Dossier Mobilité

Occasions: des challenges, mais un bel avenir

Avec plus de 700.000 voitures immatriculées chaque année, le marché belge de l’occasion représente un volume conséquent et affiche une belle stabilité. Le secteur attire donc de nombreuses convoitises, tant du côté des spécialistes, que des concessionnaires officiels. Mais les challenges pour l’avenir ne manquent pas. Le retournement du marché en défaveur du diesel pourrait notamment rebattre les cartes.

En 2017, ce sont 729.865 voitures particulières d’occasion qui ont été immatriculées en Belgique. Un chiffre qui fluctue peu au fil des années : 738.000 unités en 2013 et 2014, 748.000 en 2015, 718.000 en 2016. L’année 2018 devrait s’inscrire dans cette même stabilité puisqu’à fin octobre, dernières données en date au moment d’écrire ces lignes, le différentiel par rapport à l’an dernier affichait -0,6 %, avec déjà 606.338 immatriculations. Un marché qui se répartit de la manière suivante entre les trois régions du pays : la Flandre réalise 54 % des demandes, la Wallonie 37 % et Bruxelles 9 %. 

Carburant : nouvelle donne 

On pouvait s’y attendre, le marché de l’occasion connait le même retournement que celui du neuf en matière de carburant. Les différents interlocuteurs spécialistes du secteur et représentants de constructeurs nous l’ont confirmé : la demande pour le « mazout » est en berne, principalement sur les petits et moyens modèles. Toutefois, l’escalade de la demande de voiture essence sur les voitures neuves ne s’est pas encore répercutée tout à fait sur le marché de la seconde main. Car, alors que l’essence représente aujourd’hui près de 60% des immatriculations de véhicules neufs (58,2 % à fin octobre), le diesel reste majoritaire partout en Belgique sur l’occasion. Depuis le début de l’année, il a représenté 59,3 % des réimmatriculations dans la capitale, 51,5 % en Flandre et même 61,6 % en Wallonie. C’est dans cette dernière région que le gasoil conserve la plus grande popularité et que sa baisse de régime est la moins marquée : -1,6 % sur douze mois, contre -3,4 % au nord du pays et -6,4 % à Bruxelles. Pour Steve Vanslype,  il n’est pas étonnant de constater un tel glissement : « Le marché a été « surdiésélisé » pendant des années. Un nouvel équilibre doit donc se mettre en place ». Celui-ci profite surtout à l’essence, qui bondit dans les trois régions : +6,1 % à Bruxelles (39,2% PDM), +3 % en Flandre (46,5 % PDM) et +1,5 % en Wallonie (37,5 %). Dans tous les cas, les motorisations alternatives restent très rares. La plus populaire d’entre-elles étant l’hybride, qui dépasse toutefois à peine le pourcent, quelle que soit la région.

Rajeunissement 

Alors que le parc automobile n’a cessé de vieillir au cours des dernières années pour s’établir à 8 ans 11 mois et 16 jours de moyenne à la fin de l’année dernière, l’âge des véhicules d’occasion connaît, lui, un rajeunissement. En un an, la moyenne des véhicules d’occasion immatriculés est passée de 8 ans et 3 mois à 7 ans et 11 mois. En détail, les occasions de moins de 5 ans représentent 33 % des mises à la route (+1 % en 12 mois). Une proportion qui monte jusqu’à 61% sur les véhicules de neuf ans maximum. Une influence sans doute du durcissement des règles envers les véhicules les plus anciens, donc les plus polluants, notamment avec la mise en place de zones à faibles émissions dans les grandes villes du pays, Anvers et Bruxelles en tête, desquelles ils sont bannis. Une bonne nouvelle pour la qualité de l’air assurément. 

Client…. particulier 

Terminons cette carte d’identité du marché de l’occasion en précisant que le particulier est à l’initiative de 93 % des immatriculations de voitures d’occasion au niveau national (88 à 96 % selon les Régions). Un client qui est également tout à fait particulier dans ses habitudes d’achat : « Aujourd’hui, le client VO est d’abord un internaute, explique Philip Verschooren, Sales Director de Volvo Car Belux. Il cherche le véhicule qu’il désire, et ne regarde plus seulement dans sa ville ou dans ses environs. Les clients viennent parfois de loin ». Et parmi les marques plébiscitées en seconde main trône Volkswagen avec 13,6 % des demandes d’inscription depuis le début de l’année, devant Mercedes-Benz (8,8 %), Renault (8,5 %), BMW et Opel (7,2 % chacun). 

Utilitaires légers : un marché à part 

Alors que le marché de la voiture particulière est relativement stable d’année en année, celui de l’utilitaire léger (<3,5T) affiche une croissance continue depuis le début de la décennie. Il suit également la tendance au rajeunissement constatée en VP, mais conserve évidemment un fort attachement au diesel.

91.518 utilitaires légers d’occasion ont trouvé preneur en Belgique l’an dernier. Une hausse de 4 % par rapport à 2016, qui devrait continuer cette année encore. Sur les dix premiers mois, 79.660 VU <3,5T de seconde main ont été immatriculés, soit 4,3 % de plus que sur la même période l’année précédente. Les principaux acteurs du marché sont les grands bénéficiaires de cette évolution positive. Citroën, Peugeot, Mercedes, Renault et Volkswagen affichent tous des croissances comprises entre 2,8 et 7,4 %. Comme pour les véhicules particuliers, c’est bien entendu en Flandre que se concentrent plus de la moitié des immatriculations (56 %). Les VUL représentent aujourd’hui près de 10 % du parc roulant belge et 84,3 % du total des utilitaires d’occasion.

Menacés également par les zones à faibles émissions, les VUL achetés en seconde main se sont sensiblement rajeunis ces derniers mois. L’âge médian est passé de 8 ans et 2 mois à 7 ans et 11 mois, et les véhicules de moins de 5 ans représentent désormais 29 % des transactions (+2 % en douze mois). En revanche, pas question de se passer de diesel : même si l’on recense une nette hausse (+4.990 unités en 1 an, camions compris) du nombre d’utilitaires roulant à l’essence, le gasoil alimente toujours 92,4 % du parc utilitaire roulant.

Photo: Pixabay Manfred Richter