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Toutes les nouvelles voitures de société à zéro émission : réponse de TRAXIO-FEBIAC-Renta

17-09-2020

Les quotidiens De Tijd et L’Echo révèlent aujourd'hui le souhait des négociateurs fédéraux qu'à partir de 2026, toutes les voitures de société nouvellement immatriculées soient des véhicules à zéro émission (c'est-à-dire entièrement électriques).  

FEBIAC, Renta et TRAXIO, qui représentent respectivement les constructeurs automobiles, les sociétés de leasing et de location ainsi que le secteur des garages, soutiennent cette poursuite d'une écologisation du parc automobile mais soulignent également les responsabilités des autorités dans ce processus très ambitieux.

“Pour nos secteurs, pour les entreprises et pour les utilisateurs de voitures de société, il est nécessaire de disposer de perspectives à moyen terme sur la fiscalité automobile. Par le passé, des propositions législatives en ce sens ont déjà été élaborées mais le processus d'écologisation a été plus progressif. Nous nous posons de sérieuses questions sur la faisabilité d’une telle mesure car il existe encore d'importants obstacles sur cette route,” explique Joost Kaesemans, Directeur de la Communication de FEBIAC. "Sur un parc d'environ 6 millions de voitures, on dénombre en Belgique 600.000 voitures de société, qui sont par ailleurs les plus écologiques du parc. Il est vrai que ces véhicules couvrent 20 % du kilométrage total. D'après nos calculs, cela signifie qu'ils sont responsables de moins de 2 % des émissions totales de CO2 dans ce pays. Bien sûr, chaque petit geste compte mais il convient de ne pas surestimer l'impact d’une telle mesure. Maintenant que le télétravail et les réunions par téléconférence sont fortement ancrés dans nos habitudes à la suite des mesures imposées par le Coronavirus, nous nous attendons de toutes façons à une réduction structurelle du nombre de kilomètres parcourus.”

Filip Ryant poursuit pour TRAXIO : “Il aurait peut-être été préférable de coordonner les projets belges avec ce qui se produit dans le reste de l'Europe. A ce niveau, c'est plutôt vers l’horizon 2030 que l'on se concentre. Aujourd'hui, la conduite d’une voiture électrique n'est pas encore pratique et ni abordable financièrement pour tout le monde. Nous pensons par exemple aux personnes qui travaillent dans le secteur des soins à domicile, qui vivent dans un environnement urbain ou qui sont logées dans une maison sans possibilité de chargement. Ces personnes ne peuvent pas recharger leur véhicule sur leur lieu de travail et il n'y a clairement pas de bornes de recharge disponibles partout sur la voie publique. Par ailleurs, une voiture électrique ne constitue pas toujours une solution pour les personnes qui parcourent beaucoup de kilomètres à titre professionnel. Nous espérons donc au moins que les véhicules hybrides rechargeables seront inclus dans le processus d'écologisation : ceux-ci sont également en mesure de parcourir des kilomètres sans émission et peuvent compter sur leur moteur à combustion interne si aucun point de recharge n’est disponible. En termes d'infrastructures de recharge, notre pays est en outre clairement à la traîne par rapport aux Pays-Bas, par exemple.

En tout état de cause, nous nous attendons à ce que si ces règlements sont introduits, les Régions nous donnent des garanties solides d’une part sur la mise à disposition d’un réseau public de recharge, et d’autre part sur le fait que les réseaux de distribution et la production d'électricité ne connaitront pas d’étranglement. La politique actuelle menée dans ce domaine n’est pas de nature à nous rendre très optimistes".

Selon Frank Van Gool de Renta, le gouvernement devra réfléchir attentivement à la mise en œuvre de cette mesure. "Si cette proposition s'appuie sur les propositions législatives déjà faites dans le passé, il sera si coûteux dans la pratique pour les entreprises et les utilisateurs de véhicules de société de continuer à utiliser des véhicules fonctionnant aux combustibles fossiles qu'ils seront obligés de passer aux véhicules électriques. Le parc roulant ne serait dès lors pas affecté puisque si l'offre de modèles de voitures à émissions zéro abordables et/ou d'infrastructures de ravitaillement et de recharge est insuffisante, cela encouragerait les entreprises et les particuliers à continuer à conduire leurs véhicules plus longtemps. Et cela ne serait pas non plus bénéfique pour l'environnement ! En outre, je ne peux pas imaginer que l'intention de ce gouvernement soit de placer la classe ouvrière et les entreprises dans la tourmente alors qu'il y a déjà assez de grains à moudre sur le plan économique. Nous invitons donc les parties à s'asseoir à la table des négociations de manière constructive et à en discuter plus en avant".

FEBIAC, Renta et TRAXIO représentent les intérêts des constructeurs et des importateurs d’automobiles, des sociétés de leasing et de location et du secteur de la distribution des véhicules de transport routier et des produits et services connexes. L’automobile représente 82 % de tous les kilomètres parcourus par passagers dans la répartition modale. 68 % de toutes les marchandises sont transportées par la route.

Au travers des automobilistes, le secteur automobile apporte chaque année 22 milliards d'euros aux autorités de ce pays sous forme d'impôts directs et indirects. Plus de 100.000 personnes sont employées dans le secteur automobile en Belgique. 

Contacts pour la presse :

FEBIAC

Joost Kaesemans - Directeur Communication
jk@febiac.be – 0476/26.07.95

www.febiac.be

Renta

Frank Van Gool – Directeur Général
Fvangool@renta.be – 0475/20.52.54

www.renta.be

TRAXIO

Filip Rylant – Porte-Parole

filip.rylant@traxio.be - 0475/35.45.64

www.traxio.be

 

Photo: Goran Horval via Pixabay