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Dossier Socio-Economique 2019

16-09-2020

En ces temps très difficiles pour nos secteurs, il est toujours délicat de revenir en arrière et de commenter une année 2019 qui nous a gratifié de très bons chiffres dans la plupart de nos activités. Cependant, tout en gardant à l’esprit la situation actuelle – et future -, il nous semble important de jeter un coup d’œil sur les résultats de l’an dernier.

Je voudrais néanmoins débuter avec une note préliminaire : eu égard à ce qui se passe actuellement, nous avons décidé de ne pas publier de dossier socio-économique 2019 mais nous avons collecté et analysé les données que nous vous livrons ici.

Performance globale

L’ensemble des secteurs représentés par TRAXIO a vu l’année 2019 se clôturer sur de très bons chiffres, tous en hausse notable. Au niveau de l’emploi, le nombre d’employeurs a atteint 9.893, en hausse de 0,4 % alors que les postes de travail ont eu connu une progression de 1,6 % à – pour la première fois – plus de 100.000 postes, exactement 100.854. Quant aux indépendants, ils croissent également de 0,5 % à 55.710 personnes. A noter encore et toujours la difficulté pour tous nos secteurs de trouver une main d’œuvre qualifiée et motivée c’est-à-dire qui y reste à moyen ou long terme.

Le chiffre d’affaire a également connu une forte croissance : +5,2 % à 156,3 milliards d’euros, tout comme les investissements qui ont progressé de 8,3 % à plus de 2,1 milliards d’euros.

Mobilité – Vente de véhicules

2019 a été une année contrastée en termes d’immatriculations : les voitures ont connu une stabilité en neuf et une légère baisse de 1,3% en occasion alors que les véhicules utilitaires légers et lourds ont connu des progressions importantes : +4,2 % en neuf et +7,5 % en occasion pour les utilitaires légers et des hausses de +2,1 % (>12T tracteurs), +8,1% (3.5T-12T) et même +11,1 % pour le >12T porteurs.

Au niveau du chiffre d’affaires des entreprises reprises sous « commerce », ceci s’est matérialisé par une hausse du chiffre d’affaires de 4,7 % à 99 milliards d’Euros. L’emploi par contre a connu une baisse du nombre d’employeurs de 1,6 % (2.810) alors que le nombre de postes de travail a lui augmenté de 1,1 % à 32.131 auquel il faut ajouter les 2.236 indépendants (-1,8 %). Cette évolution est logique quand on pense aux rachats et regroupements qui s’opèrent déjà depuis plusieurs années sur notre territoire : ils affectent le nombre d’employeurs qui a tendance à baisser mais – pour l’instant – l’emploi est maintenu car la grande majorité des sites restent ouverts.

Pour ce secteur, l’évolution majeure ont été les investissements qui ont à nouveau bondi de près de 15%, s’élevant actuellement à plus de 1,3 milliards d’euros soit une moyenne de 478.000 euros par employeur. Cette évolution est continue depuis une dizaine d’années et le niveau de 2019 est presque 3 fois plus élevé que celui de 2009 démontrant le besoin continu d’investissements tant en bâtiment qu’en équipement et en technologie.

Mobilité - Entretien et réparation

Ce secteur qui je le rappelle contient l’entretien et la réparation telle quelle mais également les carrossiers-réparateurs, les services relatifs aux pneus et les car-wash, a lui vu une baisse de son chiffre d’affaires de 6,1 % à 4,95 milliards d’Euros. Cette baisse a été quasi continue depuis dix ans où le chiffre s’élevait encore en 2009-2010 à 6 milliards. Cette baisse du chiffre d’affaires est principalement due à la baisse de l’activité : en effet l’indice des prix des réparations a augmenté de 2,5 % en 2019 mais moins de pannes, moins d’accidents et des périodicités d’entretien rallongées pèsent sur les revenus. D’un autre côté, la pression du fleet sur les coûts et la possibilité pour le consommateur de choisir pour des alternatives moins chères ont également un impact sur cette décroissance. Quant aux pièces, si leur contenu technologique (capteurs, caméras, …) pousse parfois les prix à la hausse, le prix des pièces « de base » montre une tendance générale à la baisse par un choix de plus en plus grand de fournisseurs de pièces de qualité. Pour le futur, l’électrification du parc représente toujours un risque majeur surtout pour l’activité d’entretien qui baissera drastiquement.

Par contre, tant l’investissement (+3,2 %) que l’emploi sont en progression. Il y a ainsi 3.424 employeurs (+1,7 %), 15.567 postes de travail (+2,5 %) et 43.254 indépendants (+1,1 %) dans ces secteurs.

Mobilité - Fabrication de carrosseries

Si c’est une activité qu’on pourrait penser très petite : 84 employeurs « seulement », elle emploie néanmoins plus de 5.000 personnes ce qui fait une taille moyenne d’une soixantaine de personne par entreprise. Elle démontre en outre un développement important : 10 % d’employeurs en plus, 3,7 % de postes de travail et un chiffre d’affaires en hausse de 4,3 % mais ce qui marque surtout c’est le niveau d’investissement que le secteur a connu : 124 millions d’euros, en progression de 183 %, ce qui démontre certains changements majeurs dans cette activité.

