Enorme écart entre immatriculations de voitures neuves et d’occasion en 2021, les voitures neuves n’atteignant que 55% du nombre des occasions !

Les nouvelles immatriculations connaissent une baisse vertigineuse par rapport à 2019, tandis que le marché de l’occasion se maintient, voire progresse, notamment pour les motos

04-01-2022

En 2021, 709 605 voitures d’occasion (+7,5 %) ont été immatriculées. C’est pratiquement 81 % de plus que les voitures neuves (-10,1 % par rapport à 2020 et même -29,5 % par rapport à 2019), qui retombent au niveau d’il y a plus de 35 ans (1985-1986, à l’exception de l’année hors du commun 1995). De manière générale, les immatriculations de véhicules neufs sont en recul, tandis que le marché de l’occasion se porte bien. Le mois de décembre a confirmé cette tendance : on note à peine 20 857 nouvelles immatriculations de voitures particulières pour l’année 2021. Cela représente un recul de 31,1 % par rapport à 2020 (30 263 unités) et même de 38,2 % par rapport à 2019 (33 738 unités). En décembre, le marché de l’occasion pour les voitures particulières représentait en revanche pratiquement le double de celui des voitures neuves puisque 53 169 voitures d’occasion ont été immatriculées au cours du mois de décembre. C’est 4,6 % de plus qu’en 2020 (54 619 unités) et un peu moins qu’en 2019 (54 252 unités).

Une tendance similaire a été observée pour les utilitaires légers en décembre : 4698 véhicules neufs (-22,3 %) et quelque 10 353 véhicules d’occasion (+16,0 %). Dans la catégorie des véhicules utilitaires lourds, seuls les tracteurs de +12 t sont dans le vert (+7,1 % par rapport à 2020). Tous les autres segments ont subi un repli des véhicules neufs, et là aussi, le marché de l’occasion a nettement surperformé.

Les ventes de deux-roues ont diminué de moitié en décembre. À peine 604 motos neuves sont sorties des show-rooms, soit une chute libre de -56,6 %, portant le total annuel à un peu plus de 25 000 unités (25 374, -1,8 %). Les motos d’occasion ont de nouveau enregistré de bons résultats en décembre, soit +5,8 % (3318 unités), et culminent à 80 667 unités pour 2021 (+6,6 % par rapport à 2020 et +15,3 % par rapport à 2019).

Filip Rylant, porte-parole de TRAXIO, résume la situation comme suit : « Après l’année 2020 marquée par le coronavirus, 2021 a de nouveau été une année très atypique ; le marché a été complètement perturbé, cette fois en raison de problèmes de livraison de voitures neuves dus à une pénurie de semi-conducteurs. Les immatriculations de voitures neuves ont par conséquent chuté pour atteindre le niveau de 1985-1986 (à part la baisse extraordinaire de 1995) ! Le marché a reculé de 29,5 % en deux ans. L’allongement des délais de livraison a contraint les consommateurs à trouver des solutions de rechange, et nous avons constaté un glissement net vers le marché de l’occasion. Celui-ci a culminé à 709 605 unités en 2021 – un record. L’écart entre le marché du neuf et celui de l’occasion n’a jamais été aussi important et était de près de 81 % l’année dernière. Les immatriculations de voitures neuves n’atteignent que 55% de la masse d’occasions immatriculées ! Cette tension pose peu à peu des problèmes sur le marché de l’occasion puisque l’immatriculation d’un nombre moindre de voitures neuves entraîne un arrivage moindre de voitures sur le marché de l’occasion. La demande étant supérieure à l’offre, les prix augmentent. Mais de bonnes nouvelles nous parviennent également des show-rooms. Les carnets de commandes seraient bien remplis, mais les immatriculations sont restées en deçà de la normale à cause des problèmes de livraison. Plusieurs concessionnaires nous ont confirmé ne pas avoir connu une baisse de 10 % de leurs ventes l’année dernière. Comme ces commandes seront honorées ultérieurement, le marché du neuf va se stabiliser, et nous allons connaître un pic – temporaire – du nombre d’immatriculations de voitures neuves, et l’effet sur le marché de l’occasion se fera aussi ressentir par la suite. Car une augmentation du nombre de livraisons de voitures neuves implique un afflux plus important de voitures d’occasion. L’offre va augmenter, mais la demande (et le prix) va baisser. Il faudra quelques années encore au marché des voitures neuves et d’occasion pour trouver un nouvel équilibre. Ce raisonnement vaut aussi largement pour les véhicules utilitaires légers et lourds. Pour les motos en revanche, nous avons observé une dynamique différente ; les nouvelles immatriculations sont restées relativement stables ces dernières années, et le marché de l’occasion a particulièrement progressé pour atteindre plus de 80 000 unités immatriculées en 2021, soit plus de trois fois le nombre de motos neuves ! »

