Dossier Mobilité

Des interventions plus rapides après un accident

Face à l’intensification du trafic et aux embouteillages de plus en plus réguliers, la Wallonie et la Flandre ont mis en place des systèmes visant à libérer la route le plus rapidement possible. Ils s’appellent FAST en Flandre et Siabis+ en Wallonie. Mais sont très loin de faire l’unanimité.

Le moindre incident peut provoquer de longs embouteillages sur les principaux axes de circulation et même des suraccidents d’autant plus dommageables. Face à ce constat, la Flandre et la Wallonie ont chacune développé un système d’intervention rapide pour rétablir la circulation le plus rapidement possible après une panne ou un accident. Des systèmes qui s’avèrent très différents de part et d’autre de la frontière linguistique. 

FAST sur les autoroutes flamandes 

FAST est l’acronyme de Files Aanpakken door Snelle Tussenkomst (diminuer les files par une intervention rapide). Ce système est d’application sur l’ensemble des autoroutes flamandes et est géré par l’Agentschap Wegen & Verkeer (AWV, Agence des Routes et de la Circulation). Il vise à faciliter l’intervention des services de secours et à accélérer le rétablissement des conditions normales de circulation après un incident : accident, véhicule en panne, objets encombrant la chaussée, etc.

« Il fonctionne comme un système de concession sur la base d’appels d’offre européens pour chaque tronçon autoroutier », souligne Michel Gillard, secrétaire général de TRAXIO Road Support. « Il existe deux types d’appel d’offres, l’un couvrant les véhicules de moins de 3,5 tonnes et l’autre, les véhicules de plus de 3,5 T. » Des appels d’offres très détaillés jusqu’à 150 pages décrivent en détail le matériel nécessaire, les conditions des interventions, les amendes prévues, etc.

Concrètement, chaque dépanneur remet une offre pour les tronçons autoroutiers qui l’intéressent en détaillant le tarif proposé pour chaque type d’intervention. Celui qui remporte l’appel d’offre devra ensuite appliquer les tarifs (maximums) proposés durant toute la durée du contrat. Bien que le système FAST soit régional, chaque province flamande prévoyait jusqu’il y a peu des modalités d’application qui lui sont propres, ce qui ne facilitait pas toujours les choses (lire aussi par ailleurs). Le dépanneur ayant remporté l’appel d’offres est normalement responsable de l’ensemble des interventions sur ce tronçon. Il doit donc pouvoir intervenir 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, du 1er janvier au 31 décembre.

Marc De Wilde, gérant de Garage Depannage Gebroeders De Wilde, souligne que cela représente une charge assez importante. La société doit être joignable avec du matériel et du personnel disponibles en permanence. Le dépanneur FAST doit en effet intervenir dans les 20 minutes à partir de l’appel de la police pour le balisage et les 30 minutes pour le dépannage.

C’est d’autant plus lourd à gérer que l’intervention ne se limite pas au dépannage, souligne Yves Dombrecht, gérant de Yes Depannage et président de TRAXIO Road Support. Les dépanneurs FAST doivent sécuriser les lieux afin de permettre l’intervention des services de secours, effectuer le balisage avec les véhicules adéquats, remorquer les véhicules abandonnés ou endommagés et déblayer la chaussée.

Financièrement, cela représente un investissement important et qui n’est guère rémunéré. « Nous ne sommes payés que pour les interventions effectuées », souligne ainsi Marc De Wilde. 

Siabis+ sur les autoroutes et grandes nationales wallonnes 

Le système est complètement différent en Wallonie où Siabis+ (Système Informatique Assisteurs – Bijstandverlener Informatie Systeem) concerne les autoroutes et les principales nationales. Schématiquement, il s’agit d’une plateforme entre les assisteurs (assurances assistance), leurs prestataires (les dépanneurs conventionnés) et la police. Cette plateforme organise le transfert des informations nécessaires aux interventions et la désignation des dépanneurs en fonction des contraintes de temps et de localisation.

Contrairement au système FAST en Flandre, Siabis+ ne concerne que les véhicules de moins de 3,5 tonnes. Il n’est donc pas d’application pour les véhicules poids lourds. La principale différence réside toutefois dans son fonctionnement. La plateforme informatique du système Siabis+ n’est pas gérée par une agence publique mais par Assuralia, l’union professionnelle des assureurs. L’objectif est par contre le même : une intervention rapide pour rétablir le plus vite possible la sécurité après tout incident affectant la circulation. Le dépanneur doit être sur place dans les 25 minutes après le signalement pour le balisage et les 40 minutes pour le dépannage.

« À l’origine, le système Siabis ne concernait que le dépannage et le remorquage de véhicules couverts par une assurance assistance », rappelle Michel Gillard. Bien souvent, le véhicule assuré en assistance se voyait dépanner ou remorquer par un prestataire-dépanneur ayant signé une convention commerciale avec l’assisteur. « Le système Siabis+, généralisé depuis le début 2019, a largement étendu les tâches des dépanneurs en incluant les véhicules non couverts par une assurance assistance, le remorquage de véhicules abandonnés, l’évacuation d’objets sur la chaussée et le balisage. »

Cette évolution a eu une influence directe sur les dépanneurs qui ont dû investir dans du nouveau matériel, notamment pour le balisage. Ils doivent également tenir compte de ces nouvelles missions dans la gestion de leur personnel afin d’assurer les permanences.

À noter que Siabis+ a tendance à concerner de plus en plus de routes wallonnes.

Bruxelles : peu d’autoroutes, FAST par défaut

Il n’existe pas de système d’intervention rapide pour la Région de Bruxelles-Capitale. Ce qui s’explique avant tout par le peu d’autoroutes sur le territoire de la région. Yves Dombrecht précise que les quelques tronçons du ring en région bruxelloise – au niveau d’Auderghem, entre Dilbeek et Drogenbos – ainsi que l’entrée autoroutière de la E40 sont pour l’instant couverts par le système FAST comme le reste du ring de Bruxelles, essentiellement situé en Région flamande.

Le rôle de TRAXIO Road Support

En tant que fédération professionnelle des dépanneurs, le rôle de TRAXIO Road Support est de représenter les dépanneurs auprès des autorités compétentes pour FAST et Siabis +. « Dans un esprit constructif », souligne Michel Gillard. « Comme dans tout système, il peut y avoir des interprétations différentes de part et d’autre. Il peut aussi arriver que des cas concrets n’aient pas été prévus. Il est bon d’éclaircir le sujet afin de se prémunir d’éventuels problèmes. L’expérience de terrain des dépanneurs est le principal pourvoyeur d’informations. » TRS vise ainsi à améliorer les systèmes en place afin qu’ils profitent à toutes les parties prenantes, tant aux dépanneurs qu’aux autres usagers de la route.