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Concertation sociale plus importante que jamais

12-08-2020

Les décisions politiques induites par le rebond de la pandémie du coronavirus et (la poursuite) du détricotage progressif des mesures d’aide mettent nos entreprises en difficulté et constituent la recette parfaite pour enfoncer davantage l’économie.  L’on s’attend à ce qu’en automne des entreprises (y compris auparavant saines) franchissent la zone de danger.

Le marché de l’emploi est à l’image de la conjoncture économique.  Il semble inévitable que le nombre de faillites, de cessations d’activité et de licenciements dépasse la moyenne.  La PME moyenne doit par conséquent partir en quête de moyens financiers supplémentaires, recourir au financement externe et surtout prendre des mesures d’économie.  D’après le Conseil supérieur de l’Emploi, les entreprises les plus durement touchées devront renoncer à la hausse salariale négociée sur le plan national pour 2021-2022.  Le renforcement structurel et simple de la viabilité financière de nos entreprises, la préservation et le soutien de l’activité économique et de l’emploi formeront par conséquent des éléments importants des négociations sociales 2021-2022.  L’implication et la motivation de nos membres employeurs et la force de frappe de leur fédération devront contribuer à la création d’un climat d’entreprise le plus favorable possible en ces circonstances si particulières.

Conjoncture économique

Entre le deuxième trimestre de 2020 et le troisième trimestre de 2021, 16.954 entreprises belges auront fait faillite.  Soit une hausse de 70 % par rapport au nombre de faillites en 2019, affirme le bureau d’étude Altares Dun & Bradstreet.  Ce dernier affirme dans les médias que le passé montre que ses modèles de recherche sont assez précis[1].

Entre-temps, deux grandes banques (KBC et ING) mettent de l’argent de côté pour se préparer aux pertes découlant des emprunts que les entreprises et les particuliers ne remboursent plus ou remboursent en retard[2].

L’on s’attend à ce qu’en automne des entreprises (y compris auparavant saines) franchissent la zone de danger en cas de suppression progressive des diverses mesures d’aide (levée du moratoire des faillites suivie de la reprise des activités des tribunaux après la trêve estivale).

Il est notamment mis un frein sur la mesure la plus importante, le chômage temporaire corona (le régime administratif le plus simple et en vigueur jusqu’au 31 août 2020 inclus).  Une mesure transitoire entrera en vigueur du 1er septembre au 31 décembre 2020 inclus. Cliquez ici

Une autre aide importante, le droit passerelle, sera partiellement prolongée.  Le droit passerelle pour fermeture obligatoire (partielle) (jusqu’au 31 décembre 2020), le crédit passerelle pour fermeture volontaire pendant au moins sept jours civils/mois civil (jusqu’au 31 août 2020) et le droit passerelle de relance réservé aux entreprises encore obligatoirement (partiellement) fermées au 3 mai et ayant désormais rouvert, et une perte de chiffre d’affaire d’au moins 10 % (jusqu’au 31 octobre 2020) au deuxième trimestre.  Deux de ces trois mesures ont donc été prolongées.  Cliquez ici pour le feed-back de l’UNIZO.

Les mesures nationales et locales (uniquement à Anvers pour l’instant) contre le coronavirus et les conséquences néfastes sur les entreprises ont incité le gouvernement flamand à prendre une mesure de correction moyennant le nouveau mécanisme flamand de protection ‘Vlaams beschermingsmechanisme’.  Les entreprises dont le chiffre d’affaires a chuté de 60 % ou plus comparé à la même période en 2019, sont éligibles pour une allocation de 7,5 % du chiffre d’affaires de la même période l’an dernier, toutefois plafonnée à 15.000 euros.  Cliquez ici pour de plus amples renseignements.

La demande de la prime adressée à l’agence VLAIO ne pourra se faire qu’après le 30 septembre 2020. 

Marché de l’emploi

Le marché de l’emploi est calqué sur la conjoncture économique, certes avec un léger décalage.  Il faudra donc tenir compte à court terme d’un nombre supérieur à la moyenne du nombre de faillites, cessations d’activité et licenciements. L’effet risquerait par ailleurs de se faire sentir à moyen terme si les entreprise ne disposaient pas des moyens financiers (suffisants) pour investir.

Concertation sociale 2021-2022

Dans son rapport concernant le marché du travail en Belgique et dans les régions dans le contexte du COVID-19, le Conseil supérieur de l’Emploi plaide en faveur de la maîtrise du coût du travail.  Le Conseil estime que, dans les deux années à venir, les entreprises les plus durement touchées devront faire l’impasse sur la hausse salariale négociée au niveau national pour 2021-2022.

Le Conseil est par ailleurs d’avis que les entreprises doivent miser sur l’afflux latéral, c-à-d. l’embauche de travailleurs expérimentés émanant d’autres secteurs.  C’est une piste sur laquelle notre branche mise depuis des années.  Cliquez ici.

Le renforcement structurel et simple de la viabilité financière de nos entreprises, la préservation et le soutien de l’activité économique et de l’emploi constitueront des facteurs importants des négociations sociales 2021-2022.  L’implication et la motivation de nos membres employeurs et la force de frappe de leur fédération devront contribuer à la création d’un climat d’entreprise le plus favorable possible dans ces circonstances si particulières.

Consultez ici le communiqué de presse d’Altares Dun & Bradstreet intitué « Komend jaar 1,6 keer zoveel faillissementen door coronacrisis ».

Cliquez ici pour le rapport du Conseil supérieur de l’Emploi : 

 

[1] S. SWINNEN, “70% meer bedrijven zal over de kop gaan door corona”, HLN 6 août 2020, 2.[2] Y. VERBERCKMOES, “Nieuwe golf op komst: wanbetalers”, De Morgen 7 août 2020, 11.

Photo : Hebi B. - Pixabay