Matériels pour l'automobile et outillage

Deer Behaeghe: le savoir-faire en matière d’alternateurs et démarreurs

Peu de non-initiés le savent mais dans un zoning industriel un peu gris de Grand-Bigard se trouve l’un des plus grands distributeurs de démarreurs, alternateurs et pompes d’assistance de direction : Deer Behaeghe.  Depuis la périphérie bruxelloise, ils desservent des clients dans le monde entier.  Il est grand temps de braquer les projecteurs sur cette entreprise qui existe depuis 60 ans.

L’histoire de Deer Behaeghe remonte à 1959 lorsqu’Aimé Behaeghe fonda l’entreprise.  Ses trois fils assurent la continuité de l’entreprise jusqu’en 2014, année de sa reprise par le Français Samuel Denos.  « Je dirigeais déjà une entreprise similaire en France que je venais de revendre », explique-t-il.  « J’étais à la recherche d’une opportunité et je savais que Deer Behaeghe offrait un grand potentiel.  Surtout sur le plan du savoir-faire et des compétences accumulées au fil du temps… on ne trouve plus cela nulle part de nos jours. »

Samuel Denos nous guide à travers le magasin gigantesque de son entreprise.  « Nous distribuons toutes les grandes marques », commente-t-il, « Remy, Bosch, Denso, Mitsubishi, Mahle, Valeo etc.  Nos clients sont partout sur le marché du B2B.  Non, pas tellement les garagistes mais les grossistes, spécialistes en électro, concessionnaires poids lourds, grandes entreprises de construction etc.  Cela va des bateaux aux chariots élévateurs en passant par les engins miniers au Congo.  Dès qu’il y a un moteur dans une machine, il y a fort à parier que nous pouvons fournir le démarreur, la pompe d’assistance de direction ou l’alternateur adéquat.  Nous livrons également régulièrement pour des voitures anciennes, des motor-homes, des tracteurs etc.  Il n’y a que les hélicoptères et les avions que nous ne faisons pas car le matériel est trop spécialisé (rires). » 

Réparation économique 

Mais Deer Behaeghe ne se consacre pas qu’à la vente car quelque 10 % du chiffre d’affaires provient de la réparation.  « Nous assurons tant les réparations que les rénovations totales », expose Samuel Denos. « Attention, ces activités doivent avoir un sens économiquement parlant.  Réparer l’alternateur d’une VW Polo ou d’une Renault Clio n’a pas de sens, autant le remplacer.  Mais pour des engins miniers cette opération est tout à fait faisable.  La réparation n’a rien de compliqué : lorsque le pignon du démarreur est cassé, nous le remplaçons par un neuf et voilà le travail.  Par contre, une rénovation va beaucoup plus loin : il faut entièrement démonter la pièce, la nettoyer, remplacer les composants usés, tester l’ensemble.  Pour réaliser toutes ces opérations, il faut pouvoir compter sur les experts de la maison.  Parfois nous adaptons des alternateurs, par exemple pour la compétition , et nous augmentons leur puissance.  Il ne faut pas demander cela à Bosch ou Valeo par exemple, car pour eux ce sont de trop petites séries.  En revanche chez DEER , c’est notre plus-value. »

Depuis environ quatre ans, Deer Behaeghe a lancé sa propre marque, Everkraft.  « L’idée sous-jacente est de fournir la même qualité à un prix de 20 à 25 % inférieur par rapport aux grandes marques », explique Samuel Denos.  « Nous visons surtout les clients qui font attention au prix.  Il y a également des clients qui préfèrent gérer tout dans la même marque : démarreurs, alternateurs et batteries, que nous fournissons aussi dans la marque Everkraft, à côté de Varta.  D’ailleurs, hormis les batteries, la gamme s’est considérablement étendue ces derniers temps. DEER distribue aussi SKF, des pièces diesel ou d’éclairage…  C’est généralement à la demande de gros clients que nous lançons ces produits. » 