Immatriculations décembre 2021

Immatriculations cumulées 2021 – année complète

Comparaison de décembre 2021 avec 2020 et 2019

Comparaison des chiffres de l’année 2021 avec 2020 et 2019

(voir ci-dessous pour le détail des chiffres et l’analyse par catégorie)

GRAPHIQUES, DÉTAILS ET ANALYSES

  1. Voitures particulières

Voitures de tourisme neuves

Le mois de décembre confirme également la tendance à la baisse du nombre d’immatriculations de voitures particulières neuves (-31,1 % par rapport à 2020 et même -38,2 % par rapport à 2019).

Si l’on compare les chiffres cumulés de 2021, on constate que l’écart avec les années précédentes ne cesse de se creuser : 392 305 immatriculations en 2021 contre 436 279 en 2020, soit un recul de 10,1 %. Si l’on se réfère à l’ère pré coronavirus en 2019, on constate que le marché des voitures neuves a subi un sérieux revers. En 2021, il s’est vendu 29,5 % de voitures neuves de moins qu’en 2019 – année au cours de laquelle 556 393 voitures neuves avaient été immatriculées. Il faut remonter aux années 1985-1986 pour trouver des chiffres aussi bas pour les immatriculations de voitures neuves.

TRAXIO a interrogé Henri de Hemptinne, président des distributeurs de marque. « Tout au long de l’année, nous avons constaté une forte baisse des immatriculations à cause (principalement) de la pénurie de semi-conducteurs et de l’irrésolution des particuliers quant au choix de la voiture et de la motorisation de celle-ci.

Personnellement, je pense que les résultats du marché privé sont très insatisfaisants, et les marques qui disposent déjà d’une large gamme de modèles électriques ou rechargeables résistent mieux grâce aux avantages fiscaux. Ce sont surtout les marques européennes qui ressentent la pénurie de semi-conducteurs.

On enregistre moins de ventes en soi, mais les carnets de commandes sont tout de même bien remplis. Si les livraisons se passaient normalement, les chiffres du marché (immatriculations) seraient beaucoup plus élevés. »

Par carburant

Pendant ce temps, les voitures hybrides et électriques continuent à gagner lentement du terrain en 2021. Le nombre de véhicules entièrement électriques représente désormais 5,8 % de l’ensemble du marché. La part de marché des véhicules hybrides s’élève à plus d’un quart des nouvelles immatriculations, soit 29,4 % (dont 16,8 % de voitures full hybrid et mild hybrid et 12,64 % d’hybrides rechargeables), de sorte que le nombre total de véhicules électrifiés représente plus d’un tiers de l’ensemble du marché. La part de l’essence diminue encore à 43,0 % et celle du diesel même à 21,0 %. On doit cette situation essentiellement aux voitures de société hybrides qui procurent un ATN (avantage de toute nature) plus avantageux depuis le début de l’année dernière.

Par émissions de CO2

Les voitures à faibles émissions de CO2 (moins de 109 g/km) poursuivent leur progression et passent de 46,4 % en 2020 à 55,0 % en 2021.

Voitures de tourisme d’occasion

Les immatriculations de voitures d’occasion ont clôturé le mois de décembre sur une note positive : 53 619 immatriculations, soit environ 4,6 % au-dessus du niveau de 2020.

En 2021, le marché de l’occasion a connu des fluctuations d’un mois à l’autre. Un total de 709 605 voitures d’occasion a été immatriculé en 2021. Il s’agit d’une hausse de 7,5 % par rapport à 2020 (660 093 unités), et c’est aussi 1,3 % de plus par rapport à la période pré coronavirus en 2019 (700 213 unités). En d’autres termes, le marché des voitures d’occasion a atteint son niveau le plus élevé jamais enregistré.

Immatriculations de voitures d’occasion – décembre 2021

Par carburant

Du côté des voitures d’occasion, nous constatons surtout une diminution du nombre de véhicules diesel au profit des véhicules essence (diesel : 43,6 % versus essence : 51,2 %). La part des autres carburants reste assez limitée, bien que l’hybride ait progressé pour s’établir à 4,0 % – des chiffres tout à fait différents de ceux des immatriculations de voitures neuves, où l’hybride représente désormais près de 30 % des ventes. Les voitures électriques restent relativement rares sur le marché de l’occasion ; elles représentent à peine 0,8 % de l’offre.

