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L’impact du Brexit sur nos secteurs

02-09-2021

Réalité depuis le 1ier janvier 2021, le Brexit a suscité auprès de tous les secteurs économiques plus de peurs que d’espoir. Après plusieurs mois de pratique, il nous semblait intéressant de vous interroger, vous nos membres qui êtes confrontés au quotidien aux conséquences du Brexit, de voir à quelles difficultés vous êtes confrontés et de pouvoir – si possible – y répondre par une aide et une défense appropriée.

Nous avons donc conduit en mai dernier une étude online auprès de l’ensemble des membres destinée à évaluer quelle est l’ampleur des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans leur import de - et export vers – le Royaume-Uni (R.U.).

L’enquête a été initialement remplie par 287 membres de différents secteurs (principalement les garages et vendeurs indépendants (souvent spécialisés dans les véhicules anglais), les garages de marque ainsi que les carrossiers.

Environ 4 membres sur 10 (36 %) ont eu des activités d’achat, de vente ou de location en relation avec le Royaume-Uni en 2020 et 2021. Ce sont plus les activités d’achat qui sont représentées avec une moyenne de 25 % des achats provenant du R.U. contre 9 % des ventes. Les activités de location sont anecdotiques avec un seul membre qui mentionne y avoir fait appel.

Nous allons maintenant donner la mesure de l’impact du Brexit sur une série de sujets divers. A noter que seules les entreprises qui ont eu des relations avec le Royaume-Uni ont pu donner leur avis.

Un accord limité de libre échange

Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni ne bénéficie plus du principe de libre circulation des marchandises. Les formalités douanières entre l’UE et le Royaume-Uni sont donc à nouveau d’application. 

Mais un accord de commerce et de coopération conclu le 24 décembre 2020 prévoit une zone de libre-échange caractérisée par l'absence de tarifs et de contingents sur l'ensemble des marchandises qui sont :

  • soit entièrement obtenues au Royaume-Uni ou dans l’Union européenne et considérées comme originaires lorsque exportées vers l’autre partie :

Par exemple, les pièces intégralement produites au Royaume-Uni ne seront pas soumises au paiement des droits d’importation. 

  • soit y font l'objet d'une ouvraison ou d'une transformation suffisantes :

Par exemple, une moto produite aux Etats-Unis, achetée à un concessionnaire anglais, ne peut être considérée comme originaire du Royaume-Uni, même si ce concessionnaire l’a immatriculée comme moto de démonstration avant le Brexit. La mise en libre pratique des marchandises d'origine Etats-Unis au Royaume-Uni (c'est-à-dire le paiement des droits d'importation et de tout droit supplémentaire à l'importation) n'entraîne pas de changement d'origine. Les motos restent d’origine Etats-Unis.

En ce qui concerne la réglementation TVA, ce changement de statut engendre principalement des conséquences pour les marchandises : les achats sont devenus des importations et les ventes des exportations.  Pour les services dans un environnement B2B, les répercussions sont limitées puisque les prestations restent en principe localisées au siège du preneur de service.    

Impact général

Pour 7 membres sur 10 (69 %), les relations avec le Royaume-Uni sont devenues plus difficiles. Ces relations difficiles impactent ainsi tant le chiffre d’affaires que la profitabilité des entreprises.

 Au niveau du chiffres d’affaires, si près d’un membre sur deux (45 %) n’a pas connu de diminution, le même nombre a lui vu une baisse du chiffre d’affaires et pour 16 % des membres, une réelle chute de plus de 25 %. Sur la profitabilité, la baisse est plus marquée car 6 membres sur 10 (59 %) reconnaissent moins de profit. Cependant, la baisse des profits semble moins importante puisque 10 % reconnaissent une baisse de plus de 25 % contre 31 % entre 0 % et -10 %.

impact Brexit FR

Impact sur les achats venant du Royaume-Uni

Dans les pièces et le matériel provenant du Royaume-Uni, les membres ont mentionné les 3 problèmes suivants comme étant les plus importants :

-        Les délais de livraison pour 85 % des membres;

-        Les taxes et droits de douane alourdissant la facture également pour 85 % des membres et

-        Les procédures de douane pour 78 % des membres.

Pour les délais de livraison, 35 % annoncent des délais rallongés de 4 à 10 jours et, plus grave encore, 40 % des membres mentionnent même des délais de livraison additionnels de plus de 11 jours par rapport à une situation normale. Même si il faut probablement nuancer ces réponses de par le fait de la situation épidémique en Europe ainsi que plusieurs soucis logistiques (blocage du Canal de Suez, disponibilité de containers), cette explosion des délais de livraison ne peut que mettre nos membres et leurs clients en difficulté.

Les taxes et droits de douane sont également un point d’attention majeur car plus de 50 % remarquent une augmentation de plus de 10 %, ce qui soit augmente les prix pour les clients soit rogne la marge de nos membres.

Il semble également que les procédures de douane semblent appliquées pour l’instant de manière stricte et avec beaucoup de zèle, ce qui crée probablement aussi des retards de livraison.

Ces soucis importants ont mené 3 membres sur 4 (75 %) à rechercher des alternatives quand leur fournisseur ne leur en trouvaient pas un eux-mêmes. Cette recherche n’a malheureusement pas pu aller vers un mieux, 2 membres sur 3 avouant en effet une perte de profitabilité même avec des alternatives.

Les autres problèmes rencontrés touchaient aux prix des pièces en elles-mêmes (hors taxes), la disponibilité des pièces ainsi que les lourdeurs administratives en dehors des procédures de douane.

Impact sur les ventes vers le Royaume-Uni

Comme nous l’avions dit plus haut, ces activités de vente vers le Royaume-Uni sont bien moins représentées que celles d’achat: 1/5ème des membres qui ont des contacts commerciaux avec le Royaume-Uni ont ainsi vendu leur production ou leurs pièces dans ce pays. Et en moyenne ces ventes représentent 9 % de leur chiffre d’affaires.

Sans surprise, ce sont les mêmes éléments qui reviennent dans les évaluations des membres : les taxes et droits de douane pour 90 % des membres ayant vendu au R.U., les taxes et droits de douane rendant “nos” produits moins compétitifs aussi pour 90 % des membres et les délais de livraison pour 84 % des membres..

Comment TRAXIO peut vous aider ?

Il ne faut pas se faire d’illusions : le Brexit – et ses conséquences – est là et perdurera pendant longtemps. Ce n’est pas pour cela que nous devons baisser les bras et vous laisser tomber. Notre service d’expertise et ses juristes sont toujours là pour répondre à vos questions et vous aider dans les problèmes que vous rencontrez.

En ce qui concerne les lourdeurs administratives et les procédures complexes, elles peuvent être discutées avec les administrations afin de les rendre moins complexes tout en préservant le but qu’elles recherchent. N’hésitez donc pas à nous contacter et nous informer des problèmes que vous rencontrez afin de pouvoir y réagir au mieux.

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