Communiqués Mobilité

Les intentions d'achat des automobilistes en recul de 31 % suite à la crise du COVID-19

03-06-2020

Selon une nouvelle enquête menée pour le compte des fédérations FEBIAC et TRAXIO par le SMCS (Support en Méthodologie et Calcul Statistique) de l'UCLouvain auprès de 2.471 automobilistes, la crise du COVID-19 affecte dès à présent les intentions d’achat d’une voiture – neuve ou d’occasion – de 3 personnes sur 10. Cette baisse des intentions d’achat touche par ailleurs près de la moitié des ménages dont le pouvoir d’achat a été négativement impacté par la crise du COVID-19.

Cette chute s’élève à 47 % au sein des familles qui ont subi une diminution de leur pouvoir d'achat.

Retard ou ajustement

Sept amateurs de voitures sur dix estiment que la crise  du COVID-19 n’aura aucune influence sur leur intention de renouveler leur automobile. Parmi le groupe des trois sondés sur dix qui se déclarent impactés dans leurs intentions d’achat, 53 % des sondés entendent reporter leur décision d’achat (dont 33 % d'au moins 6 mois) ; 14 % des sondés confessent avoir encore des doutes quant à la conclusion de leur acte d’achat ; 12 % ont d’ores et déjà renoncé à leur projet d'achat et 9 % privilégieraient l’achat d’une voiture de seconde main en lieu et place de l’achat d’une voiture neuve.    

Autres enseignements

Cette enquête a révélé d'autres résultats remarquables :

  • 20 % des répondants indiquent qu'ils souhaiteraient à l’avenir pouvoir acheter une voiture en ligne auprès d'une marque ou d'un garage indépendant ;
  • les trajets domicile-lieu de travail en voiture devraient à l’avenir passer de 5 à 4 jours par semaine. Ceux-ci étaient d'un jour par semaine pendant la période de confinement.

Etat du marché

A l’issue des 5 premiers mois de l’exercice 2020, le marché des voitures neuves affiche en Belgique une contraction de 35,7 %, avec 167.464 voitures neuves immatriculées contre 260.444 l’an dernier durant cette même période. FEBIAC et ses membres estiment que pour l’intégralité de l’exercice 2020, le marché des voitures neuves en Belgique devrait se refermer sur un retrait de 35 %.

Le marché cumulé des voitures d’occasions enregistre lui-aussi un recul. Celui-ci s’élève à 26,9 % après 5 mois, soit 215.337 unités immatriculées cette année contre 294.141 lors des 5 premiers mois de l’exercice 2019. Pour l’ensemble de l’exercice 2020, TRAXIO estime que le retrait cumulé du marché des voitures de seconde main devrait atteindre 15 %, ou plus de 100.000 voitures d’occasion. 

Recul des ventes, impact fiscal et demande de soutien

Pour le secteur automobile, 2020 sera donc une année difficile à plus d’un titre, car certains acheteurs risquent de renoncer à leur projet d’achat tandis que d'autres ne concluraient leur acte d’achat qu'à partir de 2021.

Après avoir déjà dû composer avec une cessation d’activité obligatoire lors du Lockdown, les concessionnaires et les ateliers devront donc faire face à une période de réduction des ventes plus longue encore, et ce alors que la rentabilité nette du secteur est déjà très faible : 1,5 % pour les concessionnaires de voitures particulières en 2018. TRAXIO a déjà calculé que la crise du COVID-19 réduira le chiffre d'affaires du secteur automobile de plus d'un cinquième en 2020.

En Belgique, la vente et l’immatriculation de voitures neuves ou d’occasions génèrent chaque année à elles seules plus de 2,2 milliards d’euros de productivité fiscale.

Un montant réparti comme suit lors de l’exercice 2019 :

TVA sur les voitures neuves 

1,604 milliard €

TVA sur les voitures d’occasions 

113 millions €

Taxe de mise en circulation 

486 millions €

Taxe d’immatriculation 

36 millions €

Plaques personnalisées  

6 millions €

Afin de limiter une forte baisse du marché, du chiffre d'affaires du secteur et des recettes fiscales de l'État en 2020, il convient de rapidement mettre en place une relance forte et temporaire du marché afin de donner aux consommateurs la confiance nécessaire en matière d'investissement. C'est pourquoi le secteur automobile demande à nos gouvernements une incitation financière significative à l'achat de véhicules, ce qui stimulera les ventes de véhicules, rendra nos parcs plus écologiques et accélérera l'électrification de notre mobilité.

Méthodologie

Cette enquête en ligne a été menée entre le 13 et le 18 mai 2020 auprès de 2.471 lecteurs des sites internet Gocar et AutoTrends. Les répondants sont en majorité des hommes âgés de 45 à 75 ans, dont le ménage possède au moins une voiture (38 % ont au moins une voiture de fonction). Parmi les participants, 21 % étaient à la retraite, 29 % avaient un emploi et 54 % étaient des travailleurs indépendants. 32 % des répondants ont par ailleurs été confrontés à une baisse de leur pouvoir d'achat.