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Le manque de savoir-faire est trop criant

17-09-2019

On impute trop souvent une défaillance à la batterie, alors que la cause se trouve ailleurs. La détection de pannes nécessite de solides connaissances qui, on le constate, font trop souvent défaut dans la pratique.

« Nous sommes des experts de l’essence et du diesel », plaisante Johan Van Loocke, fondateur du garage éponyme. « Lorsque nous sommes confrontés à des batteries, il s’agit de batteries de démarrage “classiques”. Les véhicules hybrides et entièrement électriques sont un domaine auquel nous ne nous sommes pas encore intéressés. Pour l’instant (sourire). »

« J’ai assisté à de nombreux changements au fil des années », poursuit-il. « La durée de vie des batteries est sans nul doute l’évolution la plus marquante. On peut affirmer sans exagération qu’elles durent facilement cinq ans, souvent plus longtemps, parfois même jusqu’à dix ans. D’un point de vue commercial, on pourrait même dire qu’elles sont de trop bonne qualité, puisque cela réduit considérablement la fréquence de leur remplacement. Ceci dit, l’instauration des systèmes de démarrage/arrêt, obligatoires depuis 2012 dans tout nouveau véhicule, a marqué une étape importante. Cette évolution a amené un nouveau type de batteries sur le marché. Elles sont généralement équipées de systèmes intelligents qui leur permettent de se recharger lors du freinage. » 

Accroissement de la complexité 

On a amélioré les batteries, on a allongé leur durée de vie, mais leur complexité a elle aussi augmenté ? « Absolument. Et là, on aborde un problème auquel je fais face : le manque de connaissances sur le terrain. On impute trop facilement une défaillance à la batterie, alors que la cause se trouve ailleurs. Il est donc tout à fait possible que le système de charge soit défaillant, alors que la batterie n’a rien. Aussi, certains véhicules sont équipés d’une deuxième batterie, généralement à l’arrière. Celle-ci permet d’“alimenter” les fonctions du coffre ou de l’attache-remorque sans devoir solliciter du courant électrique à l’avant de la voiture. Il serait trop dommage d’omettre de vérifier celle-ci (rire). J’ai vécu une fois une situation dans laquelle on avait conclu que la batterie était plate. On l’avait remplacée, mais au bout de deux jours, elle était soi-disant à nouveau à plat. En réalité, il s’agissait d’une mauvaise connexion électrique du démarreur. C’est précisément pour détecter les pannes qu’il faut suffisamment de savoir-faire. Il faut mesurer la tension, et réaliser correctement cette tâche nécessite une certaine expertise. C’est un problème que l’on rencontre souvent chez les mécaniciens, mais pas seulement chez eux. J’ai véritablement l’impression qu’il y a trop peu d’enseignants qui possèdent ces connaissances utiles. Là aussi, il y a du pain sur la planche. » 

Équipements de plus petite taille, mais problème identique 

Johan Van Loocke s’exprimait à propos des batteries de démarrage et de leur évolution. Mais le spectre est plus large, dit-il. « On trouve des piles dans les clés, les télécommandes, mais aussi dans les capteurs qui mesurent la pression des pneus », souligne-t-il. « Ces piles diffèrent bien entendu des traditionnelles batteries de démarrage dont nous avons parlé jusqu’à présent, mais j’y vois tout de même un parallèle. Là aussi, on est trop prompt à les remplacer alors que le problème ne provient pas des piles, mais des systèmes périphériques. »