Par âge

L’âge médian des voitures d’occasion immatriculées reste pratiquement stable : 7 ans et 4 mois

2. Véhicules utilitaires

Véhicules utilitaires légers neufs

Toujours en décembre, les immatriculations de véhicules utilitaires légers (LCV) neufs sont restées inférieures aux chiffres de l’année dernière pour le septième mois consécutif, soit 4698 unités (-22,3 % par rapport à 2020).

Les chiffres cumulés de cette année (71 721 LCV neufs) dépassent légèrement ceux de 2020 (+0,3 %), mais restent en deçà du niveau de 2019 (-11,9 %).

Filip Rylant de TRAXIO commente : « Les véhicules utilitaires légers ont également connu de gros problèmes de livraison cette année. Chez certains constructeurs, les délais peuvent aller jusqu’à 12 mois ou plus. Il est un fait que les ventes ont été bonnes, mais que les livraisons sont à la traîne. Les voitures vendues figurent quelque part dans les carnets de commandes et seront livrées tôt ou tard au client. Un report n’est assurément pas une annulation. »

Immatriculations LCV neufs – décembre 2021

Véhicules utilitaires légers d’occasion

Les véhicules utilitaires légers (LCV) d’occasion ont clôturé le mois de décembre en beauté avec 10 353 immatriculations, soit quelque 16 % de plus qu’en décembre 2020.

Les chiffres globaux pour l’année 2021 sont aussi relativement dans le vert : +4,7 % avec un total de 107 125 véhicules contre 102 277 en 2020.

Le même scénario s’applique aux LCV d’occasion : la baisse des livraisons de véhicules neufs entraîne une diminution du nombre de véhicules disponibles à la revente. La demande augmente, et l’offre diminue, ce qui fait donc augmenter les prix.

Aussi, la contrainte temporelle est un phénomène qui touche typiquement les LCV. Les indépendants et les services de livraison de colis souhaitent pouvoir changer de véhicule, neuf ou d’occasion, dans les plus brefs délais. Quoi qu’il en soit, un certain nombre d’entreprises et d’indépendants ont opté pour l’achat d’un véhicule utilitaire léger d’occasion plutôt que neuf, ce qui s’explique bien évidemment par l’incertitude ambiante. Un véhicule d’occasion est moins cher, et la durée d’amortissement peut être plus courte. De plus, si le véhicule d’occasion doit être revendu parce que les affaires vont moins bien que prévu, la perte à essuyer est moindre. La disponibilité immédiate entre également en ligne de compte. Qui plus est, certaines entreprises utilisent des camionnettes supplémentaires pour acheminer leur personnel vers les chantiers, puisque le nombre de personnes autorisées à prendre place dans un véhicule a été réduit par mesure sanitaire.

Immatriculations LCV d’occasion – décembre 2021

Véhicules utilitaires lourds neufs

Les véhicules utilitaires lourds neufs (+3,5 t) ont connu une année 2021 particulièrement difficile.

Cumulés sur l’année 2021, les chiffres évoluent assez favorablement par rapport à 2020 (sauf pour les camions de +12 t) – cf. graphique ci-dessous –, mais si on les compare aux chiffres de la même période en 2019, toutes les catégories de camions prennent une veste : -11,9 % pour les camions de 3,5 à 12 t, -22,1 % pour les camions de +12 t et même -32,5 % pour les tracteurs. Le détail des chiffres de 2021 est consultable dans le tableau en haut de ce document.

Le secteur des camions souffre également de la production limitée par la pénurie de puces. Les délais de livraison sont extrêmement longs, pouvant aller jusqu’à plus d’un an. Tout porte à croire que cette situation va perdurer un certain temps. De ce fait, le marché de l’occasion se retrouve aussi sous pression, ce qui pousse les prix à la hausse.

Immatriculations de véhicules utilitaires lourds neufs – cumul 2021

Véhicules utilitaires lourds d’occasion

Pour ce qui est des véhicules utilitaires lourds d’occasion (+3,5 t), on observe des tendances différentes entre les catégories pour le mois de décembre. Les camions entre 3,5 et 12 t (+13,1 %) et les tracteurs – normalement les « tracteurs », au sens figuré, des véhicules utilitaires lourds – affichent un résultat positif (+5,1 %) par rapport à 2020. Les chiffres relatifs aux camions de +12 t sont de nouveau en diminution (-9,2 % par rapport à 2020).

À l’examen des chiffres cumulés pour l’année 2021, on constate que la hiérarchie reste inchangée : +38