TAE : Deux générations du marché de remplacement réunies

Ce n’est pas exagéré de qualifier Léon Vervekken de pionnier du salon AutoTechnica, ne fut-ce que parce qu’il était présent dès le premier jour, au propre.  Quelques années auparavant, il avait fondé sa propre entreprise, TAE, qui reste une référence sur le marché de remplacement de nos jours.  Deux décennies plus tard, Léon passa le flambeau à son fils Michel.  Qui succéda quelques années plus tard à son père à la présidence d’AutoTechnica.  Nous nous sommes rendus à Zellik pour un entretien avec les deux hommes.

21-03-2022

Il ne faut pas demander deux fois à Léon Vervekken de nous raconter le récit de TAE, l’entreprise qu’il fonda en 1977 et que dirige à l’heure actuelle son fils aîné, Michel.  « En réalité, tout est arrivé par hasard », confie Léon.  Je travaillais chez Krautli depuis 15 ans.  A mon départ, j’ai passé quelques années dans une entreprise américaine dont j’assurais l’import en Europe.  Pour résumer une longue histoire, j’ai eu l’opportunité d’importer moi-même pour Applied Power International, en réalité BlackHawk, et c’est comme ça que tout est arrivé.  C’était l’époque de l’extension de leur gamme, jusque-là limitée à la carrosserie, à de l’outillage de toute sorte comme les aligneurs de roues etc.  Mon nom apparaissait à chaque fois comme la personne adéquate.  Au début, j’agissais sur ordre, mais petit à petit s’est dessinée mon évolution vers ma propre entreprise.  Nous avons demandé un numéro de TVA et cherché un nom – TAE donc, et c’était parti. »

« Au départ, nous nous sommes lancés en tant que spécialiste en diagnostic moteur », explique Michel Vervekken.  « Nous avions un partenariat avec la marque BEAR, réputée pour son ourson jaune et noire.  Mais les choses n’en sont pas restées là.  En 1980 ont eu lieu les premières livraisons de testeurs d’émission pour le contrôle technique.  Et au fil du temps, les centres de contrôle technique sont devenus un client de plus en plus important.  BEAR proposait également des produits pour le service de roues, ce qui nous amena à élargir notre éventail d’activités.  Partant de l’expérience avec les centres de contrôle technique, nous avons réussi à intégrer les bancs d’essai de freinage, de suspension et de puissance de MAHA, à l’époque leader mondial de ce secteur.  Et depuis ce rôle n’a fait que se renforcer.  Lorsqu’en 1990 nous sommes devenus le pionnier de l’import d’appareils de conditionnement d’air du leader mondial ROBINAIR, les gens nous ont traités de fous car à l’époque, peu de véhicules disposaient de la climatisation… Ont suivi les ponts élévateurs, les systèmes d’aspiration de gaz d’échappement, les compresseurs ainsi que la distribution d’huile, d’air, d’eau et de lubrifiants.  C’est grâce à cette expansion qu’il y a un quart de siècle, nous avons assuré l’aménagement total d’ateliers.  Actuellement, notre équipe se compose aussi de designers et de chefs de projet et chantier expérimentés.  Mais ne vous y trompez pas, notre clientèle est extrêmement diversifiée : centres de contrôle technique, spécialistes du pneu, grands groupes de concessionnaires, acteurs indépendants plus petits, tant pour les voitures que les poids lourds, autobus, motos et engins agricoles. »  Léon Vervekken voit-il du potentiel dans une expansion ?  « D’une certaine façon, oui.  Notre clientèle attend de nous un service irréprochable.  Nous proposons principalement des produits premiums. Il existe également de nombreuses opportunités dans la gamme moyenne. »

Attirer les bons profils

« Au fil du temps, notre croissance s’est avérée stable, même si l’extension aux ponts élévateurs a accéléré la tendance », affirme Léon Vervekken.  « Un facteur essentiel dans la réalisation de cette croissance fut en première instance d’avoir pu attirer les bons profils.  Les directeurs des meilleures écoles m’avaient à la bonne, ce qui me permettait d’inviter les sixièmes à faire notre connaissance et venir découvrir les équipements que nous proposions.  Il n’y a pas meilleure publicité.  Ce n’est pas un hasard si nous proposons toujours à l’heure actuelle des journées de formation pour les constructeurs ou les entreprises de pneumatiques.  Nous sommes la seule entreprise privée de Belgique à être autorisée, hormis EDUCAM et SYNTRA, à dispenser des formations de certification en climatisation. »

La ‘guerre des talents’ est une difficulté qui frappe de nombreux secteurs.  Dans quelle mesure pèse-t-elle sur la tradition d’embauche des profils adéquats ?  Michel Vervekken : « Vous ne m’entendrez pas prétendre que c’est chose aisée.  Mais il serait exagéré de qualifier cette quête de vrai problème.  Le plus souvent, nous trouvons les bons profils grâce au bouche-à-oreille.  Le fait que nous soyons connus, tout comme notre culture d’entreprise, joue incontestablement en notre faveur, cela confirme les dires de mon père.  Mais la vérité est que ce que nous proposons aux futures recrues leur plait.  Nos collaborateurs comptent de nombreux passionnés de l’automobile qui ne désirent pas nécessairement travailler dans un garage.  Nos installateurs et techniciens passent la plupart de leur temps sur la route et jouissent d’une grande flexibilité.  Et nous constatons à quel point cette confiance leur plait. »

