Dossier Mobilité

Dossier smart repair: les assureurs aux petits soins

Le Smart Repair séduit aussi les assureurs auto. Non seulement parce qu’il leur permet d’intervenir à moins coût quand c’est possible, mais parce qu’il leur offre aussi l’opportunité de rendre service à leurs clients. Explications.

Hormis les gestionnaires de flottes automobiles et les propriétaires particuliers, soucieux d’obtenir le meilleur rapport qualité/prix lorsqu’ils font réparer les petits dégâts de leurs véhicules, un troisième acteur joue aujourd’hui un rôle non négligeable dans le développement du Smart Repair en Belgique : l’assureur auto. A priori, lorsqu’il doit intervenir pour indemniser les dégâts consécutifs à un accident, ce dernier a tout intérêt à obtenir la facture la moins élevée possible.

Si la pièce endommagée peut être réparée plutôt que remplacée, surtout si elle est coûteuse, c’est une meilleure option de son point de vue… même si le carrossier préférerait peut-être, de son côté, fournir un travail à plus forte valeur ajoutée.

Voilà qui explique pourquoi de nombreux experts agréés par les compagnies d’assurance ont déjà suivi des formations Smart Repair chez Educam, confirme Hans Allaert, coordinateur technique auprès de l’organisme. Ils sont en première ligne, le plus souvent, pour tenter de faire baisser la facture. 

Deux cas de figure

A la suite d’un accident de la circulation, deux cas de figure peuvent se présenter du point de vue des assurances, résume Wauthier Robyns, directeur de la communication chez Assuralia, la Fédération belge des assureurs. « La victime des dégâts sera indemnisée par l’assureur RC du responsable de l’accident. La loi lui laisse la liberté de disposer de l’indemnité comme elle l’entend. Elle peut faire réparer ou pas et choisir librement son réparateur. De son côté, l’assureur cherche à la fois la simplicité et l’efficacité : il n’enverra un expert que si sa visite est vraiment nécessaire. Si les dégâts sont légers, il pourra se contenter d’un devis accompagné de photos ou de vidéos. » Et dans ce cas, on l’imagine difficilement contester une réparation faisant appel aux techniques du Smart Repair. 

Retour aux sources

Seconde possibilité : si le propriétaire du véhicule accidenté est en tort, il pourra faire jouer son assurance omnium, le cas échéant. « Dans ce cas, la situation est différente. Les règles sont fixées par le contrat d’assurance. Elles concernent notamment le montant de la franchise éventuelle mais aussi, souvent, le choix du réparateur. » De nombreux assureurs exigent que les réparations soient confiées à un garage qu’elles ont agréé et avec lequel elles ont passé certains accords. Dans le contexte actuel, les carrossiers qui proposent le Smart Repair disposent ainsi d’un avantage comparatif non négligeable aux yeux des compagnies.

Et ce d’autant plus que, à en croire Wauthier Robyns, on assiste chez les grands assureurs à une sorte de retour aux sources du métier, c’est-à-dire à la notion de service à la clientèle. « Pendant longtemps, évoque ce fin connaisseur du secteur, les compagnies d’assurance ont eu tendance à éviter les ‘petits bobos’ pour réduire le nombre de dossiers ouverts et les frais y afférents, allant parfois jusqu’à perdre le sens de se montrer utiles au client. Mais perdant aussi, du coup, le contact avec leur clientèle. Le Smart Repair leur donne l’opportunité de fournir un service dans des moments moins graves. » Et, partant, de retrouver la fidélité de consommateurs qui pourraient être tentés de se tourner vers la concurrence, notamment celle des assureurs en ligne. 

Prix des pièces

Mais il y a un autre facteur qui entre également en ligne de compte. « Pour les assureurs, la diminution de la fréquence des accidents graves est en partie compensée par l’augmentation du prix des pièces », ajoute le porte-parole d’Assuralia. Ce qui stimule encore plus leur intérêt pour les techniques qui permettent de réparer plutôt que de remplacer. De là à penser que certaines compagnies poussent les carrossiers agréés avec lesquels elles travaillent de façon privilégiée à investir dans le Smart Repair, il n’y a qu’un pas… que Wauthier Robyns se garde bien de franchir. « C’est dans la relation entre l’assureur et les professionnels de la réparation avec lesquels il travaille que bat le cœur de la concurrence », conclut-t-il.

Ce qui est sûr, c’est qu’une réparation qui peut être faite dans la journée évite au réparateur de devoir fournir une voiture de remplacement. Et, si le dommage est couvert, à l’assureur de devoir la payer. Encore une économie supplémentaire.

Un « tunnel » innovant

En Belgique, l’un des gros fournisseurs de clients au Smart Repair et à son pilier que constitue le débosselage sans peinture (DSP), c’est la météo – quand elle se déchaine. Spécialiste du traitement des dégâts dus à la grêle, la Carrosserie Vercruysse, à Halle, a développé un concept innovant qui devrait rapidement faire école. « Nous avons mis au point un ‘tunnel Smart Repair’ unique en son genre qui permet, grâce à une lumière intense et uniforme, d’évaluer de façon précise et rapide tous les dégâts au véhicule puis de les traiter sur place », résume Wesley Vercruysse, fondateur de la carrosserie.

« La lumière donne une vue uniforme sur toute la voiture et peut changer de couleur à volonté, selon celle du véhicule à réparer, pour éviter de trop fatiguer les yeux des techniciens qui y travaillent toute la journée », poursuit-il. En cas de besoin, le tunnel peut accueillir jusqu’à 10 voitures par jour. Et donne des résultats jamais atteints jusqu’ici en termes de polissage et de finishing, affirme son inventeur. « On distingue parfaitement le moindre détail, contrairement à ce qui se passe quand on se contente de déplacer une lampe le long de la carrosserie. »

Dans un premier temps, cette cabine spéciale sera installée dans les cinq entités du réseau HagelCenter dont est membre la Carrosserie Vercruysse, mais des discussions sont en cours avec un important réseau spécialisé dans le Smart Repair… « Nous devrions bientôt pouvoir offrir ce service dans une vingtaine d’ateliers à travers le pays », espère Wesley Vercruysse. De quoi intéresser tout particulièrement les assureurs, ajoute-t-il. « A terme, nous pourrons non seulement estimer beaucoup plus rapidement l’étendue des dégâts dus à la grêle ou à d’autres causes, mais nous pourrons également proposer des forfaits moyens pour les réparations qui épargneront aux assureurs l’envoi d’un expert. »