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La carrosserie se projette dans l’avenir

Consolidation, concentration, nouveaux matériaux, nouvelles technologies, exigences environnementales, baisse du nombre d’accidents… Les carrossiers-réparateurs subissent de lourdes pressions en sens divers. Ils n’y résisteront pas sans investir. En pariant sur l’avenir.

Le 1er août dernier, selon les statistiques les plus récentes, la Belgique comptait plus de 7 millions de véhicules en circulation, dont 5.850.000 voitures et 700.000 utilitaires. Un chiffre en augmentation constante : en 2014, on dénombrait 300.000 voitures de moins. L'utilisation intensive de ce parc automobile sur nos routes encombrées ne se passe pas sans heurts. Pourtant et fort heureusement, on note dans le même temps une baisse régulière de la sinistralité.

Toujours selon StatBel, il y a eu l’an dernier un peu plus de 38.000 accidents graves de la route, ayant causé des morts ou des blessés… C’est 5,3 % de moins qu’en 2016 (40.128 accidents). Le nombre d’accrochages est nettement plus élevé mais lui aussi en baisse : 343.315 sinistres enregistrés par les compagnies d’assurances en 2017 contre 356.268 en 2016, selon les chiffres d’Assuralia. « Surtout, relève son président Hans De Cuyper, il faut souligner que la fréquence des sinistres en RC auto (tourisme et affaires) est pour la première fois passée sous la barre de 6 %. En d’autres termes, en 2017, moins de 6 véhicules de cette catégorie sur 100 ont déclaré un sinistre en tort. »

La tendance est donc double. « Depuis quelques années, on enregistre une diminution du nombre d’accidents mais aussi de leur gravité, confirme Kristof Eraly, secrétaire général de Febelcar. Ce mouvement devrait se poursuivre : on s’attend à une baisse de la sinistralité de l’ordre de 20 % à l’horizon 2030. » Plusieurs facteurs expliquent cette évolution favorable. Citons, entre autres, l’amélioration des infrastructures routières, la sévérité accrue en matière de respect du code de la route ou encore la présence croissante de systèmes de sécurité au sein des véhicules. 

Technologie embarquée 

Revers de la médaille : cette technologie embarquée a un coût. « Ce qui est vrai en volume ne l’est pas en valeur », confirme Kristof Eraly en commentant la tendance à la baisse. Sur les cinq dernières années, les chiffres de Febelcar montrent en effet une diminution de 10 % du nombre de sinistres… mais une hausse parallèle de 10,7 % du coût moyen des réparations en carrosserie. Et ce n’est pas la main d’œuvre qui est en cause. « Sur la même période, le taux salarial horaire n’a augmenté que de 4,6 % quand l’index des salaires grimpait, lui, de 9,66 %. » En revanche le prix des pièces a cru de 18,4 % et celui des produits de peinture de 13,11 %. Sans même parler des équipements nécessaires à mettre toutes les réparations en œuvre…

La technologie embarquée, c’est toute une gamme de systèmes d’assistance à la conduite des véhicules (ADAS pour advanced-driver assistance systems en anglais) qui ne cesse de s’étoffer (lire aussi l’encadré). « Capteurs, caméras, radars, phares laser, électronique, voyants lumineux… Ces éléments sont de plus en plus souvent intégrés aux différentes pièces de carrosserie, poursuit Kristof Eraly. A la moindre retouche, on doit parfois les remplacer ou, en tout cas, les reprogrammer et les calibrer. Les pièces coûtent plus cher, ça prend plus de temps et cela exige des équipements spécifiques et coûteux. »

Selon les chiffres publiés par Eurogarant, le coût moyen d’une réparation atteignait 1547 euros en 2017, dont 46 % en pièces, 9 % en produits et 45 % en main d’œuvre. Ces chiffres n’intègrent évidemment pas les investissements qu’imposent aux carrossiers l’évolution de leur métier. En premier lieu dans la formation de leur personnel, affirme Kristof Eraly.

« Chez Febelcar, nous avons toujours mis l’accent sur cet aspect mais c’est encore plus vrai aujourd’hui : la formation de leur personnel est le premier investissement à consentir par les carrossiers pour faire face à l’évolution technologique des véhicules et garantir la qualité des réparations – donc la sécurité des usagers de la route. Prenez l’exemple d’un monteur-démonteur. Il n’y a pas si longtemps, ce métier demandait peu de qualification. Ces dernières années, c’est devenu l’un des rôles les plus importants de la chaîne, l’un de ceux qui exigent les compétences les plus élevées. »

La Fédération se montre d’ailleurs très proactive en mettant sur pieds différentes formations adaptées avec son partenaire Educam, portant notamment sur les technologies de sécurité et de visibilité des véhicules. Febelcar ne lésine pas sur les initiatives visant à réfléchir à « l’entreprise de réparation automobile de demain » tout en stimulant les jeunes à devenir carrossier. La réparation en carrosserie est très codifiée : le véhicule doit être remis dans son état neuf, selon les normes du constructeur et en garantissant une qualité irréprochable vis-à-vis du client et de la compagnie d'assurances, le cas échéant. Les interventions passent entre autres par le diagnostic, la réparation, le redressement de cadres et châssis, le remplacement de certaines pièces, la préparation pour la peinture, la peinture, les finitions…