Actualité Mobilité

Le budget mobilité signe-t-il l’arrêt de mort de la voiture de société?

11-03-2019

Le budget mobilité devrait donner plus de choix aux conducteurs de voitures de société et devrait promouvoir des alternatives à l’utilisation de la voiture. Quel est l'impact possible sur le secteur automobile dans notre pays ?

La nouvelle loi prévoit qu'un salarié peut, avec l'accord formel de l'employeur, demander d'échanger sa voiture de société contre un budget correspondant au coût total annuel du véhicule pour l'employeur. Ce budget peut ensuite être consacré à un ou plusieurs "piliers", qui peuvent être librement combinés.  Les travailleurs indépendants et les chefs d'entreprise indépendants sont exclus de ce système. Les employés qui sont nouveaux ou qui entrent dans une catégorie d'emploi qui leur donne droit à une voiture de société peuvent immédiatement opter pour le budget mobilité.


Le premier pilier se présente sous la forme d’une autre voiture de société, plus verte, moins chère, conforme à la dernière norme Euro. Si la voiture est immatriculée en 2019, elle devra émettre un maximum de 105 g de CO2/km (100 g/km en 2020 et 95 g/km à partir de 2021). Ce véhicule sera alors soumis à la fiscalité habituellement appliquée aux véhicules de société.


Le deuxième pilier est constitué d'un certain nombre de moyens de transport "durables": il s’agit des transports en commun, des vélos, des voitures partagées, des voitures de location classique pour une durée maximale de 30 jours par an, des motos électriques, etc. Sont également admissibles, les frais de location d'une maison ou les intérêts d'un prêt hypothécaire, pour les employés qui habitent (vivront) à moins de 5 kilomètres de leur lieu de travail.

S'il reste quelque chose après ces deux piliers, le montant sera versé à la fin de l'année et sera soumis aux cotisations ONSS (37,07 %). Ce montant est exonéré de l'impôt sur le revenu des particuliers. 

Conséquences pour le secteur 

D'après les enquêtes précédentes, nous savons qu'environ 20 % des utilisateurs de voitures de société aimeraient envisager un budget mobilité. Bien entendu, cela ne signifie pas que l'employeur est d'accord ou que le changement sera vraiment effectif après réflexion. Il est plus difficile de prédire combien de personnes choisiront de garder une voiture, car les modalités exactes n'ont été annoncées que récemment.

Aujourd'hui, nous estimons à 400.000 le nombre d'employés qui conduisent une voiture de société, principalement pour parcourir des kilomètres entre le domicile et le travail ainsi que dans le cadre privé. Il s'agit donc peut-être de quelques dizaines de milliers de voitures qui disparaîtraient ou seraient échangées contre un modèle moins cher. Cependant, si c’est réellement le cas, l'impact sera très graduel, étant donné que l'on peut s'attendre à ce que cela prenne un certain temps avant que les employeurs ne puissent résilier les contrats de leasing ou vendre leurs propres véhicules. 

Opportunités 

Déclarer que le secteur de la mobilité est en mutation revient à enfoncer une porte ouverte. C'est pourquoi il est surtout nécessaire de se concentrer sur ce qui vient à la place: il y aura de plus en plus de demande pour des véhicules émettant un faible taux de CO2, ainsi que pour des solutions temporaires (voitures partagées, louées, etc.). Il y aura également un besoin accru de deux-roues et de systèmes de gestion de mobilité.

La voiture de société ne disparaîtra peut-être pas avec cette mesure, mais elle deviendra plus verte et sera intégrée dans des solutions plus flexibles.  

Quiconque est en mesure d'offrir ces services et ces moyens de transport dans de bonnes conditions ressortira sans doute gagnant de ce changement.