Dossier Matériels pour l'automobile et outillage

Eclairage : les formations

Lorsqu’elles arrivent sur le marché, les nouvelles technologies doivent être maîtrisées par les acteurs de terrain, qu’ils soient étudiants, enseignants, garagistes ou techniciens dans un centre de contrôle technique. Tous ne sont pas forcément logés à la même enseigne. 

À la base de la pyramide, nous retrouvons les constructeurs automobiles et les fournisseurs spécialisés tels que Bosch, Lumileds, Valeo, Hella ou Osram. Selon Maxime Bajeux, Sales Promotor chez Hella Benelux, pour certaines technologies comme l’éclairage laser ou encore le LED matriciel, « Les marques automobiles achètent la technologie au fournisseur pour en bénéficier exclusivement pendant 3, 5 ou 8 ans par exemple. C’est seulement par après qu’elles arrivent sur le marché de deuxième monte. »
Les fournisseurs proposent des formations pour maîtriser leurs technologies et bénéficier d’une assistance ou d’outils en ligne.

Plus de théorie que de pratique

En Belgique, nous pouvons citer EDUCAM, qui reste à la pointe en proposant pour l’instant une formation théorique d’une demi-journée (4 heures) intitulée « Technologie d’éclairage ». Au terme de la formation, le stagiaire sera capable d'avoir une bonne compréhension des sources d'éclairage, des types de lentilles et de l'application des réflecteurs dans les véhicules modernes ; de connaitre plusieurs systèmes d'éclairage, comme l'éclairage adaptatif de virage, la correction automatique de l'assiette et les fonctions d'éclairage additionnelles ; d'utiliser les connaissances acquises sur les différents systèmes de visibilité dans la pratique.

À l’école

Comme l’indique Christophe Dubon, conseiller aux relations publics de FEBIAC, « La majorité des écoles du secondaire se rend dans des centres de technologie pour pratiquer sur du matériel souvent couteux. » Mais selon Philippe Duez, responsable de celui de Leuze-en-Hainaut, un problème persiste : « Nous sommes équipés de voitures assez récentes mais aucun matériel didactique n’existe actuellement pour travailler sur les feux au laser par exemple. Généralement, les nouvelles technologies sont transposées sur le matériel didactique 5 à 10 ans après leur commercialisation. De plus, l’éclairage laser étant proposé en option sur des voiture très haut de gamme, peu de gens ont les moyens de se le payer. Pour ce qui concerne le LED ou LED matriciel, c’est plus ou moins similaire : nous ne sommes pas encore équipés. Notre public se compose de jeunes de 16 à 18 ans. Notre job est donc de leur apprendre les bases, comme le recommandent les marques automobiles. Ainsi, l’équipement que nous possédons pour l’instant est identique à celui que détiennent les centres de contrôle technique[1]. »

Il ajoute : « Cela n’empêche pas certains enseignants d’évoquer, dans leurs cours l’évolution dans le temps de la technologie d’éclairage ou encore le recyclage[2] de ces composants 

La pratique ? Chez les constructeurs

Dès lors, c’est au sein même des marques automobiles que la formation pratique est la plus poussée. Comme nous l’ont confirmé Pieter De Wit, attaché aux relations publiques chez BMW Group Belgium-Luxembourg et Peter Verroken, Technical Campus Manager chez D’Ieteren Auto, les formateurs se rendent au siège central des marques afin de se former aux nouvelles technologies et partager ensuite leurs connaissances avec tous les techniciens du réseau. Ces formations – payantes – sont ouvertes aux garagistes indépendants et aux techniciens externes, « Uniquement à leur demande » nous précise-t-on.


[1] Avant mars 2018, cfr. pages suivantes, partie consacrée au contrôle technique

[2] Selon Philippe Duez, les enseignants sensibilisent uniquement les élèves en leur indiquant vers quel conteneur les produits usagers doivent être jetés.