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Les concessionnaires sont mis au défi

Le marché des scooters et des motos électriques est en plein essor. Toutefois, cette croissance ne peut être une success-story que si les concessionnaires sont également disposés à investir dans celle-ci. « La mobilité électrique va nous obliger à revoir notre modèle économique », semble-t-il.

« Notre secteur récolte également les fruits des tendances mondiales observées dans la technologie des batteries », explique Guido Brenders, patron d’Active Pits. « On constate une évolution vers plus de légèreté et de puissance, des paramètres plus importants encore pour les motos et les vélomoteurs que pour les voitures particulières, les bus, etc. Pour ce qui concerne le poids, les choses sont en train de changer (sourire). La fiabilité et la durabilité ont aussi considérablement progressé. Tous ces développements sont positifs, même s’il y a çà et là des choses à redire. »

« Je ne peux bien évidemment parler que de ma propre expérience, mais je suis parfois surpris par les écarts considérables qui séparent la théorie de la performance réelle », poursuit Guido Brenders. « Un exemple : la littérature indique généralement une durée de vie supérieure à 1.000 cycles pour les batteries au lithium, selon le type de phosphate de fer, de manganèse, de polymère, etc. Dans la pratique cependant, on peut déjà s’estimer heureux si l’autonomie de la batterie reste correcte après 600 cycles. » 

Solution de mobilité 

« Les concessionnaires ne doivent pas assister à l’évolution du marché de manière passive », souligne Guido Brenders. « Il existe une réalité sociétale qu’on ne peut ignorer : la mobilité est et demeure un problème majeur dans notre pays. Les deux-roues, en particulier les scooters, sont souvent la seule alternative plausible à la voiture. Mais il y a aussi une nouvelle prise de conscience chez les gens. La sensibilisation à l’environnement est de plus en plus considérée comme un devoir qui va au-delà des beaux discours. Et c’est là que les scooters et cyclomoteurs électriques sont une solution sérieuse. J’ai constaté une nette augmentation de la demande de scooters électriques au cours des deux dernières années. Cette augmentation peut s’expliquer dans une certaine mesure par les subventions existantes. Il en existe aux niveaux régional et fédéral, et elles sont généralement cumulables. Ces subventions vont doper la croissance pendant un certain temps encore, mais l’essor n’en est pas moins bien réel. Personnellement, je parie que la part de marché totale des scooters et motos électriques représentera environ 5 % en 2025. De l’ensemble du parc, j’entends. »

Préparer le secteur

L’augmentation du nombre de deux-roues électriques place les concessionnaires actuels face à un certain nombre de défis majeurs, selon Guido Brenders. « Il est important que ce marché ne file pas aux mains de quelques grands acteurs spécialisés », prévient-il. « Cette situation ne sera évitable qu’à condition de disposer du savoir-faire nécessaire. Concrètement, cela signifie investir dans l’équipement et la formation. Il faudra aussi revoir notre modèle économique concernant les véhicules électriques. Car la nécessité d’être capable de déployer du personnel hautement qualifié et spécialisé est également contrebalancée par le fait que la mobilité électrique génère moins de revenus issus de services classiques. Concilier les deux dans un secteur où la rentabilité est déjà faible n’est pas une sinécure. »