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Dossier LPG et CNG: où faire le plein ?

11-07-2018

Le nombre d’endroits où faire le plein de gaz naturel ne cesse d’augmenter.  La centième station-service de CNG de Belgique vient d’ouvrir.  Didier Hendrickx (porte-parole de l’Association Royale des Gaziers de Belgique) et Stephan Uhoda (président du groupement des Stations-service/TRAXIO) nous éclairent sur le sujet.

En 2014 il y avait à peine une vingtaine d’endroits où faire le plein de gaz naturel.  La première station de CNG de Wallonie a ouvert en 2015.  « A l’heure actuelle, elles sont au nombre de 100 et il s’ouvrira tout prochainement une quarantaine de station de CNG.  De nouveaux acteurs sont par ailleurs apparus.  Auparavant c’était surtout DATS 24 qui donnait le ton, mais désormais il faut compter avec Q8, Enora et PitPoint », précise Didier Hendrickx. La hausse du nombre de stations de CNG va de pair avec la hausse du nombre de voitures au CNG.  En 2016 elles étaient au nombre de 650, elles sont désormais 11.400 à rouler au gaz naturel.  L’offre croissante de modèles au CNG n’y est pas étrangère.  Dans ce domaine, les principaux constructeurs sont le Groupe Volkswagen, Fiat, Opel et SsangYong.  Bien sûr, les incitants fiscaux du gouvernement comme l’exonération de la taxe de roulage et de la taxe de mise en circulation contribuent au phénomène.

Moins de LPG 

D’après Stephan Uhoda les stations-service proposant du LPG restent les plus nombreuses ; on en dénombre 500 mais leur nombre diminue. « Les explications sont diverses.  Le LPG est moins populaire que par le passé.  En outre, le nombre de stations-service est en baisse, surtout en Wallonie et, par conséquent, le nombre d’endroits où l’on peut faire le plein de LPG.  En Flandre, le VLAREM impose des critères environnementaux et de sécurité stricts. Pour remplir les conditions du VLAREM il faut consentir de sérieux investissements et de nombreux exploitants décrochent, d’autant plus que le parc automobile au LPG a plutôt tendance à diminuer qu’à progresser ». 

Investir 

Il serait faux de penser qu’une station de CNG ne demande pas d’investissements. La plupart des stations, les dénommées ‘fast-fill stations’, prélèvent le gaz dans le réseau mais la station doit être pourvue d’un compresseur pour comprimer le gaz.  Pour que le plein, une opération qui ne prend que quelques minutes, se fasse rapidement, la station-service doit également être dotée d’une zone tampon où peuvent être entreposés de 0,5 à 9,9 m³ de gaz comprimé.  Il ne fait aucun doute que cela nécessite de gros investissements.  Ce qui explique pourquoi la plupart des stations au CNG s’installent à proximité du réseau de gaz disponible.  Il y a également moyen d’approvisionner les stations-service éloignées par camions.

L’on peut aussi faire le plein à la maison ou au travail moyennant une installation adéquate (slow fill) raccordée au réseau de gaz.  Ces petites installations n’ont pas de zone tampon pour réduire les coûts.  Le remplissage est par ailleurs beaucoup plus long et peut prendre plusieurs heures.

En guise d’alternative à la compression, le gaz naturel peut être liquéfié, on parle alors de LNG (Liquified Natural Gas).  Le refroidissement se fait par -162°, ce qui réduit le volume de 600 fois et permet le stockage de grandes quantités dans des réservoirs spéciaux.  Le LNG est ensuite transporté dans des camions-citernes thermiques spécialement isolés.

Dans le cas des poids lourds alimentés au gaz naturel, le LNG peut résoudre l’autonomie restreinte.  Un réservoir à LNG peut contenir trois fois plus d’énergie qu’un réservoir à CNG, de sorte qu’on avoisine les valeurs des poids lourds classiques au diesel.