Génie Civil et manutention

David Vandermeulen: L’attractivité de la branche relève de la responsabilité de tous

Avec des états de service d’un quart de siècle chez Bergerat Monnoyeur, David Vandermeulen connaît le secteur – son secteur ! - comme sa poche.  Qui est l’homme qui comme nul autre sait esquisser la tendance du moment ?  Portrait. 

Ce qui frappe celui qui se penche sur le CV de David Vandermeulen c’est la constance avec laquelle revient Bergerat Monnoyeur.  Ses premiers pas dans la vie professionnelle David les a faits chez Ernst & Young, mais il a rapidement franchi le cap.  D’abord comme CFO avant de devenir General Manager il y a près de dix ans.  Entre-temps le compteur marque 25 ans de service, mais dans quelle mesure est-ce un avantage ?

« Permettez-moi de vous répondre avec diplomatie car c’est tant un avantage qu’un inconvénient, et dans les mêmes proportions, sourit-il.  L’atout majeur est qu’on a eu le temps de découvrir tous les tenants et aboutissantsde l’entreprise. Pareil pour cette branche dans laquelle on a déjà passé tant d’années.  L’envers de la médaille est qu’il ne faut pas que la routine prenne le dessus.  Un regard étranger est parfois plus discernant et force à l’action.  Un nouveau venu voit parfois les choses autrement et peut plus facilement les faire bouger.  Il faut en avoir conscience. » 

De CFO à CEO 

En 2010 David Vandermeulen saute le pas de CFO à General Manager.  Une tendance qui s’observe de plus en plus fréquemment.  Est-ce que cela a été évident ?  « Pour moi c’était une suite logique, répond-il.  Par principe le directeur financier est impliqué dans toutes les facettes de l’entreprise.  De la vente aux ressources humaines en passant par le marketing.  En fin de compte, tout se traduit par des chiffres.  Se montrer responsable dans la manière de gérer les finances signifie aussi disposer d’une connaissance approfondie de tout ce qui se cache derrière les chiffres.  Une qualité qui rend le CFO apte à devenir CEO, si ce n’est qu’il faut tout de même disposer de quelques aptitudes supplémentaires.  Les rapports avec la clientèle par exemple.  Et ne pas se montrer farouche devant les risques.  Lorsqu’on est aux commandes, il faut voir loin. »

Grâce à sa longue expérience David Vandermeulen est la personne idéale pour comprendre la réalité de son secteur.  « Il y a deux tendances importantes, résume-t-il.  L’importance des petites machines au détriment des grandes se marque davantage.  Une autre évolution est l’intérêt croissant pour le marché de la location.  Traditionnellement le Belge n’avait pas le tempérament d’un loueur mais la tendance a évolué.  Il y a aussi plus une demande plus forte de solutions créatives.  Les contrats d’entretien full service par exemple, autre attente qui a le vent en poupe. » 

Profils techniques 

L’explication de cette tendance à la location touche apparemment à la préoccupation centrale du secteur : le personnel technique qualifié.  « Ce n’est pas une sinécure de trouver les bons profils, c’est justement pour cela qu’il est plus attrayant de louer sous quelque forme que ce soit, explique-t-il.  Une manière de déplacer le problème (rires).  La sous-traitance des aspects techniques génère la sous-traitance de cette quête de profils techniques.  N’oubliez pas que la pénurie a des incidences néfastes pour tout le monde.  Ces travailleurs-là coûtent plus cher, coût qui sera finalement répercuté sur le client final.  Ce qui à son tour pèsera sur sa propre affaire et surtout sa rentabilité.  Il ne faudrait surtout pas minimiser l’effet domino de ces métiers en pénurie. »

Une dernière question : un General Manager a-t-il encore du temps libre ?  « Mais bien sûr, rit David Vandermeulen.  J’aime lire, à tour de rôle de la littérature fantastique, des fictions et aussi de la lecture plus sérieuse.  J’aime aussi faire du sport, du badminton et du golf.  Et j’aime voyager. » 

Profil 

Age : 55 ans
Fonction : General Manager
Formation : Economie appliquée – Révision d’entreprise
1er job : Ernst & Young
Hobbys : La lecture, le golf et les voyages 
Voiture de ses rêves Lamborghini Aventador
Destination de ses rêves : l’Arctique
Boisson préférée : le Margaux
Ambition dans 5 ans : Transformer Caterpillar en leader du marché dans la catégorie <10 tonnes

 

Photo: Benjamin Brolet