Entreprise familiale pur sang

Cet entretien croisé illustre peut-être le mieux l’ADN de TAE : une entreprise familiale.  En 2003, Léon a pris officiellement sa retraite, à l’âge de 65 ans.  Michel a repris officiellement le flambeau, précisément 10 ans après avoir rejoint l’affaire.  « A mes yeux, il était assez évident qu’à terme je marcherais sur les pas de mon père, mais avant de reprendre l’affaire, il m’a semblé utile de constituer mon expérience professionnelle ailleurs, » commente Michel Vervekken.  « Ainsi fut fait, notamment aux Etats-Unis.  Finalement j’ai franchi le pas en 1993, à l’origine en tant que responsable de la division Euroline, une plateforme européenne de distribution de toutes sortes d’appareils et outillages homologués pour le réseau Opel.  Ensuite, je suis devenu directeur commercial avant d’être nommé CEO en 2003.  Mon frère Johan est d’ailleurs CFO dans l’affaire.  Cela fait maintenant un quart de siècle que nous travaillons ensemble en bon entendement et en toute complémentarité. »

« Lorsque j’évoquais il y a un moment le fait d’attirer les bons profils, je me référais aussi aux personnes qui savent faire ce que je fais moins bien », souligne Léon Vervekken.  « Je suis un homme d’action et je déteste l’administration.  Michel a un autre arrière-plan.  Il a été formé à sa fonction et s’est constitué son expérience ailleurs.  Vu sous cet angle, il tombe aussi dans la catégorie des ‘bons profils’ ».

1993 a beau avoir été un tournant, en même temps, elle ne le fut pas.  « De facto, Michel avait déjà les rênes en main », affirme Léon Vervekken.  « Mais même après, j’ai continué de me rendre tous les jours dans l’entreprise.  Pas le moins du monde dans un esprit de contrôle, mais tout simplement pour garder le contact avec mon biotope.  Il a fallu que le coronavirus s’abatte sur nous pour changer mes habitudes (rires). » 

Tendances du marché (de demain)

L’expérience que Michel Vervekken a acquise dans le secteur fait de lui la personne idéale pour dresser l’inventaire des principales évolutions.  Qu’est-ce qui lui saute aux yeux ?  « Une tendance importante s’est amorcée il y a quelques années déjà : cella de la consolidation des acteurs », répond-il.  « Cette tendance a réduit le nombre de ‘propriétaires’ actifs dans le secteur.  Le besoin d’un partenaire fiable qui tient davantage du ‘onestopshop’ s’impose.  Ce que je remarque, et je ne me penche pas uniquement sur le marché mais plutôt sur les affaires au quotidien, c’est la spécialisation accrue.  On ne peut pas tout savoir dans une réalité où tout se complexifie.  Dans notre organigramme cela se traduit par la classification en plusieurs unités.  Organisation dont nous devons également tenir compte lorsque nous embauchons. Quel profil s’intègre le mieux dans quelle unité ?  Cette question s’est faite plus pertinente au fil des années. »

Cette tendance à la consolidation s’observe également chez nos concurrents et les fournisseurs mais, depuis les dernières années, aussi côté clients.  « C’est exact, mais cela n’influence pas fondamentalement notre mode de fonctionnement », rétorque Michel Vervekken.  « Quelle que soit la façon dont le secteur garage évolue, il subsistera toujours un besoin d’assistance, dans n’importe quel segment d’ailleurs.  Bien entendu, il règne certaines incertitudes.  En quoi investir exactement est une question récurrente.  C’est pourquoi l’assistance demeure tellement importante dans toutes les acceptions du mot. »

« L’importance de se profiler à l’extérieur en tant que secteur »

Il y a deux ans, AutoTechnica aurait dû être la deuxième édition marquée par la présidence de Michel Vervekken.  Mais la crise sanitaire en a décidé autrement.  En assumant cette responsabilité il y a quelques années, Michel suivait les pas de son père, présent dès la toute première édition il y a quatre décennies.  La déception d’il y a deux ans n’a en rien entamé l’enthousiasme du fils et du père.  « Le salon a toujours été un moment de contact important, et nous y attachons énormément d’importance, même, et surtout, à l’ère du numérique », affirme Michel Vervekken.  « N’oubliez pas qu’AutoTechnica est un cas pratiquement unique.  Non seulement il s’agit du salon le plus important dans son genre dans le Benelux mais il se positionne bien sur le plan européen aussi.  Je pense qu’il se classe après Francfort, Paris et Bologne. » « Nous n’en sommes pas arrivés là en restant les bras croisés », ajoute Léon Vervekken.  « Pendant longtemps les choses semblaient couler de source, jusqu’à il y a quelques années où nous avons vu le succès faiblir.  Je m’en souviens encore très bien, c’était il y a une dizaine d’années et je me trouvais au palais 9, j’ai regardé autour de moi et n’ai aperçu presque personne.  Nous avons travaillé dur pour remettre AutoTechnica sur les rails.  Il fallait en quelque sorte de nouveau faire l’article au secteur.  Il chérit cet engagement, comme il l’a montré à plusieurs reprises.  « Je considère notre engagement au sein de TRAXIO, anciennement FEDERAUTO, comme une évidence », affirme Léon Vervekken.  « Tout comme je le faisais du temps où je siégeais comme seul Belge au conseil d’administration de l’European Garage Equipment Association.  J’ai même mené une mission en Chine, ce qui m’a valu la citoyenneté d’honneur de la ville de Peking (rires).  Toute blague mise à part, il faut savoir défendre ses intérêts, et il vaut mieux faire cela avec le secteur plutôt que de sortir en ordre dispersé.  Aujourd’hui plus que jamais. »

Photo: Jerry De Brie

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