Matériels pour l'automobile et outillage

Facom: 100 ans d’expérience dans l’outillage

10-09-2018

Cela ne fait pas l’ombre d’un doute.  Facom est un des fabricants d’outillage les plus renommés au monde.  L’entreprise aux origines françaises peut se retourner sur une riche histoire embrassant exactement un siècle.  Mais plutôt que de se figer sur le passé, Facom regarde résolument vers l’avenir.  D’après Piet Verstraete, sales manager Belux, l’innovation joue un rôle crucial et à plus forte raison sur un marché en changement perpétuel.

Tout a commencé en 1918, à l’issue de la Première Guerre mondiale.  Le jeune ingénieur Louis Mosès s’attendait à l’intensification de l’industrialisation et aux besoins en outillages en découlant.  C’est ainsi qu’il eut l’idée de créer Facom (Franco-américaine de construction d'outillage mécanique) établie dans un modeste atelier à Paris.

A cette époque, la construction du réseau ferroviaire était prioritaire.  Aussi, le premier produit de Facom fut axé sur ce secteur.  Ce premier outillage était la clé réglable ‘101’ à usage général et baptisée du surnom ‘Madame 101’.  Sa production demeura quasiment inchangée pendant 50 ans.  Finalement, la fameuse clé fut retirée de la vaste gamme d’outillages dans les années soixante.  Le marché de l’outillage avait complétement changé et l’accent reposait davantage sur le secteur automobile et se composait de nouveaux outils tels que les clés plates, les clés à douille et les clés dynamométriques, sans oublier les clés à cliquet, qui ont vu le jour dans les années quarante.

Piet Verstraete, sales manager Belux, a 27 ans de service chez Facom et a vu de profonds changements s’opérer sur le marché de l’outillage. « Jusqu’à il y a une quinzaine d’années, l’automobile assurait 50 % de notre chiffre d’affaires.  A l’heure actuelle, ce n’est plus que 18 %.  Il y a diverses explications à cela.  Le nombre de garages est en chute.  Les voitures modernes nécessitent par ailleurs moins d’entretien. Le nombre de pannes mécaniques diminue tandis que la part de l’électronique augmente.  Bref, il y a moins besoin de grandes réparations mécaniques.  C’est pourquoi le secteur industriel, notamment les entreprises de construction, sont plus importantes que jamais et représentent 56 % de notre chiffre d’affaires.  Dans ce secteur, le développement de l’aéronautique, la navigation spatiale et les activités off-shore ne doivent pas être sous-estimés.  Pour être complet, j’ajouterais que le secteur du bricolage génère 2 % et que le commerce spécialisé compte encore pour 24 %.  En règle générale, je puis affirmer qu’il y a un besoin croissant en outillage spécialisé, y compris dans le secteur automobile. » 

Internationalisation 

Facom est d’abord devenu un concept en France, puis dans toute l’Europe et enfin en Asie, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.  Près de 70 % de la production est européenne.  Malgré son ancrage européen, son succès et sa notoriété, rien n’empêche Facom de suivre la tendance généralisée à l’internationalisation.  Ainsi, la société a été rachetée par l’entreprise américaine Stanley Works en 2006 et cette dernière a fusionné avec Black & Decker en 2010.  Le groupe Stanley Black & Decker représente plus de 40 marques dans le monde.  En Europe, hormis Facom, d’autres marques comme Stanley, DeWalt, Black & Decker, Irwin, Lenox et Bostitch sont les plus connues.  Nous avons demandé à Piet Verstraete s’il n’était pas difficile pour Facom de préserver sa propre identité dans ce vaste paysage. 

« Chaque marque a son identité et y veille jalousement.  En fait, elles se complètent plutôt qu’elles ne se concurrencent.  Certaines sont fortes dans des régions particulières ou ont des produits spécialisés, voire, s’adressent à certains groupes-cibles.  En ce qui concerne la Belgique, nous constatons que chaque marque vendue chez nous dispose de son propre responsable des ventes au sein du groupe.  Chacun d’entre eux connait ses produits et surtout le groupe-cible auquel ils s’adressent.  Ces groupes-cibles s’accompagnent de canaux de vente spécifiques.  On trouve plutôt l’outillage Stanley dans des magasins de bricolage, tandis que Facom s’adresse principalement aux professionnels.  De même, nos produits sont davantage présents dans les magasins spécialisés qui vendent directement à l’utilisateur final.  Facom est par ailleurs une marque haut de gamme.  Nous ne sommes pas les moins chers du marché, mais sommes fiers de la qualité qui fait partie de la philosophie de Facom.  Ainsi, 80 % de nos produits bénéficient d’une garantie à vie.  Les servantes d’atelier bénéficient de cinq ans de garantie, les clés dynamométriques de trois ans et le matériel pneumatique de deux ans.  Les clients professionnels soucieux de dépenser moins trouveront cependant leur bonheur dans notre marque B dénommée ‘Expert by Facom’, laquelle compte plus de 2.400 références. » 

