Dossier Mobilité

La commission « poids lourds » passée à la loupe

Depuis l’an passé, la commission poids lourds de TRAXIO est de nouveau pleinement active. Nous avons rencontré son président, Nicolas Pirson (Hocké) et son vice-président, Filip Matthijs (TH Trucks BeLux) pour aborder les dossiers traités par la commission. 

« Il existait déjà une commission « camions » depuis longtemps, mais qui était un peu tombée en somnolence après le décès de son précédent président, Alex Leemans », commence Nicolas Pirson. « Il y a environ trois ans, nous lui avons redonné vie, mais ce n’est que depuis une bonne année qu’elle est de nouveau active. Anouk Van Lembergen et Christian Rampelbergh ont d’ailleurs joué un grand rôle de cette réactivation. »

Actuellement, la commission se réunit deux à trois fois par an. Elle compte en tout une trentaine de membres actifs, issus de GDA (les concessionnaires), GVO (les vendeurs de véhicules d’occasion) et des carrossiers. De quoi s’occupent-ils ? Nicolas Pirson : « Parmi les dossiers typiques que nous traitons, il y a par exemple la difficulté à trouver du personnel adéquat, le lobbying auprès des autorités, les problèmes avec les paiements en liquide, les plaques marchand, les homologations et d’autres du même type. Nous tentons vraiment de suivre de près ce qui se passe dans le secteur. »

Le secteur des poids lourds est aujourd’hui à la veille d’une sacrée révolution. Les acteurs du secteur feraient donc mieux de se préparer correctement à un avenir houleux. « Prenez par exemple les euronormes, dit-il. On est en fait passé très vite de l’Euro 1 à l’Euro 6, mais on remarque qu’on arrive tout doucement au bout de ce dossier. C’est pourquoi on voit émerger des nouveautés comme VECTO. Les fabricants se penchent donc aussi sur de nouveaux types de traction. Aujourd’hui, il n’y en a toujours que pour le diesel, mais on sent bien qu’on évolue rapidement vers les modèles hybrides, électriques... et peut-être même l’hydrogène. » 

Moteurs électriques 

Ces évolutions auront aussi un impact sur les ateliers, estime Filip Matthijs. « Bien entendu, l’histoire du diesel n’est pas encore terminée, mais dès que nous passerons à des moteurs électriques (sans filtres, sans huile), l’impact sera important. Selon moi, l’entretien sera certainement réduit de moitié. Je pense qu’à court terme, nous évoluerons surtout vers des modèles hybrides. Le 100 % électrique est pour bien plus tard, car la capacité de charge et le rayon d’action sont encore trop faibles. »

Un autre sujet brûlant est la recherche constante (et souvent compliquée) de travailleurs compétents dans le secteur. « Essayez seulement de trouver un bon mécanicien, soupire Filip Matthijs. Ou un magasinier. C’est pratiquement devenu impossible. En outre, ces profils changent aussi à une vitesse fulgurante. Un mécanicien d’aujourd’hui deviendra sous peu un électromécanicien. Un simple vendeur d’autrefois est désormais une sorte de consultant, un mille-pattes qui peut vendre un camion, mais s’y connait aussi en financement, en entretien, en contrats et en technologie. »