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Oldtimers électriques : vintage et volts

17-09-2019

L’électrification ne concerne pas uniquement les nouveaux modèles de voitures. L’émergence du marché des voitures électriques profite aussi aux « youngtimers ». Deux possibilités : la transformation, combinée ou non à une restauration complète, ou la construction complètement neuve. Dans un cas comme dans l’autre, les défis techniques ne sont pas à sous-estimer.

Les passionnés d’automobile qui résident dans une zone de basses émissions (LEZ) et qui y ont aussi garé leur oldtimer ou leur youngtimer sont de la revue et ne peuvent tout simplement pas sortir leur voiture préférée du garage pour une balade improvisée. La LEZ est également devenue une zone interdite aux propriétaires résidant à l’extérieur de la ville. Révoltant ! Voilà peut-être une raison d’opter pour une « classic » électrique.

Certes, pour les véritables férus de bagnoles, cela s’apparente à un sacrilège. En optant pour l’électrique, vous tirez une croix sur le ronflement du moteur, le passage des vitesses et l’odeur qui caractérisent un moteur à combustion. Par contre, il n’est point nécessaire de régler les carburateurs ou l’allumage, et vous n’avez pas à craindre non plus une fuite au niveau du joint de culasse ou une défaillance de la pompe à carburant. Le nombre de pièces mécaniques est réduit au minimum, du moins si la conversion à la propulsion électrique a été réalisée de manière professionnelle. 

Un homme averti en vaut deux 

La conversion en voiture électrique, c’est plus facile à dire qu’à faire. Les défis techniques sont nombreux. Une formation, telle que dispensée par EDUCAM, est une nécessité absolue et un minimum pour travailler sur des véhicules électriques. Tout fin connaisseur de mécanique automobile sera confronté à une toute nouvelle technologie. De plus, il convient de prendre en compte de nombreux aspects de sécurité. Il n’est plus question de 12 volts, mais peut-être de 400 volts, c’est-à-dire de la haute tension. Et ça, ça nécessite de prendre les mesures de sécurité qui s’imposent. Le technicien doit connaître les risques, savoir comment mettre un système hors tension et être capable d’utiliser un voltmètre. Lors de la transformation, il faut savoir quel moteur électrique et quelle batterie utiliser, où et comment les installer. Va-t-on conserver la totalité ou une partie du groupe motopropulseur existant ? Et puis, il y a les freins. Comment vont-ils être actionnés, s’il y avait un servomoteur à l’origine ? Sans parler du chauffage… On pourrait ainsi passer tous les éléments en revue. Car il faut aussi prévoir un point de charge sur la voiture. 

Amazon d’Amsterdam 

Anne Kloppenborg, mi-Néerlandais, mi-Américain et patron de New Electric, dont le siège est situé à Amsterdam, a relevé le défi. Il y a un peu plus de 10 ans lui est venue l’idée de développer un hors-bord électrique. À ce jour, il a déjà livré plus de 15 appareils – des hors-bord, mais aussi des bateaux-mouches. Il a mis au point des systèmes de propulsion destinés aux constructeurs de bateaux. De fil en aiguille a germé l’idée de transformer également des voitures. Compte tenu du coût d’une transformation, son choix ne s’est pas porté sur la première voiture venue. Cela implique un travail de développement considérable. La demande la plus courante est de transformer de vieilles Volvo : la Série 120, mieux connue sous le nom d’Amazon, et les modèles 245. La transformation d’une Amazon coûte facilement 55.000 €, ce qui représente un paquet d’argent. Mais pour le véritable passionné, l’argent n’est pas un problème, Kloppenborg le sait. Ce n’est pas un frein non plus pour la société de dépannage française ATS qui a fait appel à New Electric pour transformer ses Land Cruiser en véhicules électriques. 

RBW et MG 

La société anglaise RBW Electric Classic Cars, issue de l’entreprise de restauration RBW Classic & Sports Cars, fait sans nul doute partie des constructeurs les plus brillants de « classiques » électriques. Le fondateur et patron de l’entreprise, Peter Swain, est connu pour être un perfectionniste. Son expérience de restaurateur et sa connaissance de l’électronique et des applications électriques l’ont poussé à développer une classique électrique. Son choix s’est porté sur la MGB, une voiture complètement neuve qui n’est donc pas une transformation à partir d’une MG existante. L’entièreté de la carrosserie est fournie par British Motor Heritage, qui possède les presses et les moules originaux de nombreuses classiques britanniques, de la Mini à la Triumph Stag. Tous les panneaux sont neufs, et la carrosserie est livrée préassemblée à RBW.

Le moteur provient de Zytek Automotive, qui fait partie de Continental Engineering Services (CES), une division de Continental AG. Le moteur électrique est d’une puissance de 70 kW, permettant de passer de 0 à 100 km/h en un peu moins de 9 secondes. Pas mal ! Le moteur et le groupe motopropulseur compact forment un tout et se trouvent à l’arrière du véhicule. La batterie lithium-ion est installée à l’avant et fait appel à une technologie que l’on retrouve également sur la Nissan Leaf. Son fabricant s’appelle Hyperdrive.

Cette entreprise fournit également les batteries pour engins de terrassement à JCB. Le châssis sur lequel sont montés le moteur et le groupe motopropulseur, ainsi que les suspensions avant et arrière, a été développé par Development Engineering & Enterprise. La suspension est également indépendante à l’arrière, ce qui n’était pas le cas de la MGB d’origine qui devait se contenter d’un essieu rigide et de ressorts à lames. Bref : Peter Swain s’est clairement entouré de spécialistes. L’assemblage final a lieu chez RWB. La voiture coûte 105.000 £. Au taux de change actuel, cela revient à 110.000 €, mais pour ce prix-là, vous avez une classique « neuve » dans votre garage. RBW est toujours à la recherche d’importateurs… 

Les grandes marques emboîtent le pas 

Les initiatives d’électrification de classiques ne se limitent pas à une douzaine de spécialistes. Jaguar, et plus particulièrement sa division Jaguar Classic, spécialisée dans la restauration, vient de lancer le modèle E-Type Zero. Le constructeur est parti d’une voiture donneuse existante qu’il a entièrement restaurée, puis équipée d’un moteur électrique. Elle embarque beaucoup de technologies déjà utilisées dans le modèle I-PACE. Le moteur et le groupe motopropulseur se trouvent à l’arrière, tandis qu’à l’avant, la batterie lithium-ion remplace l’ancien moteur essence à six cylindres en ligne. Un tableau de bord numérique a en outre été installé, et les phares ont été équipés d’un éclairage LED. La prise électrique est dissimulée derrière la trappe à carburant.

Renault également, qui est loin d’être un novice dans le domaine des voitures électriques, examine le potentiel de marché pour un produit rétro. Il y a quelques mois, le constructeur a présenté un concept basé sur la Renault 4.