A l’écoute du client 

D’après Piet Verstraete, le client associe Facom à toute une série d’attentes. « Le client veut par exemple être livré à temps.  De plus, il veut en avoir pour son argent et cela va au-delà de la qualité et de la garantie qui y est associée.  Le client apprécie que nous réfléchissions avec lui.  Ainsi, nous proposons des solutions sur mesure car, plus que jamais, l’accent repose non seulement sur l’outillage, mais aussi sur l’anticipation d’une solution totale.  L’accent se porte de plus en plus sur l’aménagement de l’atelier, la gestion des outillages, bref sur un concept qui offre efficacité et sécurité.  Tout à fait notre créneau, car nous regardons vers l’avenir, les besoins changeants et les nouveaux défis auxquels sont confrontés nos clients.  Il est important que Facom pense en permanence à innover.  Les formations que nous proposons pour familiariser le client final avec les nouveaux outillages ou applications forment un atout non négligeable.  Un outillage prend toute sa valeur lorsque l’utilisateur en connaît exactement les possibilités.  Le caractère innovant de Facom découle en grande partie de ce que nous disent nos clients à propos de leurs besoins et attentes. » 

Innover 

Il est clair que Facom s’inscrit dans la tradition de l’innovation.  Pensons par exemple au développement de la clé à cliquet.  Elle a évolué.  Les premiers exemplaires s’utilisaient en effectuant des allers retours avec la poignée, ce qui n’était pas toujours évident dans certains endroits difficiles d’accès.  C’est ce qui a incité Facom à mettre au point une clé à cliquet qui fonctionne par rotation de la poignée.

Facom compte de nombreux clients spécialisés dans le travail en hauteur.  Pensons aux entreprises de construction dans l’industrie, le bâtiment et l’off-shore.  Pour gagner du temps et assurer la sécurité du monteur, il est important qu’il ait tout l’outillage sous la main sans risquer que les outils tombent.  C’est pourquoi Facom a mis au point le système du ‘Safety Lock’.  Le monteur peut fixer l’outillage sur lui moyennant un système d’anneaux.  Le monteur garde les mains libres sans devoir constamment descendre de son poste de travail pour aller chercher tel ou tel outil.  Pas plus qu’il ne doit craindre de voir tomber ses outils, ce qui est bénéfique à sa sécurité et sa tranquillité d’esprit.

Facom s’inspire également de l’aéronautique et de la navigation spatiale.  Dans ces domaines, il est important que les outillages soient facilement traçables.  Un besoin qui se fait de plus en plus sentir dans d’autres secteurs industriels et dans les entreprises de garage.  Ainsi Facom a développé le ‘Detection Bag’.  En substance, il s’agit d’une sacoche à outils pouvant, au choix, être portée ou tirée. A première vue, elle ressemble à une valise au format d’un bagage à main, mais qui contient son lot de haute technologie RFID (Radio Frequency Identification).  Ce sac contient un système d’enregistrement qui conserve l’inventaire de tout le matériel qu’il permet d’emporter. De fait, les outils sont tous dotés d’un émetteur intégré et le système d’enregistrement du sac peut à tout moment vérifier qu’ils y sont effectivement bien présents.  De plus, l’émetteur permet de tracer l’outillage.  En outre, tous les outils sont pourvus d’un manche fluorescent qui, grâce à une lampe UV, devient visible dans la pénombre jusqu’à une distance de trois mètres.  Chez Facom, on pense qu’à l’avenir l’utilisation du RFID se généralisera dans tout l’atelier.

Pour ceux qui ne souhaitent pas encore investir dans le RFID, Facom a imaginé des systèmes plus simples pour faciliter la gestion des outils et éviter de les perdre.  Ainsi, Facom propose des caisses à outils et tiroirs pour servante d’atelier où les échancrures des outils sont rouges et contrastent avec le noir environnant.  Il suffit d’un clin d’œil pour constater s’il en manque un.  

Formations 

Pour se familiariser avec la large gamme d’outils qu’elle propose, Facom a imaginé trois niveaux de formation.  Premièrement les formations aux produits qui ont généralement lieu au centre de formation de Tessenderlo.  Les formations s’adressent aux utilisateurs finals et aux distributeurs de Facom.  Ces derniers doivent effectivement rester à la page des derniers développements de la marque.  En même temps, un package appelé ‘Facom Basics’ s’adresse en premier lieu aux nouvelles recrues des distributeurs Facom.  Les participants s’y familiarisent avec Facom et ses produits.  Il existe également des formations spécifiques pour le secteur automobile et l’industrie.

Hormis les formations prodiguées à Tessenderlo, Facom dispose d’une flotte de cinq voitures de démonstration.  Elle a subdivisé la Belgique en cinq régions dont chacune a droit à un véhicule de démonstration qui se rend chez les distributeurs, mais aussi chez les utilisateurs finals pour les informer des applications récentes ou de l’existence d’outillages spécifiques.

Last but not least, l’E-learning’. Sur le site https://go.bluevolt.com/sbd se trouve l’aperçu des cours en ligne disponibles en français, en néerlandais et en anglais.

Piet Verstraete conclut en ajoutant que Facom ne ménage pas ses efforts pour mettre les élèves des écoles techniques en présence des outillages existants. « C’est essentiel, car les jeunes sont l’avenir de nos secteurs et forment un public très important à nos yeux.  Ce sont ces jeunes qui assureront notre pérennité ! »  

En bref 

Date de création : 1918

Activité : production d’outillages

Coordonnées du siège : Morangis, France

Nombre d’etablissements : 4 industriels

Effectif du personnel : 374

Chiffre d’affaires : 153 millions euros (2016)