Champs pétroliers au Koweït 

A Grand-Bigard, Deer Behaeghe occupe 14 personnes.  Il y a deux ans, nous avons ouvert un établissement en Bretagne, France, qui emploie actuellement sept personnes.  « L’entreprise française fait exactement la même chose que la belge, mais vise exclusivement le marché français », affirme Samuel Denos.  « Elle connaît une forte croissance et son chiffre d’affaires atteint déjà les deux millions d’euros.  A Grand-Bigard, le chiffre d’affaires a doublé en trois ans et s’élève à quatre millions d’euros. »

Environ 35 % du chiffre d’affaires de Deer Behaeghe est réalisé hors du Benelux, l’entreprise livrant aux quatre coins du monde.  « Les marchés africain, asiatique et européen surtout sont d’importants marchés d’exportation », affirme Samuel Denos.  « Les clients nous trouvent via Internet ou les salons internationaux où nous exposons.  Les entreprises spécialisées en alternateurs, démarreurs et pièces de direction et ne sont pas légion.  D’après moi, nos plus grands atouts sont notre savoir-faire technique et la grandeur de notre stock. »

Il y a par exemple de nombreuses différences et une multitude de références en matière de crémaillères de de direction.  « Un non-initié s’y perdrait vite et nous sommes là pour l’aider.  Autre atout, la rapidité de livraison.  Lorsque le moteur d’une pompe tombe en panne dans un champ de pétrole au  Koweït, chaque minute qui passe coûte une fortune à la société.  Ces clients-là doivent être livrés dans les délais les plus serrés.  Ou encore lorsqu’un poids lourd transportant 20 tonnes de yaourt est à l’arrêt quelque part… cela ne doit pas durer des jours bien entendu. »

Internet et l’e-commerce sont devenus tellement importants qu’une des tâches principales du personnel de Deer Behaeghe est d’actualiser le webshop. « Nous disposons de près de 3,5 millions de références croisées en ligne », dit Samuel Denos.  « Mettre à jour ce catalogue demande un boulot fou.  Nous sommes d’ailleurs en train d’ajouter toutes les vieilles références datant du demi-siècle dernier.  Toute cette bibliothèque a toujours été maintenue à jour et nous sommes en train de la numériser.  Une grande partie de notre temps est également consacrée à l’assistance technique. »

Deer Behaeghe emploie six personnes qui passent leur journée à renseigner nos clients.  « Il peut s’agir d’un client en quête d’un alternateur pour une machine agricole tout à fait particulière par exemple.  Ou encore de quelqu’un qui a besoin d’un démarreur pour un ancêtre et qui ne nous fournit qu’une photo pour trouver la pièce.  C’est tout un défi vous savez (rires). Ou encore ils ont acheté une machine chinoise bon-marché et recherchent les pièces détachées compatibles.  Nous ne reculons devant aucune demande, aussi folle soit-elle. » 

Matières premières 

Les véhicules électriques n’ont plus besoin ni d’alternateur ni de démarreur.  L’électrification des machines n’empêche pas Samuel Denos de dormir.  « Le tout électrique ?  Nous en sommes encore loin, donc nous ne nous inquiétons pas.  L’hybridation pourrait même générer quelques opportunités pour nous.  L’alternateur d’un véhicule hybride coûte jusqu’à trois fois plus cher que celui d’un véhicule conventionnel.  En outre, jusqu’où va aller l’électrification ?  Les matières premières seront-elles suffisantes pour fabriquer toutes les batteries nécessaires ? » 

En bref 

2 établissements (Belgique et France) 

21 travailleurs 

6 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé 

1.200 clients différents 

3.000 m² de superficie de magasin (8 mètres de haut) 

3,4 millions de références croisées  

Ligne du temps

Année de création : 1959 

Rachat par Samuel Denos : 2014 

Lancement de la marque propre Everkraft (comptant actuellement 5.500 références) : 2014 

Deer devient distributeur Benelux officiel de Mitsubishi Electric : 2015 

Déménagement vers le nouveau bâtiment : 2016 

Création de la filiale française : 2017 

Lancement de la gamme SKF et Denso Automotive : 2018 

 

Photo: Benjamin Brolet