièces détachées au monde. Pour ce qui est de la consolidation, la véritable question est de savoir pourquoi le secteur automobile a attendu aussi longtemps. Pouvez-vous me donner le nom d’un seul magasin de bricolage indépendant ? Les petites entreprises doivent soit se rallier à l’une ou l’autre formule, soit s’incliner devant les grandes enseignes telles que Brico et Hubo. C’est également le cas dans de nombreux autres secteurs. Concrètement, notre secteur connaît avec un peu de retard une transformation qui a déjà eu lieu dans des pays comme les Pays-Bas ou l’Allemagne. La Belgique est longtemps restée une petite île isolée, mais ce temps est à présent révolu. »

 

Vers des véhicules électriques

Nous avons parlé de la consolidation au sein du marché des pièces détachées, mais le reste du secteur automobile est également en plein changement – notamment au niveau des garages, vos principaux clients. Quel est l’impact de cette évolution sur vos activités ?

Marc Vanbergen : « Pour des raisons évidentes, ce qu’il se passe chez les concessionnaires de marque ne nous concerne pas vraiment. Cela signifie que nous devons nous concentrer d’autant plus sur les garages toutes marques. Je réalise de plus en plus que j’ai commencé à travailler chez Brezan à la fin d’une époque. Il y a dix ans, un bon grossiste était un grossiste qui disposait d’un stock conséquent et proposait des prix attractifs. Aujourd’hui, un grossiste doit être un véritable partenaire qui encadre et accompagne ses clients. »

Etienne Dubois : « L’offre de pièces détachées a considérablement augmenté, ce qui a entraîné une autre forme de gestion des stocks. Les voitures sont également plus complexes qu’avant, et cela a aussi un impact sur notre secteur. Nous travaillons par ailleurs sur le concept de “garage de demain”, parce que c’est quelque chose que nos clients n’ont pas le temps de faire. Tout semble indiquer qu’à l’avenir, la réussite d’un garage dépendra moins de sa taille et de l’étendue de son réseau que de la qualité de service qu’il sera capable de proposer. La relation client va donc encore gagner en importance. »

Marc Vanbergen : « Pour pouvoir se préparer à l’avenir, il faut pouvoir anticiper les dangers et les défis qui se dresseront sur notre route. Les véhicules électriques, par exemple. Nous savons que 50 % des véhicules neufs sont confiés à des garages toutes marques dès leur troisième année de vie. Pour les hybrides, ce changement arrive plus tard, et parfois même après 6, 7 ou 8 ans. Les garages universels doivent impérativement réagir, sous peine de perdre complètement ce segment. Quant à nous, notre rôle ne se limite pas à tirer la sonnette d’alarme : nous devons également agir de manière proactive et mettre en place les initiatives nécessaires. »

N’est-il pas difficile de trouver du personnel compétent dans un secteur en pleine évolution ?

Marc Vanbergen : « C’est une véritable préoccupation. Il y a vingt ans, il suffisait d’être un bon technicien pour se construire une belle carrière. Aujourd’hui, il faut également d’autres qualités. Il faut comprendre le client, l’apprivoiser, être à l’écoute… Bref : il faut avoir la fibre commerciale. »

Etienne Dubois : « Pour être honnête, il faut parfois chercher longtemps avant de trouver la bonne personne. L’apprentissage scolaire est indispensable, mais il faut tout de même reconnaître que la formation reçue à l’école n’est pas suffisamment adaptée aux réalités du marché du travail. Le rôle d’EDUCAM est donc primordial. »

 

Un prestataire de services à part entière

« Certains des services que nous proposons semblent assez éloignés de nos activités principales, mais ont en réalité un impact direct sur celles-ci », souligne Marc Vanbergen. « Laissez-moi vous donner un exemple concret. Il y a quelques années, l’Union européenne a promulgué une loi selon laquelle seuls les détenteurs d’un certificat obtenu au terme d’une formation spécifique sont autorisés à acheter du réfrigérant pour airco. Nous avons donc commencé à dispenser ladite formation. Et ce n’est pas tout : nous avons également mis en place un système d’enregistrement des certificats pour pouvoir assurer la légalité de chaque vente. Notre travail est-il de proposer des formations ? Bien sûr que non. Mais si nous ne l’avions pas fait, nous nous en serions sans doute mordu les doigts. »

« La FMA est un lieu d’échange »

« Vous n’imaginez pas la diversité des dossiers que traite une organisation sectorielle », explique Étienne Dubois. « Cela va d’aider à définir un profil idéal pour diverses fonctions à militer pour le retour d’un système où la plaque d’immatriculation était liée au propriétaire, et non au véhicule. Autre dossier intéressant : l’Eco-entretien, un moyen peu connu d’écologiser un parc automobile. Grâce à cette intervention, les véhicules obtiennent de meilleurs résultats aux contrôles d’émission, et peuvent par conséquent rouler une année de plus dans les Zones de Basse Émission. Mais à mes yeux, le plus important est de rencontrer des collègues. La FMA est un lieu de discussion et d’échange, et c’est là son atout le plus précieux ! »

 

Photo Jerry De Brie