Mobilité - Moto : vente et entretien

Les immatriculations des motos et vélomoteurs a connu une évolution totalement inverse en neuf (‑20,4 %) et en occasion (+11,8 %) et on doit remarquer que ce sont les vélomoteurs qui ont globalement influencé ces chiffres. Les motos quant à elles ont évolué en neuf de 13,5 % et en occasion de 2,8 %. Sur le plus long terme, si les motos ont connu une certaine stabilité, les vélomoteurs (dont font aussi partie les speed pedelecs) ont énormément progressé ces dernières années notamment en électrique, ceci démontrant que le deux-roues-passion est remplacé par le deux-roues-raison permettant de se déplacer dans les villes embouteillées plus facilement qu’en voiture. Nul doute que la crise connue en 2020 va profondément modifier le comportement de déplacement des citoyens et que cela aura un impact important sur le secteur dans son entier.

Au niveau des chiffres, le secteur a perdu 1,6 % de chiffres d’affaires à 935,7 millions d’Euros alors que les investissements ont chuté de près de 19 %. L’emploi a vu une légère progression avec +0,4 % d’employeurs (262) et +3,5 % de postes de travail (886). En revanche, le nombre d’indépendants a baissé de 1,8 % à 5.967.

Mobilité - Vente de carburant

Ce secteur est traditionnellement lié aux prix des carburants : en 2019, ils ont été sensiblement égaux en moyenne à ceux de 2018. Or, le chiffre d’affaires a augmenté de 12 %. Plusieurs explications peuvent l’expliquer : tout d’abord le mix de carburant et le prix relatif de ceux-ci or le prix de l’essence a rattrapé celui du diesel qui était fin 2018-début 2019 plus élevé. Ensuite, le développement des autres activités : commerce de détail, services, …

Le nombre de stations-service est passé en 2019 à 3.091 soit 5 de moins qu’en 2018 mais surtout 167 de moins qu’en 2010. L’évolution des stations-service tend à aller vers deux modèles : les stations-service « full service » avec magasin de proximité, souvent rattaché à de grands distributeurs et les stations « no service » sans aucune autre activité que la vente de carburant.

Au niveau de l’emploi, si le nombre d’employeurs a légèrement diminué (683, -0,6 %), le nombre de postes de travail a lui augmenté de 2,6 % (4.877), tendance haussière depuis de nombreuses années. En revanche, de moins en moins d’indépendants y sont actifs (4.192, -1,1 %)

Pièces et équipements

Ce secteur reprend non seulement le commerce de gros et de détail mais également la fabrication d’équipements pour l’automobile (première et deuxième monte).

Le chiffre d’affaires a bien progressé avec une croissance de 9,2 % à 27 milliards d’euros. Ce sont surtout le commerce (gros : +11,2 % et détail : +20,6 %) et la fabrication d’équipements électriques et électroniques (+40,3 %).

Si l’investissement a baissé par rapport à l’an dernier (-49%), c’est essentiellement dû à des années 2017-2018 exceptionnelles. Le niveau est ainsi équivalent à 2016.

Le nombre d’employeurs a lui baissé de 3,4%, principalement dans le commerce de gros et de détail où des regroupements ont également lieu. Les postes de travail sont eux en très faible baisse (-0 ,4%) avec une baisse plus prononcée dans le commerce de détail (-6%).

Vélos

Le secteur des vélos a globalement eu une très bonne année 2019. L’emploi a connu une importante croissance avec +8% d’employeurs (425) et +16,7 % de postes de travail (1.539). Ces chiffres prennent en compte tant le commerce (gros et détail) que la fabrication et on doit bien constater que ces deux pans évoluent de manière totalement différente : stagnation voire baisse dans la fabrication mais forte croissance dans le commerce comme le montre le tableau ci-dessous.

Au niveau financier, nous ne disposons malheureusement pas des chiffres du commerce mais la fabrication a baissé de 26 % son chiffre d’affaires tombant maintenant sous les 100 millions d’euros et de 67 % ses investissements. En effet, la production vient de plus en plus d’Asie qui fournit des vélos de toutes les qualités à des coûts bien inférieurs aux nôtres.

Agri- et Horticulture

Globalement, une bonne année 2019 pour les secteurs agricoles et horticoles : l’emploi est en croissance (+3,6 % d’employeurs, +1,5 % de postes de travail). Le chiffre d’affaires a également connu une hausse importante (+8,8 % à 6,2 milliards d’euros) et ceci dans les 3 domaines (fabrication, entretien & réparation et commerce).

Mais c’est surtout les investissements qui ont explosé de 28,6 % jusqu’à 122 millions d’euros, un niveau jamais atteint par le passé, signe que de profonds changements sont attendus et anticipés.

Génie Civil et manutention

Quant à ce dernier secteur de notre tour d’horizon 2019, les chiffres ont été contrastés : chiffre d’affaires en légère progression : +2 % avec une baisse pour la fabrication d’engins de levage et de manutention (-1,5 %) et pour le commerce de gros de machines-outils (-10,7 %), baisse anticipée l’an passé suite aux excellentes performances de ces dernières années, performances qui n’étaient pas tenables à long terme. Seuls le commerce de gros de machines pour l’extraction, la construction et le génie civil a vu une hausse de son chiffre d’affaires de près de 9 %. Les investissements suivaient la même tendance avec là une baisse globale de 2,6 %. Au niveau de l’emploi, si le nombre d’employeurs a diminué dans tous les secteurs (-2,2 % au total), le nombre de postes de travail a quant à lui augmenté de 2,8 % (et également dans tous les pans).