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Notre pays devient un véritable patchwork de zones basse émission (LEZ)

Aussi louable que soit l’initiative de l’introduction de zones basse émission (LEZ), il semblerait que la pollution de l’air doive s’arrêter aux frontières régionales.  Du moins du point de vue politique.  

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Il existe actuellement en Flandre deux zones basse émission, l’une à Anvers et l’autre, depuis janvier, à Gand. Heureusement les mêmes règles régissent ces deux zones : pas de diesel relevant de la norme Euro 4 ou plus, pas de véhicules essence relevant de la norme Euro 1 ou inférieure.  Mais ne vous y trompez pas : faire l’achat d’une carte d’exemption à Gand ne vous autorise pas à l’utiliser à Anvers, et vice-versa.  Autrement dit, il faut en acheter deux.  Et qu’adviendra-t-il lorsque Malines, Courtrai et d’autres villes flamandes instaureront à leur tour une LEZ ?  On n’est pas sorti de l’auberge !

Des milliers d’automobilistes font la navette entre la Flandre et Bruxelles.  Mais les règles des zones basse émission ne sont pas les mêmes en Flandre qu’à Bruxelles.  Les véhicules de norme Euro 4 (interdits dans les villes LEZ flamandes depuis janvier) sont autorisés à Bruxelles… du moins jusqu’à fin 2021.  N’est-ce pas étrange que l’émission d’une seule et même voiture soit considérée comme plus ou moins polluante selon qu’on circule en Flandre ou à Bruxelles ?

Mais on frise carrément l’absurdité lorsqu’on examine les dispositions en Wallonie.  Le gouvernement wallon a fixé un cadre minimum mais les villes et communes peuvent décider de manière autonome d’appliquer des règles plus strictes.  Namur et Eupen envisagent déjà cette dernière option.  Espérons que tout le monde lira quotidiennement le Moniteur Belge pour prendre connaissance de la dernière situation.  Ces mêmes véhicules relevant de la norme Euro 4 (interdits dans les LEZ flamandes, encore autorisés à Bruxelles) pourront encore circuler en Wallonie jusqu’à fin 2025, soit six ans de plus qu’en Flandre et quatre de plus qu’à Bruxelles.  Trois régions, trois règles différentes.  Dans notre pays, la qualité de l’air est une matière régionale, ce qui mène à cet incroyable imbroglio.

En conséquence, nous demandons instamment aux autorités régionales qu’elles se concertent afin d’aboutir à une seule et même règle.  Cela permettrait au consommateur de savoir avec précision pendant combien de temps il pourra encore utiliser son véhicule sans qu’on lui donne trois réponses différentes.  Ce serait merveilleux que l’Europe se décide à prendre les choses en main car lorsque nous faisons le compte du nombre de LEZ qui ont poussé comme des champignons sur le Vieux Contient, nous arrivons à 220 !  Qui prétend encore y comprendre quelque chose ?