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Economie circulaire et pièce de rechange d’occasion, possible oui mais !

Depuis la mise hors service de la première voiture, le recyclage, dans le monde de l’automobile a toujours existé. Or, si dans les années ‘70 ou ‘80, on se débarrassait de sa voiture parce qu’elle était rongée par la rouille ou que le moteur montrait des signes évidents de fatigue, la situation a changé : la qualité actuelle des métaux, de l’usinage, et surtout, des lubrifiants implique qu’une voiture au rebut peut encore offrir nombre de pièces dont la durée de vie demeure respectable.

En France, les garagistes sont obligés de proposer de la pièce d’occasion en alternative à la neuve, mais la mesure a peu de succès, alors que faudrait-il pour que cela fonctionne ?

Nous avons identifié cinq freins que le gouvernement devrait nous aider à lever s’il souhaite développer une telle initiative en Belgique :

La garantie : pièce neuve, pièce d’occasion, la loi de protection du consommateur ne fait pas la différence. Alors pourquoi un garagiste prendrait-il le risque de garantir une pièce d’occasion et risquerait-il de recommencer une réparation alors que la probabilité de défaut
sur une pièce neuve est bien moindre ? De plus, qui dit que le fournisseur pourra trouver une autre pièce d’occasion du même type dans son stock si celle qu’il vous a fournie est défaillante ?

2. La marge : lorsque vous appelez un revendeur de pièces d’occasion pour lui demander un prix, il vous communique celui qu’il désire obtenir : alors en tant que professionnel, comment allez-vous appliquer une marge bénéficiaire ? Elle sera le plus souvent connue du client.

3. Recherche : la logistique dans la distribution des pièces de rechange est extrêmement performante. Commandez avant 16h et vous serez livré le lendemain matin. Or, dans la pièce d’occasion, s’il existe quelques plates-formes en ligne, on est loin de ce professionnalisme. Il faut d’abord trouver ce que l’on cherche, ce qui constitue une perte de temps. Ensuite, il convient idéalement de vérifier l’état de la pièce ; enfin, tous les démolisseurs n’expédient pas et lorsqu’ils le font, ce n’est pas nécessairement gratuit. Ce gap entre l’acquisition d’une pièce neuve et une autre d’occasion doit bien se retrouver dans le poste “main d’oeuvre”, et il faut alors se poser la question : est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

4. Références : ce sont des millions de références qui existent dans la pièce détachée. Dans les pays où la plaque est liée à la voiture, il est plus facile d’identifier le bon numéro de référence car donner le numéro de plaque équivaut à donner le numéro de châssis. En Belgique, ce n’est pas le cas, ce qui multiplie le risque d’erreurs et de retours, coûteux et
improductifs. 

5. Le vol : la manière la plus simple et la moins risquée de faire disparaître une voiture volée est de la vendre en pièces détachées, et le moyen le plus simple de remettre à la route une voiture volée est de se servir d’une épave… il serait donc peut-être temps que leur dernier voyage soit assorti d’une impossibilité administrative de les ré-immatriculer.

Autant de suggestions qu’il est possible de mettre en place pour rendre plus performant un modèle commercial qui aura de plus en plus le vent en poupe à l’avenir.

 

photo: Clker-Free-Vector-Images, Pixabay