Portraits Mobilité

Vanlerberghe Premium Cars : de l’audace et de la persévérance

16-09-2020

Pour Olivier Vanlerberghe, le sud-ouest de la Flandre mérite amplement sa réputation de pôle entrepreneurial. En trois ans à peine, ce Roulersois de 25 ans a su passer d’une seule voiture à plus de 30 véhicules haut de gamme, et faire ainsi de Vanlerberghe Premium Cars une entreprise florissante.

Le sud-ouest de la Flandre est le berceau de plusieurs entreprises de renom telles que les constructeurs de machines-outils LVD et Haco, le fabricant de chariots élévateurs TCH, le spécialiste de la ventilation Renson, et le célèbre fournisseur de revêtements de sol Quick-Step. Le secteur automobile n’y est pas non plus en reste. Outre de grands producteurs de pièces détachées tels que Sidem et ERA, la région compte son lot de (re)vendeurs. Parmi les plus jeunes entreprises du secteur, on retrouve Vanlerberghe Premium Cars, un garage qui a vu le jour il y a trois ans sous l’impulsion d’Olivier Vanlerberghe.

D’un marché à l’autre

Olivier Vanlerberghe n’est pas du genre à se tourner les pouces. C’est pourquoi il a choisi d’entrer sur le marché du travail dès la fin de ses humanités. Avec l’aide de son beau-père, il a alors commencé à vendre des poulets rôtis sur les marchés. Malgré un travail qui ne lui laissait guère le temps de s’ennuyer, Olivier n’a jamais oublié son rêve d’enfance : travailler dans le secteur automobile.

Une passion qui n’a rien d’étonnant, lorsqu’on sait que son père était propriétaire d’un garage et qu’Olivier a littéralement grandi au milieu des voitures : « Mon père était avant tout mécanicien. Pour lui, vendre des voitures n’était qu’une activité secondaire. Quand il a remis son garage, il y a dix ans, j’étais trop jeune pour me lancer dans le monde de l’entreprise, et je n’avais pas non plus envie de devenir mécanicien. Ce qui m’intéressait, c’était surtout l’idée d’acheter des voitures et d’en accroître la valeur avant de les revendre. Et c’est exactement ce que je fais aujourd’hui. Je me suis lancé en 2017, avec une seule voiture. De fil en aiguille, je suis passé à trois voitures, et ainsi de suite. J’ai ensuite dû déménager à plusieurs reprises, par manque de place. À un moment donné, j’ai dû faire un choix : continuer, ou arrêter là. Une chose était sûre : si je décidais de poursuivre l’aventure, il fallait absolument que je développe mes activités pour rendre l’entreprise viable. »

Investissements

Lorsqu’un immeuble s’est libéré, en 2019, dans l’une des rues les plus fréquentées de Roulers, Olivier a décidé de franchir le pas : « Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’un bâtiment moderne avec un grand showroom. Son emplacement est idéal, puisqu’il se trouve à un jet de pierre du centre-ville, le long d’une grande artère d’où on peut facilement rejoindre l’autoroute. Avant de m’installer, j’ai dû réaliser de sérieux investissements. Nous avons par exemple aménagé un bureau et un espace client afin de pouvoir recevoir nos visiteurs comme il se doit. Mais c’est à l’arrière que j’ai fait le plus de frais. »

Olivier y a fait construire un splendide atelier équipé de deux ponts élévateurs : « Même si ma priorité reste l’achat et la vente, je veux aussi apporter une certaine valeur ajoutée aux véhicules qui passent par mon garage – en commençant avec un contrôle technique approfondi et un nettoyage complet. À Roulers, nous appelons cela « opkuisen ». J’ai d’ailleurs aussi investi dans une station de lavage. Pour le côté technique, j’ai engagé un mécanicien qualifié. J’estime qu’il est capital de proposer aux clients un service d’entretien et de réparation de qualité, mais je ne compte pas me réorienter vers ces activités. L’atelier est surtout destiné à la préparation des véhicules et aux éventuels services après-vente. Nous ne nous occupons pas des travaux de carrosserie ; nous sous-traitons les petites réparations. Mon rôle consiste à gérer l’organisation de l’entreprise, les contacts avec la clientèle, l’achat et la vente des véhicules. J’ai même suivi des cours du soir en vente automobile. Je dois aussi revoir sans cesse ma position au sein du marché et mon approche des clients, et je m’occupe de toutes sortes de formalités administratives – surtout parce que j’achète des voitures aux quatre coins de l’Europe. »

