Dossier Mobilité

Traxio Road Support: une nouvelle association au service des dépanneurs

19-06-2019

Dans un contexte économique et réglementaire de plus en plus difficile, TRAXIO Road Support (TRS) a vu le jour pour répondre aux besoins, relever les défis et défendre les intérêts du secteur du dépannage. Un secteur qui peut désormais parler d’une seule voix auprès de toutes les parties prenantes.

Secrétaire général de TRAXIO Road Support depuis l’année dernière, Michel Gillard affirme avoir ressenti dès le début « un métier dur, mal perçu et où les prix demandés pour les prestations diffèrent grandement. Tout ceci participe au maintien d’un climat de méfiance où l’émotion l’emporte parfois sur la raison. »

La création de TRAXIO Road Support répond au besoin réel d’une fédération capable de représenter tous ses membres, petits et grands, partout en Belgique. Des dépanneurs de toutes les provinces sont ainsi présents au sein du Conseil d’Administration pour tenir compte des spécificités locales. « Une fédération qui parle d’une seule voix au nom de tout le secteur et dans l’intérêt de tous les dépanneurs », insiste Yves Dombrecht, gérant de Yes Depannage et Président de TRS.

Les dépanneurs sont en effet confrontés à une série de défis et à la complexification du métier, comme l’explique Michel Gillard. « Les conditions de travail sont devenues beaucoup plus stressantes dans un environnement de plus en plus dangereux en raison de l’intensification du trafic, de la mise en place de systèmes d’intervention rapide et de l’apparition de nouvelles motorisations qui influencent les techniques de dépannage et de remorquage. » 

Un métier non protégé 

Or, poursuit le secrétaire général, « il n’existe pas d’école, le métier de dépanneur s’apprend avec l’expérience. Un bon dépanneur doit disposer du matériel adéquat et avoir suivi de multiples formations diverses et variées. La société n’a pas conscience de tout ce savoir-faire », peut-être à cause de mauvaises expériences vécues par le passé.

Yves Dombrecht souligne ainsi qu’il n’y a pas d’accès à la profession pour être dépanneur. « Tout le monde peut s’improviser dépanneur, ce que certains n’hésitent pas à faire avec un matériel sommaire et en pratiquant des tarifs – non déclarés – ridiculement bas. » Le président admet également que la tarification des professionnels du secteur peut peser sur la confiance des consommateurs. « Les assisteurs (assurances assistance) nous imposent des tarifs trop bas, ce qui nous oblige à nous rattraper sur d’autres prestations. »

Face à ces constats, Michel Gillard insiste sur la nécessité de « rompre avec le climat de méfiance, de sortir du marasme émotionnel ». TRAXIO Road Support s’y emploie, notamment à travers la mise sur pieds de nouveaux groupes de travail : Label de qualité, Module coût de revient, FAST et Siabis+ (lire aussi la suite de ce dossier). 

Un label pour un service de qualité 

Le label de qualité TRAXIO Certified Road Support est en cours de développement. Il garantira aux usagers de la route un service de qualité, regroupant tous les critères pertinents pour exercer le métier de dépanneur en termes de respect des obligations légales, de compétence, de qualité de service et de matériel.

« Au niveau administratif, un dépanneur doit respecter des obligations légales pour ses bâtiments, sa réception, son matériel roulant, l’entreposage, la sécurité d’autrui. Pour le groupement TRAXIO Road Support, le matériel utilisé doit aussi répondre à des critères minimums qui sont en cours d’élaboration. Le personnel doit être formé pour les tâches qui lui sont attribuées. Le label inclura aussi des règles environnementales et de bonne gestion. Le respect de tous ces critères sera supervisé par un organisme de contrôle accrédité. La qualité de service est à ce prix », résume Michel Gillard.

À l’heure des nouvelles technologies, une app mobile sera également développée. Elle permettra de digitaliser les documents et offrira aussi des garanties aux professionnels de la route. En scannant le code QR sur le véhicule, un policier pourrait, par exemple, vérifier que le dépanneur dispose du matériel adéquat et du personnel formé requis pour mener à bien telle intervention de remorquage. 

Conscientiser le politique 

Depuis trop longtemps et dans bien des dossiers, le secteur du dépannage a l’impression de ne pas être écouté par les autorités publiques. C’est d’ailleurs imputable en partie au secteur lui-même, où une certaine cacophonie a trop longtemps régné. Désormais réunis au sein d’une même association, les dépanneurs peuvent parler d’une seule voix.

L’un des principaux défis concerne la tarification. « Afin d’éviter l’arbitraire et l’opacité, notre département d’expertise travaille depuis plus d’un an sur un module de calcul de coût de revient d’une intervention », explique Michel Gillard (lire aussi par ailleurs). Le secteur et les négociateurs de TRAXIO Road Support disposeront ainsi de chiffres vérifiables qui leur permettront notamment de revoir les tarifs des interventions pour le parquet, les autorités ou les assisteurs. 

La sécurité, une priorité 

L’autre grande priorité du secteur du dépannage est la sécurité. « On a déjà tous entendu ce chiffre affolant de l’espérance de vie sur une bande d’arrêt d’urgence qui est de moins de 20 minutes », pointe Michel Gillard. TRAXIO Road Support plaide pour la création d’un corridor de sécurité imposant aux usagers de la route de laisser une bande libre le long d’une zone d’accident. « Les États-Unis et le Canada l’appliquent déjà depuis longtemps. En Europe, la France l’a récemment rendue obligatoire mais la mesure demeure difficile à appliquer dans les faits, les conducteurs étrangers n’étant pas forcément au courant. Nous soutenons donc le projet visant à instaurer le corridor de sécurité à l’échelle européenne. C’est indispensable pour la sécurité du personnel du secteur du dépannage. »

Dans le même souci de sécurité pour les usagers de la route, « un groupe de travail s’est constitué avec la fédération des spécialistes du pneu pour examiner une éventuelle généralisation du balisage lors d’un changement de pneumatiques, spécifiquement sur un poids lourd. »

Pénurie de personnel et de formations adaptées

Contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne, il n’existe pas d’école pour former les dépanneurs en Belgique. Cela accentue les problèmes de pénurie de main d’œuvre pour le secteur, surtout lorsqu’il s’agit de trouver du personnel pour assurer les gardes de nuit et le week-end. Former le personnel n’est également pas une sinécure car l’expérience est indispensable et les formations spécifiques sont rares. « Pour la formation code 95, les dépanneurs doivent suivre la même formation que les autres titulaires d’un permis C », épingle ainsi Michel Gillard. « Un exercice de transport avec des palettes ne leur sera d’aucune utilité dans leur métier. Nous sommes donc en pourparlers pour mettre en place des formations spécifiques comme le remorquage de convois exceptionnels ou d’un camion chargé de produits dangereux. Ces formations spécifiques sont d’autant plus nécessaires dans le contexte actuel marqué par le développement de nouvelles motorisations. »