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L’enseignement a-t-il encore un avenir dans notre secteur ?

10-05-2019

Ces dernières années TRAXIO et les organismes de coordination de l’enseignement ont évoqué à maintes reprises les orientations d’étude dans le secteur de la mobilité. 

Car les problèmes sont réels : seul un élève sur dix arrivé en fin d’humanités a suffisamment de connaissances fondamentales en électricité automobile ou a eu réellement l’occasion de pratiquer avec un pistolet et de la vraie peinture sur une pièce de carrosserie.  L’enseignement traditionnel ne produit plus de collaborateurs compétents pour nos entreprises.

Mesurer c’est savoir et c’est pourquoi, depuis des années, TRAXIO observe, avec EDUCAM, l’évolution des compétences professionnelles que les élèves doivent avoir acquises à l’issue de leur cycle de formation.  Le concours annuel du « Porte-clés d’Or » réunit les meilleurs élèves en dernière année de l’enseignement technique et professionnel.  Une des épreuves vise à tester la compréhension et le raisonnement logique moyennant une série de questions sur un circuit électrique. Cette épreuve nous montre que même les meilleurs élèves la trouvent difficile.

Autre indicateur, les épreuves sectorielles annuelles d’EDUCAM.  Y participe généralement toute la classe et le groupe-cible est donc beaucoup plus vaste que celui du Porte-clés d’Or.  Une fois encore les résultats de l’épreuve d’électricité fondamentale en disent long : chaque année, seuls 10 % des élèves de l’enseignement technique et professionnel réussissent cette épreuve. Les élèves témoignent d’ailleurs souvent n’avoir que peu d’expérience pratique dans cette matière.

Pour finir encore cette remarque : depuis des années EDUCAM organise avec succès de nombreuses remises à niveau des enseignants.  Un groupe de professeurs fidèles et motivés participe à chaque fois, … pourtant ils ne représentent qu’un quart des enseignants de matières automobiles.  Ces formations sont-elles donc superflues pour leurs collègues ?

Une fois le diagnostic posé, la réparation peut commencer.  Des entretiens que TRAXIO a eus avec les différents échelons décisionnels (pouvoirs organisateurs des réseaux scolaires, organismes de coordination de l’enseignement, ministères, cabinets et ministres) montrent que tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde.  Au sein de l’enseignement traditionnel (généralement à temps plein) l’on part de programmes d’enseignement susceptibles de préparer suffisamment les élèves à une entrée réussie dans le métier.  A cela près qu’il ne semble pas possible d’enseigner les compétences fondamentales requises dans le temps imparti.  Il faut davantage de temps et surtout plus de pratique pour pouvoir apprendre par l’exercice.  Ne vaudrait-il pas mieux allonger le trajet d’apprentissage d’un an afin de produire plus d’élèves mieux qualifiés pour affronter le marché du travail ?

EDUCAM lance cette année scolaire un nouveau projet : les écoles peuvent conclure une convention volontaire bilatérale en vertu de laquelle on analyse la demande et les besoins de l’école.  L’étape suivante consiste à planifier le recyclage des enseignants, convenir de paquets d’enseignement spécifiques pour les élèves, fournir du matériel didactique et, en guise de conclusion, à organiser des épreuves sectorielles sanctionnées par la remise du certificat d’EDUCAM.  Autant d’ingrédients pour aboutir à une success story !

Et vous, quelle est votre expérience des jeunes diplômés que vous avez embauchés ?


Pieter VAN BASTELAERE
@pvanbastelaere

 

Photo: Thierry Dricot