TRAXIO et son secteur de la mobilité partagée Sharemob expriment leur vive inquiétude à la suite de la décision du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale de ne pas renouveler les licences des trottinettes partagées après le 31 décembre 2026. Selon TRAXIO, cette mesure risque non seulement de manquer ses objectifs, mais aussi de produire des effets inverses en matière de sécurité, de gestion de l’espace public et de mobilité durable. En conséquence, TRAXIO propose de collaborer à une vision à long terme claire et durable en matière de mobilité.
Une interdiction qui déplace les problèmes au lieu de les résoudre
TRAXIO estime qu’une interdiction totale constitue une réponse disproportionnée.
« En supprimant un système régulé et contrôlable, Bruxelles risque de le remplacer par une réalité beaucoup plus difficile à maîtriser », souligne Filip Rylant, porte-parole de TRAXIO.
L’organisation met en garde contre un report potentiel sur les trottinettes privées, qui :
- échappent aux limitations de vitesse via géolocalisation ;
- ne sont soumises à aucune obligation de stationnement ;
- restent largement hors du champ de contrôle des autorités.
Un secteur déjà fortement régulé est visé à tort
Sharemob rappelle que les trottinettes partagées opèrent dans un cadre parmi les plus stricts en matière de mobilité :
- Géofencing et limitation automatique de la vitesse (20 km/h et 8 km/h en zones piétonnes) ;
- Stationnement obligatoire dans des dropzones validées par les autorités ;
- Collaboration quotidienne avec la police et les pouvoirs locaux.
« Le secteur a consenti d’importants efforts pour améliorer la sécurité et l’ordre dans l’espace public. C’est précisément cet environnement contrôlé qui est aujourd’hui remis en cause », insiste TRAXIO.
Un maillon essentiel de la mobilité quotidienne
Les trottinettes partagées sont durablement ancrées dans les habitudes des Bruxellois : en 2024, Bruxelles Mobilité a enregistré près de 25 000 trajets par jour.
La suppression brutale de cette offre créera un vide structurel dans le système de mobilité, sans garantie d’alternative équivalente.
TRAXIO attire dès lors l’attention sur les conséquences concrètes :
- Le remplacement par des vélos partagés implique davantage d’espace nécessaire ;
- Les infrastructures actuelles ne sont pas adaptées à cette évolution ;
- Risque accru de pression sur les trottoirs et l’espace public.
Un manque de vision claire pour la micromobilité
À l’approche de l’échéance de fin 2026, TRAXIO regrette l’absence de clarté sur l’avenir du secteur.
Des questions essentielles restent ouvertes :
- Quelle organisation du marché à l’avenir ?
- Combien d’opérateurs et de véhicules pour garantir un service efficace ?
- Comment adapter les infrastructures existantes ?
TRAXIO appelle à réguler plutôt qu’interdire
TRAXIO invite le gouvernement bruxellois à revoir sa position et à adopter une approche équilibrée et tournée vers l’avenir.
La fédération se positionne comme partenaire constructif et propose :
- des investissements dans l’infrastructure et le contrôle ;
- et – surtout - une vision stratégique à long terme pour la micromobilité.
Filip Rylant résume : « L’avenir de la mobilité à Bruxelles repose sur des solutions complémentaires et intelligentes, pas sur leur suppression. Construisons ensemble une vision sur la mobilité à long terme qui soit sûre, maîtrisée et durable. »