Dossier Mobilité

Formation & emploi: un coup de pouce à l’image du technicien

10-05-2019

Les garages, les carrossiers et les carrossiers-constructeurs sont confrontés au même problème : la difficulté de trouver du personnel ayant suivi une formation technique. Les métiers de technicien et de métallurgiste souffrent d’un problème d’image. À tort, selon les acteurs de l’enseignement technique.

Dans les métiers techniques du secteur automobile, il convient de faire la distinction entre les métallurgistes, qui sont principalement demandés dans les entreprises de construction, les carrossiers et les techniciens, qui nécessitent des compétences spéciales. En revanche, ces métiers ont en commun d’être en pénurie. Aujourd’hui, on trouve toujours des personnes compétentes dans les entreprises, mais qui sont souvent âgées de 40 à 50 ans. Comment pourront-elles être remplacées si elles partent à la pension dans 10 ans ? 

Les mains sales 

Mais qu’en est-il des techniciens ? Pol Toye, responsable formation « automotive management » chez Vives, à Courtrai, pointe le problème d’image : « Le métier de technicien, peu importe qu’il travaille sur des voitures, des camions ou des machines agricoles, est méconnu. Pour beaucoup de personnes, une formation technique a moins de valeur qu’une formation générale. À tort. Le métier de technicien reste associé aux fameuses « mains sales », aussi à tort. Les véhicules qui arrivent aujourd’hui dans l’atelier sont à la pointe de la technologie, ce qui rend le métier d’autant plus intéressant. Il est crucial de poser un bon diagnostic et, aujourd’hui, les moyens pour y parvenir sont totalement différents d’il y a 20 ans. »

Cette technologie va continuer à progresser avec l’arrivée de plus en plus de véhicules électriques et hybrides. Dans les entreprises de réparation aussi, la technologie poursuit sa marche en avant, avec de nouvelles techniques de suture, comme le collage et les rivets. De même, on utilise de nouveaux matériaux, comme l’aluminium, le charbon et d’autres matières plastiques. Ce qui exige de nouvelles techniques de réparation et augmente la complexité du métier de technicien et de carrossier.

Changer de formation 

À tous égards, l’enseignement fait de son mieux pour faciliter l’afflux d’élèves dans la formation de métiers orientés dans la technique. Sur le Campus De Nayer de Wavre-Sainte-Catherine, près de Malines, une des formations proposées est celle de bachelier en technologie automobile. Chaque année, entre 100 et 120 élèves s’y inscrivent. Tous ont réussi leurs humanités, mais c’est pratiquement leur seul point commun. Wouter Lutin, responsable formation, nous donne quelques explications : « Les élèves qui s’inscrivent sont bien entendu intéressés par le secteur automobile et veulent y faire carrière. De même, ils ont réussi leurs humanités, mais leur formation antérieure peut être très diverse. Certains ont suivi l’enseignement général, d’autres le technique ou le professionnel. La première année de la formation en « technologie automobile », nous veillons à former des groupes mixtes, présentant une variété de formations de base donc. Les uns peuvent approfondir certaines matières, les autres peuvent suivre, en quelque sorte. Dans l’intervalle, on prévoit également des évaluations pour que les étudiants sachent où ils se situent. Puisque les groupes sont mixtes, ils peuvent apprendre énormément l’un de l’autre et se tirer vers le haut. Chez Vives, à Courtrai, les formations de bachelier sont également suivies par des élèves qui ont eu différents types d’enseignement.