Mobilité

Juma: Les acheteurs de demain sont prêts pour la voiture électrique autonome

05-03-2018

Tout amateur de course automobile belge connaît le nom Juma, le team qui s’était montré doué dans les années ’80 et ’90, notamment aux 24 heures de Spa Francorchamps.  L’on retrouve désormais ce nom dans deux concessions, à Malines et Louvain.  Nous avons fait le détour par la première pour faire connaissance.

Le nom Juma vient de la contraction de Julien Mampaey qui, avec son épouse Chris Van der Auwera, était l’âme de l’équipe de course des années ’80 tout en exploitant déjà une concession BMW à Anvers.  “Mes beaux-parents ont quitté Anvers pour Malines en 1986 parce qu’il y avait déjà trop de garages BMW à Anvers et qu’une place se libérait à Malines”, explique le directeur actuel de la concession, Gunter Van Lent.  “Ils ont construit une nouvelle concession dans le zoning industriel de Malines-Sud.  Ce qui signifiait repartir à zéro et se refaire une clientèle, car dans cette région personne ne connaissait Juma bien sûr.” 

Gunter a rejoint l’équipe en 1996, après son mariage avec Pascale Mampaey, la fille de Chris et Julien. “J’ai commencé à la réception, ensuite je me suis occupé d’après-vente, de vente et j’ai aussi travaillé dans la carrosserie… je suis passé par tous les échelons”, s’esclaffe-t-il. “Pour moi, tout était nouveau car je n’avais aucune expérience de l’automobile.  Ensuite j’ai suivi la formation de la FEBIAC “Advanced Automotive Management” et, sous l’œil bienveillant de ma belle-mère, j’ai entamé mon ascension dans l’entreprise.  En 2010, je suis devenu le concessionnaire officiel, avec mon épouse, responsable de l’après-vente.  Nous vendons quelque 1.800 BMW par an, 150 Mini et 250 occasions.” 

Fleet Cell

Au fil du temps, Gunter a observé de grands changements autour de lui, explique-t-il.  Les clients devenaient soudain incroyablement bien informés, on assistait à l’arrivée de nouvelles technologies de propulsion et le législateur changeait régulièrement son fusil d’épaule en matière de fiscalité automobile. “Les émissions de CO2, l’avantage de toute nature, les règles fiscales… forment, si j’ose dire, une « donnée dynamique ».  Les deux-tiers de nos clients viennent du fleet, c’est pourquoi nous voulons suivre ces thèmes à la lettre et les informer en permanence.  Pour concrétiser ces objectifs, nous venons d’ailleurs de créer une “cellule fleet” composée de trois personnes dont un Business Developer. L’équipe Fleet s’occupe de prospection et des contacts de ce marché, pas seulement dans les PME mais aussi dans les grandes entreprises.” 

Quant à l’arrêt de mort du moteur diesel, il est prématuré aux yeux de Gunter Van Lent.  “Certes, la part des moteurs à essence est en hausse, mais j’attends toujours la grande révolution vous savez.  D’après moi, cela dépend surtout du profil de l’automobiliste.  A-t-il l’opportunité fréquente de recharger sa voiture ?  Alors cela vaut la peine d’envisager l’achat d’un hybride plug-in.  Vous profiterez effectivement d’une moindre consommation et d’un régime fiscal favorable.  Vous parcourez régulièrement de longues distances ?  Alors les modèles essence sont faits pour vous.  Mais dès que vous dépassez les 25.000 km par an, le diesel reste, encore et toujours, le meilleur choix.” 

Malgré toute l’attention médiatique, le marché de la voiture électrique demeure confidentiel, affirme Gunter.  “Il est appelé à croître, j’en suis convaincu, mais cela prendra du temps.  Il faut développer l’infrastructure et l’autonomie reste un défi.  Cela va venir, mais l’impact réel ne se fera sentir que d’ici cinq ans, je pense.  Pareil pour la conduite autonome.  La technologie existe, mais les clients ne sont pas encore dans l’état d’esprit requis. Lâcher le volant et lire son journal exige du conducteur qu’il saute un pas.  Ce qui est certain, c’est que les jeunes – les acheteurs de demain – y sont plus réceptifs.” 

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Passer des CV au crible

Quant aux années à venir, le défi sera de (continuer) de trouver du bon personnel, estime Gunter Van Lent. “Heureusement BMW Belux prend des initiatives en la matière, ils collaborent avec des écoles, recrutent lors de salons, ils opèrent souvent une première sélection de CV pour nous… mais trouver les bons profils reste difficile.   Pour le reste, j’espère que nous pourrons réaliser les mêmes résultats qu’au cours des années précédentes.  Nous sommes très satisfaits de la croissance de notre chiffre d’affaire, et tout aussi important, de notre rendement.  La succession ?  J’ai deux fils. L’aîné suit la formation de technique automobile à la Haute Ecole KHL de Louvain.  Le plus jeune a 18 ans et ne sait pas encore ce qu’il veut faire.  Mais je ne les pousse pas, ils doivent faire ce qu’ils aiment.  Et savoir faire preuve de patience.  J’espère poursuivre mes activités encore longtemps parce que c’est ce qui me rend vraiment heureux (rires).” 

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“Une concession c’est un peu comme le mariage”

Certains garagistes n’ont pas peur de se plaindre des quotas que leur imposent les constructeurs et de la sévérité des critères, par exemple, pour l’aménagement du showroom.  Bien que BMW soit connu comme étant un constructeur plutôt « compétitif », Gunter Van Lent ne mange pas de ce pain-là.  “Mon Dieu oui, nous ressentons cette pression, mais BMW a démontré qu’ils savent ce qu’ils font.  Les rapports entre importateur et concessionnaire sont un peu comme le mariage : quand il y a des problèmes, soit on divorce soit on y remédie ensemble.  J’ai en tout cas toujours eu l’impression qu’il y avait moyen de se parler lorsque nos points de vue divergeaient.  Et que nous cherchions ensemble une solution.  Et oui, les quotas sont bel et bien là, mais jusqu’à présent nous avons toujours réussi à les concrétiser ensemble.  BMW nous soutient par tous les moyens.  Quant aux critères d’aménagement etc. j’estime personnellement qu’il subsiste une certaine liberté d’entreprise individuelle, dans un cadre donné.  Ces critères imposés ne sont d’ailleurs pas l’apanage des entreprises de garage.  On les retrouve dans d’autres secteurs également.” 

 

En bref

Date de création : 1986 (concession de Malines)

Secteur/Activité : entreprise de garage

Coordonnées du siège : Kruisbaan 125, 2800 Mechelen

Nombre d’établissements : 2

Effectif du personnel : 100

Chiffre d’affaires : 75 millions d’euros 

 

Photos Thierry Dricot