Deux-roues Mobilité

Fietsen Gaethofs: “L’e-bike a converti l’effort en détente”

02-05-2019

Fietsen Gaethofs. Un concept à Herk-de-Stad et ses environs.  Il ne peut d’ailleurs en être autrement car pour la plupart des gens, l’établissement a ‘toujours’ existé.  C’est le grand-père Gaethofs qui a ouvert le magasin en 1965, les parents d’Inez ont repris l’affaire en 1982 et à, l’heure actuelle, la troisième génération est à la barre.

« C’était une autre époque lorsque l’affaire a démarré jadis », raconte Inez Gaethofs.  Il était à peine question d’un magasin de vélos.  Grand-père était plutôt un forgeron.  Il réparait et vendait bien des vélos, mais aussi des motos, des tondeuses et il avait également sa ‘tournée de gaz’…  Il était impossible de vivre de vélos uniquement à l’époque.  Il a fallu attendre 1982 pour voir la nouvelle génération reprendre le fil de l’histoire.  « Depuis les 15 dernières années tout tourne autour du vélo.  Et les choses s’accélèrent.  Les tendances se suivent à une vitesse folle et en tant que produit le ‘vélo’ devient toujours plus complexe. »

Gaethofs est restée une entreprise familiale.  Inez est chargée de l’administration, du marketing et du B2B, son frère Niels est responsable de l’atelier et des réparations.  Maman assure la comptabilité et papa veille sur l’ensemble.  « Cette mixité d’âge, d’expérience et de vision fait que nous nous complétons parfaitement et que nous arrondissons d’office les angles. »

Tout le monde fait du vélo !

Mais les choses ont beaucoup changé dans la branche du cycle.  Le vélo a revêtu une toute autre signification.  « Auparavant on recevait un vélo d’adulte à sa communion solennelle et c’était ‘un vélo pour la vie’.  Aujourd’hui non seulement on circule beaucoup plus à vélo mais tout le monde en fait !  L’arrivée de l’e-bike explique bien entendu ce phénomène.  Il a donné le goût du vélo à tout un chacun.  L’e-bike a transformé l’effort en détente. »

Et pour un hobby on est prêt à dépenser.  Ce qui fait qu’actuellement les gens sont disposés à racheter plus rapidement un nouveau vélo et à y consacrer plus de moyens.  « Les gens jettent un tout autre regard sur le vélo.  Ils le choisissent aussi davantage en fonction de la phase de la vie dans laquelle ils se trouvent.  Si elle change, ils passent à un autre type de vélo.  Il suffit de regarder autour de soi. »

Les premiers vélos électriques attiraient un public plus âgé, un peu gêné mais ravi de cette aide au pédalage.  Entre-temps personne ne se soucie plus que la batterie soit visible et le groupe-cible ne fait que rajeunir.  Des mamans avec de jeunes enfants achètent un vélo cargo (électrique) pour conduire leurs enfants à l’école.  Des couples dont les enfants ont quitté la maison s’offrent un nouveau vélo électrique luxueux.  Et les aventuriers se laissent tenter par un VTT (électrique).  Les écoliers changent plus fréquemment de modèle et une fois mûrs pour l’école secondaire, ils envisagent même parfois d’acheter un vélo électrique (meilleur marché).

Accros au vélo

« A l’heure actuelle la proportion vélo récréatif/vélo domicile-travail est encore de 80-20 %, mais la deuxième composante gagne sans cesse en importance.  Elle réalise une véritable manœuvre de rattrapage.  La demande de speed pedelecs n’a jamais été aussi forte, surtout lorsque l’entreprise intervient.  Pour nous c’est un nouveau marché qui a vu le jour au départ de besoins nouveaux.  Nous ne pouvons que nous en réjouir. »

Même si cela demande de la créativité et de la capacité d’adaptation.  Car précisément ce nouveau groupe-cible affiche des attentes précises et différentes.  Leur vélo devient leur nouvel outil domicile-travail et doit par conséquent être fiable à 100 %.  D’où leurs exigences renforcées en matière d’autonomie, de service, d’assistance, un vélo de remplacement etc.  Compréhensible car ils avalent des kilomètres.  Et tout comme ils étaient accros à la voiture, ils sont devenus accros à leur vélo.  En effet ils ne perdent plus de temps dans les bouchons, dépensent moins, ne consomment plus de carburant et font d’une pierre deux coups en réalisant leur part quotidienne d’exercice physique pendant leur journée de travail.

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‘Magasin du cycle flamand de l’Année’

« L’évolution n’est peut-être pas encore vertigineuse dans le Limbourg mais ce qui se joue dans les centres urbains débarque petit à petit en province.  C’est inéluctable, nous perdons tous du temps dans les bouchons, donc il faut que les choses bougent.  De nombreuses entreprises sont aujourd’hui demandeuses et proposent des alternatives à leurs travailleurs.  Et c’est là que nous essayons de nous rendre utiles. »

Grâce à des formules de leasing, un paquet incluant le vélo, l’entretien et l’assurance, une collaboration étroite avec les sociétés de leasing etc.  « Nous voulons ‘décharger’ le client, d’où les services mobiles que nous lancerons cet été.  Nous avons fait l’acquisition d’un ‘atelier roulant’ qui nous permet aussi bien de faire des livraisons que dépanner les gens sur place ou apporter un vélo de remplacement.  Nous voulons apporter une solution dans les plus brefs délais. »

Tous ces efforts ont permis à Fietsen Gaethofs de faire son beurre.  Au début de cette année, l’entreprise a par ailleurs été distinguée par le prix du ‘Magasin du cycle flamand de l’Année’, une distinction décernée par VakMediaNet, éditeur du magazine ‘Tweewieler’.  Fietsen Gaethofs avait également remporté le ‘BeBike Award 2018’ et ne manque pas d’ambition.  Ainsi ils comptent ouvrir un deuxième établissement spécialisé.  Mais pour l’instant, la famille Gaethofs n’a pas voulu lever d’avantage le voile…

Leasing : la formule par excellence

Bien sûr chez Gaethofs ils ne détiennent pas la légendaire boule de cristal mais ils s’attendent à ce que l’évolution s’accélère dans le secteur, que les gens changent encore plus souvent de vélo en fonction des besoins changeant rapidement chez tout un chacun.  Dans ce sens le leasing devrait devenir la formule d’avenir par excellence.  « Pour nous il s’agira de rester à la page ou plutôt, de continuer d’être des précurseurs.  Seuls les professionnels survivront et les affaires comme la nôtre croîtront ».

Mais chez les Gaethofs on est moins élogieux à propos du gouvernement.  « Nous avons beau être le troisième pays du vélo après le Danemark et les Pays-Bas, nous sommes bien mal lotis en termes d’infrastructure.  Elle est honteuse et dangereuse.   Il faudrait aussi une meilleure communication à propos du Code de la route afin que chaque usager de la route trouve sa place sur la voie publique.  Il faut en outre améliorer sensiblement les parkings pour entreposer en toute sécurité les vélos (d’un certain prix). »

Enfin nous devons tous faire notre mea culpa quand nous sommes prisonniers des énièmes bouchons.  « Parce que nous avalons 100 km à vélo en week-end mais prenons encore tous la voiture pour aller chez le boulanger. »

 

Photos Benjamin Brolet