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Sima: Plongé dans les cabines de peinture

11-01-2019

Depuis la création de l’entreprise au début des années ’90, Sima est devenue une valeur sûre lorsqu’il s’agit d’installations de peinture pour entreprises de carrosserie.  Grand temps d’aller jeter un coup d’œil en coulisse, là-bas à Mouscron.

Si le nom Sima est plus connu des carrossiers, l’entreprise est également à la tête du groupe SACA, qui compte à son tour plusieurs autres entreprises.  Parmi elles, Alfadis Platforms, fabricant d’ascenseurs tri-dimensionnels (parmi d’autres activités) et Alfadis Service & Filters, chargée de l’entretien des cabines de peinture.  CLID Systèmes, quant à elle, propose des lignes d’injection entièrement robotisées principalement au secteur automobile.  Les appareils de fabricants comme notamment Rupes, SATA et IRT sont distribués par la société sœur VIP Tools. 

« Sima elle-même est divisée en deux sections », explique son directeur commercial Jan Gheysen, fils du fondateur Henk Gheysen. « La section Bodyshop est totalement axée sur la clientèle qui s’occupe de réparation de carrosseries automobiles.  Nous misons surtout sur le segment où le retour sur investissement constitue une plus grande nécessité.  Industry, la deuxième section, fournit des solutions pour le traitement des surfaces.  Nous desservons l’industrie du bois et du PVC mais aussi les constructeurs de poids lourds, trains et même les avionneurs.  Nous comptons par exemple Airbus, Bombardier et la SNCF parmi nos clients. » 

Export limité 

Pour ses installations de carrosserie Sima accorde beaucoup d’importance au marché intérieur belge.

« Nous visons un chiffre d’affaires annuel d’environ trois millions d’euros et nous le dépassons depuis quelques années déjà », commente Jan Gheysen.  « Le marché poursuit-il sa croissance ?  Non, pour nous il reste à peu près stable.  Mais le nombre de carrosseries diminue systématiquement, ce qui veut dire que notre part de marché augmente.  Lorsque nous plaçons une installation de peinture dans une carrosserie, le client est tranquille pour au moins 15 ans.  C’est pourquoi c’est une bonne chose de pouvoir lui proposer les services et matériels de nos autres firmes ». 

Son installation Smartbox est une innovation sur laquelle Sima mise à fond.  Elle doit répondre à la demande de réparation de petits sinistres tels que des griffes et des bosses, à prix raisonnable.  La Smartbox est une installation très compacte comparée aux installations classiques.  « Traditionnellement il y a une zone de démontage, une zone de préparation pour apposer la protection, poncer et apposer la couche de fond, la cabine de peinture même et parfois aussi une zone de montage », explique Jan Gheysen.  « Tout cela requiert une planification complexe et prend beaucoup de place.  Le défi résidait dans une solution pour les petits sinistres, dont la marge est limitée. » 

Moins de chauffage 

Smartbox intègre la zone de préparation dans la cabine de peinture de sorte que les voitures doivent être moins souvent déplacées et ne doivent pas être démontées.  « Tout est aux mains d’une seule personne dans un seul espace », affirme Jan Gheysen. « Le débit d’air adapté, mais ciblé, réduit les besoins en chauffage.  La box contient tous les outils pour assurer la finition en un seul mouvement.  A ce jour nous avons déjà installé 80 Smartbox. » 

Alors que de manière conventionnelle une carrosserie assure la finition de 15 voitures par semaine en moyenne, avec la Smartbox c’en sont une dizaine, mais sur un espace beaucoup plus réduit et avec moins de personnel.  « Nous parlons ici en termes de réparations moyennes », précise Jan Gheysen, « il y a moyen de repeindre totalement une voiture occasionnellement, mais ce n’est pas la raison d’être de la Smartbox. » 

Voitures autonomes 

Quant à l’avenir, il est difficile de se livrer à des pronostics dans ce business, estime Jan Gheysen.  Mais les carrossiers vont devoir investir pour survivre, ce qui va encore accroître le nombre de fusions.  A Mouscron, en tout cas, les voitures autonomes censées ne plus provoquer d’accidents ne nous donnent pas d’insomnies.  « Je pense qu’on est encore loin du compte », affirme Jan Gheysen.  « Premièrement les voitures conventionnelles vont circuler encore longtemps.  Deuxièmement l’aspect technique des voitures autonomes relève encore du futur.  Ma voiture est semi-autonome et perd le nord dès que le marquage sur la voie n’est pas net.  Il y a donc encore pas mal de chemin à parcourir sur ce point. »

Jaguar Land Rover opte pour la Smartbox

Il n’y a pas que les carrossiers qui offrent un débouché à la Smartbox.  L’industrie automobile aussi, affirme-t-on chez Sima.  Ainsi, le constructeur britannique Jaguar Land Rover vient de leur acheter plusieurs Smartbox.  « Lorsque les voitures sortent de la ligne d’assemblage, elles passent encore par les mains du département « touch and feel », expose Jan Gheysen.  « Ce sont des hommes aux gants de velours qui contrôlent chaque millimètre carré de la voiture.  Si le moindre défaut ou la moindre inégalité est repérée au cours de cette étape, la voiture est dirigée vers une des Smartbox pour le faire disparaître.  On peut les considérer comme des espèces d’ateliers de carrosserie dans l’usine mais avec des exigences beaucoup plus élevées que dans un atelier de carrosserie ordinaire.  Pour Jaguar Land Rover c’est une solution adéquate, car il ne s’agit pas d’un sinistre important à réparer. Il est généralement question d’une petite griffe ou d’une poussière capturée dans la peinture. »

Profil 

Date de création : 1991

Secteur : solutions de peinture

Cordonnées du siège : Industrielaan 99, 7700 Mouscron

Nombre d’établissements : 10 (groupe)

Effectif du personnel : 150 (groupe)

Chiffre d’affaires : 55 millions d’euros (groupe)

 

Photo: Sima