Véhicules haut de gamme

Olivier propose exclusivement des véhicules haut de gamme. Il se concentre ainsi principalement sur les grandes marques allemandes telles que BMW, Audi, Mercedes et Porsche, tout en complétant son offre de quelques Volvo et Land Rover : « La demande est réelle, surtout ici. La région regorge d’entrepreneurs qui mettent un point d’honneur à conduire de belles voitures. Je ne propose que des véhicules récents et non accidentés, ce qui représente une garantie pour le client, mais également pour moi, car cela me permet d’éviter les véhicules à problèmes. Le gros avantage pour le client est qu’il peut s’offrir une voiture entièrement équipée à moindre coût. Parfois, mes clients obtiennent même davantage d’options en achetant une voiture chez moi qu’en optant pour un véhicule neuf. Je reçois également beaucoup de jeunes qui recherchent une bonne voiture, mais n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule haut de gamme neuf. Je remarque aussi que des clients veulent monter de gamme au bout d’un certain temps. Mon rôle est alors de les aider à trouver leur bonheur, et d’assurer la reprise de leur ancien véhicule. »

Internet

Pour Olivier, l’accompagnement du client et le service après-vente sont essentiels : « Les clients veulent un partenaire fiable, et un client satisfait est un client qui revient et qui partage son expérience positive avec ses amis, ses connaissances et sa famille. »

Le véritable défi consiste à les attirer. En plus de veiller à leur satisfaction, Olivier doit donc assurer la visibilité de ses véhicules sur internet : « La plupart de mes clients ont d’abord regardé mes voitures sur internet. Il est rare qu’un amateur entre dans un showroom pour voir un modèle sans l’avoir d’abord étudié en ligne. Je dois donc analyser les tendances du marché pour choisir les bons véhicules. Il arrive aussi qu’un client ait des exigences précises. Dans ce cas, c’est à moi de lui trouver la voiture idéale. »

Moments de doute

Le confinement a eu un impact considérable sur le secteur automobile, et Olivier Vanlerberghe n’a pas fait exception : « Pour être honnête, j’ai eu quelques moments de doute. Je me suis installé ici en septembre 2019, soit quelques mois à peine avant le début du confinement. J’ai donc réalisé de gros investissements pour être ensuite contraint de fermer pendant plusieurs semaines. Heureusement, les affaires ont repris dès la fin du confinement. Les ventes ont même décollé. Les choses se sont un peu calmées avec l’arrivée de l’été et des vacances, mais il reste tout de même des intéressés. Quel soulagement ! »

Et Olivier ne manque pas d’ambition : « Je compte bien élargir mon offre en misant sur des modèles particulièrement prisés. Mon but est d’en rassembler autant que possible dans mon showroom. Ces modèles sont une valeur sûre : je sais que si j’en achète deux, j’en vendrai deux. Si j’en achète cinq, j’en vendrai cinq. »

Profil d’Olivier Vanlerberghe

Âge : 25 ans

Statut : Gérant de Vanlerberghe Premium Cars

Études : Humanités

1er emploi : Marchand de poulets rôtis

Hobbies : Enduro

Voiture de rêve : Porsche 911

Destination favorite : Espagne

Boisson favorite : Bière

Objectif sur 5 ou 10 ans : Étoffer son offre et développer son entreprise.

 

Photo Benjamin Brolet